Ce projet est inacceptable car il entraîne une dégradation irréversible de l’environnement avec l’abattage programmé de plus de 250 arbres centenaires dont :
200 platanes d’alignements le long de la RN 88, principalement sur le tracé de L’Union et St Jean ; soit plus de 40% des alignements d’arbres concernés par le projet ;
de magnifiques arbres bicentenaires dans le site boisé classé de la route d’Albi à Croix Daurade, comme dans le Parc de la Belle Hôtesse à L’Union.
Selon la Commission d’enquête publique du projet, "l’ampleur des plantations ne minimise que partiellement l’impact sur le paysage que va produire, pour une période de 30 à 50 ans, l’abattage d’arbres centenaires."
Par ailleurs avec la future voirie à 3 voies, s’il n’y a plus de place pour ces arbres, nous ne voyons pas comment on pourra en replanter deux fois plus (comme il est annoncé de façon quelque peu péremptoire).
Ce projet ne répond pas au critère d’utilité publique
son coût est exorbitant (plus de 26 Millions d’Euros) ;
le gain de temps est dérisoire : gain moyen entre 3,1 et 7 minutes sur un trajet global de 25 minutes ;
la fréquence très aléatoire en heure de pointe : " … cette fréquence sera plus près de 10 à 20 minutes en heures de pointe (au lieu de 5 projetées) : irrégularités dues à l’injonction sur une seule ligne des 7 lignes en transit à différents niveaux du site propre" (dossier d’enquête publique).
Ce projet ne va pas faire diminuer le trafic automobile : les 2 voies conservées vont constituer une incitation à utiliser la voiture individuelle.
Alternatives possibles
Une palette de solutions existe sur le tronçon le plus contraignant [L’Union / Saint Jean] long de 2,3 km :
d’abord réduire au maximum le trafic automobile canalisé par la RN88 : réduction des déplacements internes de très courte distance par un plan de circulation adéquat et des navettes (25 000 véhicules/jour concernés) ; idem pour le trafic induit par l’A68 en provenance du Tarn (17 000 véhicules/jour quittant l’A68 avant le péage) ; idem pour les flux de véhicules en provenance de Bessières et Balma (10 550 véhicules/jour) ; idem pour ceux en provenance de Rouffiac / Castelmaurou (9 750 véhicules/jour).
ensuite laisser à deux voies ce secteur de RN 88 avec une voie en alternance pour les bus, une voie en alternance pour les voitures ou détourner le trafic sur des voies en sens unique de part et d’autre de la RN88
libérer des espaces par la réorganisation des circulations et des stationnements, réduire les plateformes automobiles etc, etc…
Dans tous les cas, des plans de circulation s’imposent et doivent accompagner le projet : la RN88 y gagnerait en fluidité. Ce projet brutal doit être remis à plat : un aménagement, respectueux de ces arbres irremplaçables, est possible en hiérarchisant les priorités : sauvegarde des arbres, bus en TCSP, pistes cycles et piétons, automobiles.
Lucien Buys et Alain Ciekanski, novembre 2005