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A 380 : quelle gestion de l’aéroport Roissy CDG ?

1er juin 2007,
Par Anne Gellé

L’A380 s’est posé à Roissy le vendredi 1er juin. Si les commentaires saluant la performance industrielle sont nombreux, Les Amis de la Terre rappellent que très peu d’aéroports vont avoir les moyens d’adapter leurs infrastructures à cet avion de grande capacité et soulignent qu’il est nécessaire de s’interroger sur l’usage qui sera fait de cet avion gros porteur.


Pour Anne Gellé, responsable de campagne Transport Aérien des Amis de la Terre : "A l’heure du "Grenelle de l’environnement", la Commission Européenne pointe, que si rien n’est fait, les émissions de gaz à effet de serre du transport aérien augmenteront de 87% jusqu’en 2015. Prévoir la gestion qui sera faite de l’A380 en France, voir en Europe, est donc indispensable. S’extasier sur la prouesse technologique qu’il représente n’est pas suffisant."

Les riverains doivent-ils s’attendre à une noria d’avions supplémentaires venant de province à un rythme soutenu afin de "remplir" l’A380 ? Les Amis de la Terre ont également signalé que la construction d’aérogares n’a jamais fait l’objet d’enquête publique. Or ces halls sont évidemment prévus pour attirer plus de voyageurs vers la région parisienne, des voyageurs en majorité en partance pour l’étranger. L’association rappelle qu’il existe d’autres solutions possibles que ce détour obligé par une région dont le ciel est déjà saturé.

Les riverains de Roissy -CDG se sont exprimés massivement sur le plan d’exposition au bruit. Ils ont dénoncé, dans leur grande majorité, l’opacité concernant l’accroissement du trafic. A quoi bon organiser colloques et séminaires sur la meilleure façon de diminuer le bruit et la pollution si le trafic augmente sans aucune limite ?

Airbus a mis en avant la moindre consommation de l’A380 en kérosène par passagers transporté, ce qui est une bonne chose a condition que tous les sièges soient occupés. Mais le bilan global de l’opération risque d’être sérieusement amoindri : norias de petits avions pour remplir un gros porteur et saturation des accès routiers et du contrôle voyageurs dans les aérogares.

Anne Gellé précise : « Compte-tenu du surcoût occasionné par les travaux d’adaptation nécessaires, l’arrivée de l’A380 ne se justifie que s’il permet de diminuer la saturation du ciel parisien. »

Si une rupture est plus que jamais indispensable en matière de "développement durable", c’est bien celle qui consiste à ne plus mettre sur le marché un outil sans avoir préalablement mesuré les effets négatifs et la manière de les atténuer, voire de les éviter .

Les Amis de la Terre mènent depuis 1998 une campagne sur le "juste prix du transport aérien" afin que l’ensemble des coûts sociaux et environnementaux de cette activité soient évalués. Les spécialistes du climat observent une aggravation de la contribution du transport, les professionnels du transport aérien ne peuvent échapper à cette responsabilité.

Contact presse : Stéphanie Caladou au 06 86 41 53 43