Jardiniers et amateurs de plantes en pots, agriculteurs, paysagistes, responsable de collectivités publiques ou d’entreprises, cette histoire vous concerne !
Pour tout savoir sur les méfaits des pesticides et les mille et une façons de les proscrire, rendez-vous à vélo :
Avant de nous rendre sur un des milliers de site où sont vendus sans restriction des pesticides, qu’est-ce qu’un pesticide ?
En langue de bois, on les appelle pudiquement « produit phytosanitaire » ou, mieux encore « produit phytopharmaceutique », donc un quasi-médicament curieusement délivré sans aucun type d’ordonnance toutefois ! En fait c’est un mélange de produits chimiques destiné à combattre une maladie d’une plante cultivée ou des « organismes indésirables ».
L’existence d’un pesticide ne commence pas hélas à l’endroit où vous l’achetez. Il a déjà parcouru des milliers de kilomètres tant au niveau des composants chimiques qui rentrent dans sa fabrication que dans sa distribution, avec tous les risques liés à l’industrie chimique ; les Toulousains - avec l’explosion de l’usine AZF - sont bien conscients de ce que cela veut dire !
Dans le lieu de vente, quel qu’il soit, on peut constater que les pesticides sont en vente totalement libre : pas de vitrine spéciale pour éloigner les enfants, pas de limitation dans les quantités, pas d’avertissement dissuasif, mais plutôt une banalisation de bon aloi n’incitant pas à la prudence. A quand une mention très lisible comme pour les cigarettes : « Attention ce produit est dangereux pour la santé ! » ?
Utilisateurs, malgré toutes vos précautions, au moins 60% de la dose de pesticide que vous répandez touche directement le sol au lieu de la plante et, pire, moins de 1% de cette dose atteint l’organisme ciblé (source : Pimentel, University of Minnesota, 1996) ; autrement dit : 99% des pesticides sont dispersés inutilement dans l’environnement ! Et la France est une championne en la matière : 3ème producteur et utilisateur dans le monde ! 1er rang en Europe ! 82.500 tonnes officiellement utilisées en 2002 sans compter les importations officieuses, d’Espagne et d’ailleurs, de molécules interdites !
Et alors, direz-vous ?
Alors le massacre silencieux commence dans les sols : on estime à 90% la destruction de la microflore et faune d’un sol cultivé contaminé par les pesticides, ce qui crée un cercle vicieux : plus on utilise de pesticides, plus on fragilise le sol et donc les cultures qui y poussent mais plus ces plantes sont fragiles et malades plus on doit traiter avec des pesticides !
Environ 40% du pesticide épandu atteint directement la plante cultivée ; dans le meilleur des cas la plante guérit en apparence mais le pesticide ne disparaît pas par magie : tel quel ou fractionné, il contamine directement les aliments que nous mangeons, trop souvent au-delà des teneurs maximales autorisées (en 2000, la Répression des Fraudes a recensé 60% des échantillons de fruits, légumes et céréales contenant des résidus de pesticides dont 7% à des teneurs supérieures aux maxima autorisés).
« Un hectare de blé tendre reçoit en moyenne 6,6 traitements phytosanitaires en une saison, les vignes font l’objet d’une vingtaine de traitements par an, les vergers de pommiers d’une trentaine... » (Le Monde, 21 février 2006).
Les composés à base de chlore sont très stables et possèdent des propriétés de bio-accumulation : ils se concentrent dans les graisses, engendrant la contamination de la chaîne alimentaire.
Ex : à partir d’une concentration de DDT de 0,05 µg/l dans l’eau (on se trouve en dessous de la norme pour l’eau potable qui est 0,1 µg/l, toutes molécules confondues), le facteur d’accumulation est de : × 800 pour le plancton, x 3.200 pour les crevettes, × 5.600 pour les anguilles, × 520.000 pour les cormorans
Les 60% de la dose de pesticide qui atteignent le sol directement, après infiltration ou ruissellement, se retrouvent dans l’eau des lacs et rivières, en poursuivant les dégâts sur les organismes vivants touchés au passage. De nombreux points de captage d’eau potable en France ont dû ainsi être abandonnés par excès de résidus de pesticides et dans les captages restants la filtration des résidus est imparfaite et très coûteuse.
Une autre fraction non négligeable des pesticides s’évapore dans l’atmosphère et, voyageant sur de grandes distances, retombe très loin du point d’origine : on retrouve ainsi chez les Inuits ou les ours polaires du Grand Nord des concentrations importantes de pesticides !
Les dégâts occasionnés par les pesticides sur les écosystèmes et sur l’homme sont très importants mais encore largement sous-estimés.
Les pesticides, ont des effets très graves sur la santé, tant pour les utilisateurs mais aussi pour l’ensemble de la population. Certains pesticides font partie des substances CMR (Cancérigènes, Mutagènes, Reprotoxiques) et provoquent donc cancers, malformations, baisse de fertilité et problèmes de reproduction. Les études récentes montrent que les pesticides sont liés à la recrudescence de nombreux cancers, malformations congénitales, infertilité, problèmes neurologiques, faiblesse du système immunitaire, etc. La liste des effets néfastes s’allonge et les études épidémiologiques s’accumulent, les enfants étant particulièrement touchés...
La facture à payer pour les pesticides sur la santé humaine s’avère de plus en plus salée.... Quant aux dégâts sur la biodiversité, ils passent pour pertes et profits dans l’évaluation des risques liés aux pesticides ! Et le tandem indissociable ogm-pesticides que tentent de faire passer en force en Europe les firmes de l’agrochimie s’annonce à son tour dévastateur !
On est bien loin de l’objectif affiché qui est de soigner les plantes !
Et vivent toutes les solutions pour s’en passer au plus vite !
Pour les jardiniers : citons, entre autres solutions, le semis direct, les engrais verts, le compost, le mulch végétal, le désherbage thermique, le binage, les décoctions de plantes, et tous les bienfaits du jardinage biologique.
Pour les agriculteurs : techniques de travail simplifié avec cultures associées, binage mécanique et désherbage thermique, plantation de haies riches en auxiliaires, solutions accessibles à tous les agriculteurs, même les plus dépendant des pesticides ; pour une agriculture plus durable, l’agriculture biologique a prouvé son efficience.
Pour les collectivités publiques, les paysagistes et les personnes morales, beaucoup d’initiatives montrent des voies à suivre : Beauvais, Pamiers, Rennes, ...
www.semaine-sans-pesticides.com
Action Citoyenne Alternative aux Pesticides : www.acap.net
Union Midi-Pyrénées Nature et Environnement : www.uminate.asso.fr
France Nature Environnement : www.fne.asso.fr
Amis de la Terre : www.amisdelaterre.org/
Le portail de l’agriculture biologique : www.agri-bio.fr
Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures : www.mdrgf.org
(pétitions en cours contre la campagne de pub de l’UIPP, pour soutenir l’agriculture biologique)
19/05/2006 : conférence Objectif Bio 2007, 20h30, Salle du Sénéchal à Toulouse
www.objectifbio2007.com
4 et 5/06/2006 : foire Biocybèle à Gaillac (Tarn)
www.biocybele.net
Organisé par la fédération Union Midi-Pyrénées Nature et Environnement, (Uminate 14 rue de Tivoli 31068 Toulouse cedex, 05 3 31 97 42, www.uminate.asso.fr)
et Les Amis de la Terre Midi-Pyrénées (21 rue Bernard Mulé 31400 Toulouse, 05 61 34 88 15, www.amisdelaterre.org) avec l’appui de l’association Vélo Toulouse (http://toulousevelo.free.fr)