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AG2R La Mondiale et Macif excluent les développeurs de centrales à charbon de leurs investissements

Paris, le 23 juillet 2018. Après AXA, Generali, SCOR et Allianz, Macif et AG2R La Mondiale excluent désormais l’allemand RWE et les autres entreprises qui développent de nouvelles centrales à charbon de leurs investissements (1). AG2R la Mondiale qui reconnaît l’objectif d’une sortie du charbon d’ici 2030 dans les pays de l’Union européenne et de l’OCDE et d’ici 2040 ailleurs s’engage aussi à pousser toutes les entreprises charbon de son portefeuille à réduire leurs activités dans ie charbon de manière à tenir les objectifs de l’Accord de Paris. Les Amis de la Terre saluent ces mesures qui font suite à l’engagement collectif pris par les assureurs en amont du One Planet Summit, et ils appellent les retardataires Groupama, Covéa et les bancassureurs à les suivre.

Après AXA, Generali, SCOR et Allianz, Macif et AG2R La Mondiale excluent désormais les entreprises qui développent de nouvelles centrales à charbon de leurs investissements (1).

Les modalités d’exclusion varient. Macif exclut ainsi les 120 entreprises les plus agressives en la matière alors que AG2R la Mondiale exclut toutes celles qui prévoient une augmentation supérieure à 1% de leur capacités de production de charbon totale, soit les 282 développeurs de charbon listés sur la Global Coal Exit List (2). Alors que le budget carbone mondial ne permet pas d’ouvrir de nouvelles centrales à charbon, plus de 630 GW de nouvelle capacité charbon est toujours prévue dans le monde, dont 61 GW en Europe (3).

Lucie Pinson, référente de la campagne Finance privée des Amis de la Terre France commente : “Ces décisions sont en prise avec l’urgence climatique et reflètent la prise de conscience croissante chez les acteurs financiers qu’il est urgent d’adopter des politiques qui permettent d’enrayer réellement le développement d’un secteur dont il nous faut sortir au plus vite. Malheureusement, si ces avancées d’AG2R La Mondiale et Macif font suite à l’engagement pris par l’ensemble des assureurs en amont du One Planet Summit de décembre 2018 (4), nous attendons toujours que celui-ci soit suivi d’effets par Groupama et Covéa, mais aussi par les bancassureurs. Autrefois leaders sur la question du charbon, les banques françaises sont aujourd’hui totalement dépassées (5)”.

Parmi les entreprises les plus touchées par ces annonces se trouve l’allemand RWE, qui captait en 2017 près de 70% des investissements de Macif et AG2R La Mondiale dans les 120 développeurs de centrales à charbon. Premier producteur de lignite au monde, RWE est aussi le premier opérateur européen de centrales à charbon, et joue aujourd’hui contre une sortie du charbon de l’Allemagne en accord avec les objectifs de l’Accord de Paris (6).

AG2R La Mondiale, qui adopte pour la première fois une politique publique sur le secteur du charbon, y reconnaît aussi que la tenue de ces objectifs requiert une sortie du charbon d’ici 2030 dans les pays de l’Union européenne et d’ici 2040 ailleurs, et s’engage en conséquence à dialoguer de manière systématique avec les entreprises de son portefeuille afin de les inciter à fermer leurs infrastructures charbon dans ces délais.

Alors que les ONG européennes font corps dans le cadre de la campagne “Europe Beyond Coal” qui vise la sortie juste du charbon au niveau européen d’ici 2030, tout acteur économique et financier qui tarde à agir en ce sens prend le risque d’être ciblé pendant la COP24 qui se tiendra en Pologne.

Contact média
Lucie Pinson, les Amis de la Terre France, lucie.pinson@amisdelaterre.org, 0679543715

Télécharger la note complète “Climat & charbon : où en sont les assureurs français” ici : http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/note_climatcharbon_ouensontlesassureurs_vf.pdf

(1) MACIF a inscrit son engagement dans son rapport RSE téléchargeable ici : https://presse.macif.fr/Handlers/HTFile.ashx?MEDIAID=119123&SITEKEY=037f6c7f-ad7a-4283-8bc9-795d438b47a4. La politique d’AG2R La Mondiale est disponible ici : https://www.ag2rlamondiale.fr/files/live/sites/portail/files/pdf/Investisseurs/Investisseur-Politique-charbon.pdf
(2) La Global Coal Exit List est un “who is who” de l’industrie du charbon. Elle liste 775 entreprises productrices d’électricité, d’exploitation minière et d’autres sociétés liées au charbon, dont 282 qui envisagent de construire de nouvelles centrales à charbon. La “Coal Plant Developers List”, qui contient 120 noms d’entreprises analysées comme étant les plus agressives en matière de développement de nouvelles centrales à charbon, est une courte liste dérivée de la "Global Coal Exit List" (GCEL)
(3) CoalSwarm, Sierra Club, Greenpeace, Boom and Bust 2018, p. 7. 22- See coalexit.org, viewed on April 18, 2018
(4) En 2017, ces 120 entreprises prévoyaient de construire plus de 550 GW de nouvelles centrales au charbon, ce qui équivaut à la capacité combinée des parcs de centrales à charbon de l’Inde, des États-Unis et de l’Allemagne. Plus d’informations à coalexit.org
(5) Voir l’engagement de la FFA : https://www.ffa-assurance.fr/content/les-assureurs-annoncent-trois-nouvelles-initiatives-en-faveur-de-la-lutte-contre-le-0
(6) Voir une analyse complète des politiques adoptées par les assureurs français ici : http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/note_climatcharbon_ouensontlesassureurs_vf.pdf
(7) RWE est présent dans la plupart des portefeuilles des investisseurs européens à moins que ceux là n’aient adopté les critères de désinvestissement de la Global Coal Exit List (exclusion des entreprises qui génèrent plus de 30% de leur électricité à partir de charbon, qui produisent plus de 20 millions de tonnes de charbon par an, ou qui ont des projets d’expansion dans le charbon). Les banques françaises ne font pas exception et continuent de financer et d’investir dans RWE, une incohérence majeure avec leur engagement à tout faire pour que les objectifs de l’Accord de Paris soient atteints. Par exemple, BNP Paribas a financé RWE à hauteur de 245 millions de dollars depuis 2014 et y détient 147 millions d’investissements. RWE est également présent dans le portefeuille de Groupama qui y détenait pour 40 millions d’obligations en 2017.

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