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Aller plus loin...

Angra 3 (Brésil)


Angra 3 au Brésil : un réacteur obsolète en terrain fragile

Par Juliette Renaud

L’un des projets nucléaires les plus en vue est celui d’Angra 3, sur la côte de l’Etat de Rio de Janeiro, au Brésil. Angra 3 est un réacteur de 1 350 MW, basé sur un modèle de réacteur dépassé des années 70. Des rapports montrent qu’Angra n’est ni nécessaire ni rentable. Des études sérieuses de 2009 concluent que recourir aux énergies renouvelables au Brésil générerait plus vite une électricité moins chère.

L’idée de construire Angra 3 avait été abandonnée dans les années 80. Elle est aujourd’hui exhumée, non pour répondre à des besoins énergétiques ou économiques, mais du fait d’intérêts géopolitiques stratégiques.

Bien que le Brésil ait signé le Traité de Non Prolifération Nucléaire en 1994, il a refusé de ratifier son Protocole Additionnel et refuse toujours un accès complet de ses installations nucléaires aux inspecteurs de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique. On retrouve maintenant de nombreuses personnes auparavant impliquées dans le programme d’armement nucléaire brésilien (qui s’est officiellement terminé en 1992) massivement impliquées dans Angra 3. La liste inclut par exemple l’amiral Othon Luiz Pinheiro da Silva – le président actuel de l’opérateur d’Angra, Eletronuclear. La récente déclaration du vice-président brésilien Jose Alencar selon qui le Brésil devrait obtenir la bombe nucléaire « pour être mieux respecté dans le monde » confirme que le risque de prolifération reste prégnant.

Il importe aussi de noter que la licence de la construction d’Angra 3 viole les statuts de la Constitution brésilienne, qui spécifie bien que toute construction de réacteur nucléaire doit être approuvée par le Congrès, ce qui n’a jamais été le cas. Le fait que l’indépendance du régulateur national CNEN soit remise en cause – puisque sa filiale INB fournit le combustible nucléaire aux réacteurs d’Angra – est également préoccupant.

En outre, Angra est situé dans une région à risque sismique, où le terrain est instable. La route de secours la plus importante (BR-101) est souvent bloquée par des glissements de terrain et des éboulements, ce qui a été souligné à de nombreuses reprises par les collectivités locales proches du site, sans succès. Ce réacteur serait situé à 130 km à l’est de Rio de Janeiro et à 220 km à l’ouest de Sao Paulo, les deux villes les plus importantes du Brésil. Les conséquences d’un accident majeur seraient donc dramatiques.

Un contrat pour construire ce réacteur et le mettre en route a été signé en 2008 avec AREVA NP, un consortium de l’entreprise d’Etat française AREVA et de l’allemande Siemens. En février 2010, l’agence de crédit à l’exportation allemande Hermes a donné son accord préliminaire pour fournir une garantie de 2,5 milliards d’euros si un prêt syndiqué de banques est octroyé. Début 2011, un syndicat de banques privées a répondu à l’appel d’offre pour financer ce projet : il s’agit de la Société Générale (lead arranger), de BNP Paribas, du Crédit Agricole, du CIC, et des banques espagnoles BBVA et Santander.

Pour plus d’information (en anglais), cliquez ici.