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300 militants occupent le sommet des pétroliers à Pau pour faire appliquer l’Accord de Paris sur le Climat

Mardi 5 avril, Pau - Plus de 300 militants climat sont parvenus à franchir le dispositif policier et à perturber l’ouverture du sommet pétrolier MCE Deepwater Development, accueilli par Total à Pau. Ils occupent actuellement l’extérieur de la conférence et appellent tous les défenseurs de l’océan et du climat à les rejoindre.

Le Palais Beaumont qui accueille le sommet pétrolier MCEDD s’est ouvert ce matin avec des allures de camp retranché : site protégé par 155 policiers et entièrement entouré de clôtures de deux mètres de haut, rues fermées à la circulation. Ce dispositif policier a été mis en place suite à l’appel à bloquer ce sommet qui se tient du 5 au 7 avril par des militants climat, de manière non-violente et déterminée.

Une quarantaine de militants est parvenue à franchir le dispositif policier dès l’ouverture du sommet. Ils ont bloqué deux entrées du bâtiment, empêchant une partie des participants d’y entrer. Ils ont perturbé l’ouverture du sommet en déployant des banderoles, en utilisant des cornes de brume, en chantant des slogans, ou encore en frappant sur les vitres du bâtiment où les premiers congressistes commençaient à se réunir. Un second groupe de plus de 100 activistes a réussi à pénétrer dans le site par un autre accès. Les forces de l’ordre ont repoussé, gazé et matraqué les militants, mais ne sont pas parvenus à leur faire quitter le site. Les militants, qui ont été rejoints toute la matinée par d’autres renforts, sont actuellement toujours sur l’esplanade du Palais Beaumont, ont constitué une chaîne humaine et continuent de perturber le déroulement du sommet en chantant des slogans tels que « et 1, et 2, et 3 degrés, c’est un crime contre l’humanité », ou s’adressant directement aux forces de l’ordre : « la police, doucement, nous sommes là pour vos enfants ».

Trois autres militants sont parvenus à entrer à l’intérieur du bâtiment en se faisant passer pour des congressistes : certains se sont enchaînés aux tables pendant que d’autres ont pris la parole en français et en anglais pendant une bonne dizaine de minutes auprès du public dès la cérémonie d’ouverture pour dénoncer l’exploitation sans limite des énergies fossiles. Des gendarmes casqués et en tenue anti-émeute sont intervenus pour déloger les militants.

« Après la COP21, il y a des objectifs comme celui du MCEDD qu’on ne peut plus tolérer. Puisque les grandes multinationales continuent leurs politiques extractivistes criminelles et que les autorités les laissent faire et même, les protègent, ce sont aujourd’hui les citoyens qui entrent en scène pour s’y opposer et faire appliquer les engagements de l’Accord de Paris. » déclare Cécile Marchand d’ANV-COP21.

Total ment ? Révélations et interpellation publique de la direction de Total

A 12h30, une conférence publique s’est tenue devant le Palais avec l’intervention de Cécile Marchand d’ANV-COP21, Txetx Etcheverry de Bizi !, Olivier Dubuquoy de Nation Océan, Nicolas Haeringer de 350.org et Sylvain Angerand des Amis de la Terre. Ces organisations (ainsi qu’Attac et Surfrider Foundation Europe) avaient été reçues le jeudi 31 mars par la direction de Total. Celle-ci leur avait affirmé être consciente que pour limiter le réchauffement climatique en dessous de +2°C, tout le pétrole de la planète ne pourrait pas être exploité. « Il y a des gisements que nous n’exploiterons pas compte-tenu de l’équation climat, particulièrement ceux qui ont des impacts environnementaux ou des coûts économiques importants », avait ainsi affirmé M. Schmitt, vice-président exécutif du développement durable à Total. Parmi ceux-là, il a cité notamment le pétrole de l’Arctique.

Or, les organisateurs de la mobilisation ont eu ce lundi 4 avril accès à une information de source extrêmement fiable affirmant que Total, via sa filiale Totsa, serait le signataire d’un contrat de long terme signé début 2016 avec la compagnie controversée Gazprom. Total achèterait ainsi, via Totsa, le pétrole extrait de la plate-forme Prirazlomnaya, dans le sous-sol arctique, en mer de Petchora. Les organisateurs de la mobilisation de Pau ont demandé des explications à la direction de Total sur ce qui, si l’information était confirmée, serait un véritable scandale et viendrait contredire de nombreuses déclarations et engagements publics et privés de Total sur ce sujet sensible.

Plateforme #STOPMCEDD

( Alternatiba, Amis de la Terre, ANV-COP21, Attac, Bizi !, Chrétiens Unis pour la Terre, Friends of the Earth International, Nation Océan, Surfrider Foundation Europe, Village Emmaus Lescar-Pau, 350.org )

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