AG de Total : un représentant nigérian interpelle Patrick Pouyanné sur le torchage du gaz

Paris, le 29 mai 2015 – Les Amis de la Terre se sont rendus ce matin à l’Assemblée Générale de Total, pour accompagner Jerusalem Ajie, membre des communautés Egi, affectées par les activités de la multinationale française dans le delta du Niger. Le représentant nigérian a interpellé le directeur général du groupe sur le torchage du gaz, gâchis énergétique et désastre climatique et environnemental, qui est condamné mondialement et interdite au Nigeria. Le dirigeant de Total a répondu par les mêmes mensonges et fausses promesses qui se trouvent dans leurs rapports RSE.

Devant les milliers d’actionnaires présents, Jerusalem Ajie a posé la question suivante : « Le torchage du gaz est condamné mondialement comme étant une pratique dangereuse. Au Nigeria, le torchage est interdit par la loi depuis le 1er janvier 1984. Cette loi a été renforcée par une décision de la haute cour de justice du Nigeria en novembre 2005. Pourtant Total continue de pratique le torchage du gaz dans ma communauté Egi, où votre compagnie est présente depuis 1964. Cela cause des problèmes de santé pour mon peuple et moi-même, et des dommages environnementaux qui ont mené à la perte de nos moyens de subsistance. Est-ce que Total oserait torcher du gaz en France, ou est-ce seulement pour nous en Afrique ? Quand votre compagnie va-t-elle arrêter d’avoir des doubles standards selon les pays où elle opère ? »

Résumé de la réponse de Patrick Pouyanné : « Je suis allé moi-même visiter les communautés Egi au Nigeria, nous maintenons un dialogue avec elles depuis longtemps. Au Nigeria le torchage du gaz n’est pas interdit mais soumis à autorisation. En 2000 nous nous sommes engagés à arrêter le torchage du gaz sur nos nouveaux projets, et d’arrêter le torchage en 2030, c’est une horizon qui peut paraître lointaine pour vous. Nous voulons aussi arrêter le torchage car le gaz associé brûlé représente une perte de ressources naturelles pour nous. Le dialogue avec les communautés Egi doit peut-être être intensifié, mais il est préférable qu’il se passe avec nos représentants au niveau local, plutôt qu’ici à Paris  ».

Par sa réponse, le directeur général de Total nie encore une fois le fait que le torchage du gaz est interdit au Nigeria, et semble donc considérer que sa compagnie peut être au-dessus des lois et profiter des faiblesses institutionnelles des pays où elle opère. Il omet d’indiquer qu’en Egiland, Total choisit soigneusement les membres des communautés Egi avec qui il dialogue, en fonction de ses intérêts, et fomente les divisions au sein des communautés pour mieux régner. Au lieu d’échanger avec des membres non représentatifs de la communauté, Total devrait répondre aux demandes légitimes des nombreuses familles qui attendent toujours d’être indemnisées suite à la perte de leurs terres, et Total devrait remédier les dommages environnementaux qu’il a causés.

Les Amis de la Terre ont aussi présenté le contre-rapport annuel publié hier avec l’Observatoire des Multinationales, afin d’apporter aux actionnaires les informations cachées qui ne se trouvent pas dans le rapport officiel de Total.

Avant d’entrer à l’Assemblée une action a été également organisée à l’extérieur du Palais des Congrès, en partenariat avec ATTAC.

Contact presse :
Juliette RENAUD, Les Amis de la Terre : 06 86 41 53 43 ; juliette.renaud@amisdelaterre.org

Une partie de cette campagne est réalisée avec le soutien financier de la Commission européenne. Le contenu de ces pages relève de la seule responsabilité des Amis de la Terre France et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union Européenne.

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