Des organisations de défense des droits humains, de l’environnement et des populations indigènes dénoncent le contre-emploi de l’argent public par la Banque, conduisant à la destruction de l’environnement et des communautés locales, à la violation des droits humains et à l’aggravation du changement climatique.
« L’Assemblee Générale de printemps est l’opportunité pour la Banque mondiale d’annoncer sa prise en compte de toutes les recommandations de l’EIR, qu’elle a elle même commanditée », explique Janneke Bruil des Amis de la Terre International. « Cela inclut le respect des conventions internationales sur les droits humains, l’arrêt du financement des projets pétroliers d’ici 5 ans, et la prise en compte du consentement préalable des populations ».
Plusieurs centaines d’ONG, des Prix Nobel de la Paix, des coalitions d’investisseurs, des industries d’énergies renouvelables, des responsables religieux et politiques - comprenant la Commission et le Parlement européens ou l’archevêque Desmond Tutu - ont déjà appelé la Banque mondiale à intégrer les recommandations de l’EIR.
Sébastien Godinot des Amis de la Terre France précise : « La Banque mondiale prête des centaines de millions de dollars chaque année à des multinationales comme Shell, BP ou Total, arguant que cela bénéficie aux populations pauvres des pays hôtes des projets. Mais aucune preuve n’étaye cette affirmation, comme le reconnaissent des analyses internes de la Banque. Au contraire, les exemples d’échecs abondent, notamment les oléoducs Tchad-Cameroun (dont le Président de la Banque a officiellement reconnu les difficultés) ou Baku-Tbilissi-Ceyhan en mer Caspienne (récemment condamné devant la justice géorgienne). 81 % du pétrole étant exporté vers les pays occidentaux, cela ne sert pas non plus à fournir de l’énergie aux 2,3 milliards de pauvres qui en sont privés dans les pays du Sud, mais aggrave le changement climatique dont ils seront les principales victimes ».
La Revue des Industries Extractives (EIR) a été commanditée par le Président de la Banque mondiale pour déterminer la stratégie future de la Banque dans le secteur des mines et énergies fossiles. Son rapport final fait des propositions alternatives concrètes et progressistes pour que la Banque dépasse ses échecs patents dans le secteur des industries extractives et réponde à son mandat de lutte contre la pauvreté.
Contacts presse :
Sebastien Godinot - Les Amis de la Terre France - finance@amisdelaterre.org
Janneke Bruil, Les Amis de la Terre International, +31 6 51 00 56 30 (portable)
*Informations sur la Revue des Industries Extractives (EIR) : La Revue des Industries Extractives, commanditée par le Président de la Banque mondiale James Wolfensohn, a rendu son rapport final en décembre 2003. C’est le résultat de la plus importante évaluation indépendante et participative jamais effectuée dans ce secteur ; pendant deux ans, elle a associé gouvernements, experts, industriels, société civile et communautés locales sur les cinq continents, avec recherches et visites sur le terrain.
L’EIR reflète dans une large mesure les contributions des parties prenantes dans les pays en développement. Le rapport conclut que des évolutions significatives sont nécessaires dans la politique énergétique de la Banque mondiale, afin qu’elle puisse répondre plus efficacement à son mandat de lutte contre la pauvreté et de promotion du développement durable.
Le rapport fait notamment les recommandations suivantes :



