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Oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (Azerbaïdjan-Géorgie-Turquie)

Nouvelle plainte contre l’oléoduc BTC

Par Sébastien Godinot

Dans le cadre de l’oléoduc géant Baku-Tbilissi-Ceyhan (Azerbaïdjan-Géorgie-Turquie), une nouvelle plainte est déposée par la Géorgienne Manana Kochladze et l’ONG Central and Eastern European Bankwatch Network auprès de l’agence américaine d’aide au développement OPIC. La plainte se fonde sur la violation des obligations environnementales de l’agence publique. Les Amis de la Terre dénoncent le laxisme des nombreuses institutions financières publiques impliquées dans le projet, qui ne répondent pas adéquatement aux multiples plaintes des populations locales. En outre, le projet connaît une dérive des coûts de plus de 30% et des retards dans sa construction.



Pour son action contre les risques environnementaux de l’oléoduc Baku-Tbilissi-Ceyhan, Manana Kochladze a reçu en 2004 le Goldman Prize, un prix international reconnu comme l’équivalent environnemental du Prix Nobel. La plainte qu’elle a déposée contre OPIC (U.S. Overseas Private Investment Corporation) se base sur quatre motifs :
-  Violation de la politique environnementale d’OPIC : non respect des obligations environnementales contractuelles de l’accord BTC-OPIC (BTC-OPIC Direct Agreement) et de l’accord général BTC (BTC Common Terms Agreement) ;
-  Violation de la politique environnementale d’OPIC au regard du manque de rapports annuels environnementaux et sociaux de suivi ;
-  Négligence d’OPIC à agir en conséquence ;
-  Manque de suivi adéquat des obligations d’OPIC.

Sébastien Godinot des Amis de la Terre estime : « La négligence d’OPIC est identique à celle constatée au sein de la Banque mondiale et de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD). La Ministre de l’Environnement géorgienne elle même s’était plainte aux ONG du laxisme des institutions financières internationales. Dans la phase actuelle de construction, ces dernières exercent un suivi du projet manifestement insuffisant et inadéquat, comme en témoignent les plaintes croissantes des populations locales. »

Il ajoute : « Une telle plainte contre OPIC est légitime, mais impossible avec la majorité des institutions financières publiques impliquées : en France la Coface, l’agence française de crédit à l’exportation, ne dispose d’aucun mécanisme de plainte et jouit ainsi d’une immunité totale dans le projet. »

En outre, le Financial Times a rapporté début mai un retard de six mois et une dérive des coûts de 2,95 à 3,9 milliards de dollars (soit une explosion de 32%), sans compter les 600 millions de dollars que coûtera le remplissage de l’oléoduc, long de 1768 km. Selon BP, l’entreprise leader de BTC, cela tient à une augmentation des coûts des sous-traitants et des matériaux.

Total, BNP-Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, Natexis-Banque Populaire, Spie Batignolle sont impliqués dans le projet, garanti par la Coface.

Lire la plainte

Contact presse :
Sébastien Godinot, Les Amis de la Terre 01 48 51 18 92 / 06 68 98 83 41