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2015 : en route pour la fin des financements des banques au secteur du charbon

Début 2015, pour la bonne année, les Amis de Terre souhaitaient aux banques la fin de leurs financements aux énergies fossiles en commençant par le charbon. 11 mois plus tard, toutes ont adopté des mesures de réduction de leurs soutiens au secteur du charbon ! Des premiers pas très bienvenus même s’ils restent insuffisants face à l’urgence climatique.

Après les premiers engagements du Crédit Agricole à réduire ses financements à l’extraction de charbon, Natixis, Société Générale et même BNP Paribas ont toutes adopté de nouvelles mesures visant à réduire leur exposition au secteur énergétique le plus carboné.

Ces mesures marquent un premier pas vers la fin des financements des banques françaises aux énergies fossiles, à commencer par ceux au charbon, mais sont insuffisantes face à l’urgence climatique. Car la science est sans appel : il nous faut renoncer à exploiter la quasi-totalité des réserves connues de charbon, et toute nouvelle à charbon est incompatible avec l’objectif de limiter le réchauffement de la planète en-dessous du seuil de 1,5 °C ou 2°C.

Concernant l’extraction de charbon, BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et Natixis se sont toutes engagées à ne plus financer de nouveaux projets de mines de charbon, et toutes (avec des réserves pour Société Générale) se sont engagées à réduire leurs soutiens aux entreprises actives dans l’extraction de charbon.

Concernant la production d’électricité à partir de charbon, seule Natixis s’est engagée à ne pas financer de nouveaux projets partout dans le monde. BNP Paribas et Crédit Agricole se sont engagées à ne pas en financer dans les pays à hauts revenus selon la nomenclature de la Banque Mondiale, qui ne représentent que 6,1% du marché charbon. Société Générale n’a exclu quant à elle que les pays de l’OCDE à hauts revenus, soit moins de 4,1% du marché.

Les mesures adoptées relatives au financement d’entreprises productrices d’électricité à partir de charbon sont encore plus faibles puisque seule Natixis a dit ne plus financer les entreprises dont l’activité repose à plus de 50% sur l’exploitation de centrales à charbon thermique. BNP Paribas a adopté des mesures relatives à ces entreprises mais il est difficile de juger leur couverture exacte avant qu’elles soient traduites dans la politique sur les centrales à charbon de la banque. La situation est encore plus incertaine pour Société Générale qui dit vouloir aligner ses financements avec le scénario 2°C de l’AIE.

Deux points supplémentaires à prendre en compte :

Les financements de projets ne représentent que quelques pourcentages du financement des banques au secteur du charbon.
Les critères entreprises adoptés par Crédit Agricole et BNP Paribas ont l’intérêt de s’appliquer aux financements directs et indirects des banques au secteur du charbon ainsi qu’à leur activité de gestion d’actifs (gestion active).

La conclusion est sans appel : malgré de récentes avancées, les banques sont toujours facteurs d’aggravation de la crise climatique (voir données ci-dessous) et doivent accélérer de manière radicale le transfert de leurs financements du secteur du charbon vers l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Nous suivrons de près l’application de ces premiers engagements et maintiendrons la pression sur les banques pour qu’elles deviennent véritablement acteurs de la transition vers des sociétés soutenables.

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