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K2R4 (Ukraine)

Conférence ministérielle sur l’environnement au pays de Tchernobyl

KIEV, 20 mai (AFP) - Les ministres de l’Environnement d’une cinquantaine de pays de l’Europe, de l’ex-URSS, du Canada et des Etats-Unis se réunissent mercredi pour une conférence écologique de trois jours en Ukraine, pays encore marqué par l’accident nucléaire de Tchernobyl, le plus grave de tous les temps.


Les ministres ou leurs représentants sont attendus à Kiev pour cette cinquième conférence pan-européenne qui sera notamment axée sur les "problèmes d’accès à l’eau potable, la biodiversité et l’énergie", selon Kristalina Georgieva, responsable de l’environnement à la Banque mondiale (BM). Des organisations non gouvernementales et des institutions internationales telles que la BM et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) participent également à cette conférence placée sous le thème de "la sécurité environnementale pour un développement durable". Le Danemark avait accueilli en 1998 la dernière édition de cette conférence.

Sous les auspices de la Commission économique de l’ONU pour l’Europe (CEE), la conférence doit donner lieu dès mercredi à la "signature du protocole de la Convention d’Aarhus (Danemark)", qui oblige les entreprises des pays signataires à informer le public de leurs émissions de polluants, a indiqué Mme Georgieva lors d’une conférence de presse.

Les termes de ce protocole, qui concerne 86 polluants présentant des menaces pour l’environnement ou la santé (gaz à effet de serre, métaux lourds, dioxines, etc.), ont été arrêtés en janvier après deux ans de négociations.

La signature de deux autres protocoles, portant sur l’élaboration d’une stratégie environnementale commune et les compensations à accorder en cas d’accident industriel, est également prévue mercredi.

L’Ukraine, la Roumanie, la Pologne et la Slovaquie doivent par ailleurs signer jeudi la Convention des Carpathes pour la protection et le développement durable de cette vaste région montagneuse embrassant leurs territoires.

Cette convention concerne entre autres la gestion des eaux et des bassins fluviaux, l’agriculture, la protection de l’environnement et le développement du tourisme dans ce lieu de villégiature.

Les ministres clôtureront vendredi la conférence par l’adoption d’une déclaration commune.

En marge de ces débats sur l’écologie, les responsables ukrainiens doivent notamment profiter de la venue du président de la Berd, Jean Lemierre, et du vice-président de la Banque mondiale pour l’Europe et l’Asie centrale, Johannes Linn, pour discuter de dossiers parfois contestés par les écologistes.

M. Lemierre, qui sera reçu mercredi par le président Léonid Koutchma, devrait évoquer l’épineux dossier de la construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires dans les centrales de Rivne et Khmelnitsky (ouest), destinés à remplacer la production énergétique de Tchernobyl.

Les négociations sur un prêt devant permettre à Kiev de terminer la construction de ces réacteurs K2RK, aux trois quarts achevés, piétinent depuis des années en raison des conditions posées par la Berd qui exige notamment une réforme du secteur énergétique de cette ancienne république soviétique.

Des organisations écologistes s’opposent vivement au projet K2R4 qui "ne répond pas aux normes de sécurité européennes et risque de provoquer une catastrophe pire que celle de Tchernobyl", selon Olexeï Tolkatchov, responsable de l’ONG Comité de défense des citoyens ukrainiens.

L’Ukraine a été le théâtre en avril 1986 de la plus grave catastrophe de l’histoire du nucléaire civil suite à l’explosion du réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl (nord).

Les radiations continuent encore aujourd’hui à contaminer les régions et populations environnantes, aux prises avec un taux très élevé de cancers.