Les Principes Climat ainsi que les Principes Carbone, qui constituent les deux seules initiatives collectives prises à ce jour par les banques internationales pour lutter contre les changements climatiques, ne représentent que des efforts pour accommoder le ’business as usual’ et constituent donc des réponses inadéquates au défi climatique. Le nouveau rapport de BankTrack, intitulé « Meek Principles for a Tough Climate » , analyse en détails les forces et faiblesses contenues dans ces deux déclarations de principes, toutes deux lancées l’an dernier.
Johan Frijns, coordinateur du réseau BankTrack, explique : « BankTrack apprécie le fait que les signataires des Principes Climat et Carbone reconnaissent qu’ils doivent participer à la lutte contre les changements climatiques. Etant donné les impacts climatiques énormes du secteur financier via l’allocation de capitaux et d’investissements, il est absolument nécessaire de mettre en place des standards climatiques pour tout le secteur financier. Malheureusement, les Principes Climat comme les Principes Carbone sont très décevants. S’ils contiennent tous les deux des éléments utiles, aucun ne s’attaque aux risques climatiques induits par les financements bancaires avec la rigueur, l’urgence et l’ambition nécessaires ».
Les institutions financières doivent adopter des politiques performantes de protection du climat et des objectifs stratégiques chiffrés, combinés à des outils de management et des mécanismes de supervision au moins aussi complets et rigoureux que ceux qu’elles utilisent déjà pour leur indice de solvabilité.
« Ni les Principes Climat ni les Principes Carbone ne fixent de standards de performance pour réduire les risques climatiques induits par les financements et investissements des banques. Au contraire, ils se focalisent plus sur les risques que le climat fait courir à leurs activités ou à l’incertitude concernant les réponses réglementaires à anticiper », ajoute Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes aux Amis de la Terre. « Nous demandons bien plus de leadership sur le climat ! ».
Yann Louvel, chargé de campagne Finance privée aux Amis de la Terre, conclut : « Nous n’attendons pas des banques qu’elles assument seules la responsabilité de la crise climatique, mais il est indéniable que la façon dont les banques choisissent de prêter et d’investir fera une énorme différence sur le climat. Des politiques climatiques sérieuses doivent mener à des changements drastiques dans leurs portfolios, en allant vers moins d’extraction d’énergie fossile et plus d’investissements sobres en carbone. Le calcul des émissions de gaz à effet de serre induites par les banques est le point de départ, assorti d’objectifs chiffrés de réduction ».





