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Accès à l’eau dans le monde : les ONG françaises demandent des comptes

Du 11 au 22 avril 2004 se tiendra au siège de l’ONU la 13ème Commission du Développement Durable (CDD 13). L’eau fait partie des thèmes qui guideront la rencontre de cette année. Ce sera l’occasion pour les États de dresser un bilan des avancées réalisées par la coopération internationale dans ce secteur. Face à la faiblesse des progrès réalisés pour assurer l’accès de tous à l’eau, des ONG françaises ont élaboré une position commune qui dénonce le décalage entre discours et réalité. A l’occasion de la journée mondiale de l’eau, et en vue de la CDD 13, elles interpellent les pouvoirs publics autour de 8 propositions [1].

Définis en 2000, les Objectifs du Millénaire pour le Développement prévoient de réduire de moitié d’ici 2015 le nombre de personnes qui n’ont pas accès à l’eau. 5 ans plus tard, la situation reste extrêmement préoccupante : la consommation d’eau non potable reste en effet une des causes principales de mortalité dans de nombreux pays en développement. Alors que plus d’un milliard d’individus dans le monde sont toujours privés d’accès à l’eau, la communauté internationale tarde à mettre en œuvre les nombreux engagements pris en faveur de l’accès à l’eau pour tous.

Face à la gravité de la situation, les Amis de la Terre ont décidé de se mobiliser au sein d’une coalition d’ONG françaises pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur l’urgente nécessité d’apporter des réponses adaptées dans les plus brefs délais. La coalition d’ONG (Association 4D, Association pour le Développement de l’Économie et du Droit de l’Environnement, Amis de la Terre France, CRID, Coordination Sud, Eau Vive, FRAPNA, GRET, Hydraulique sans Frontières Programme Solidarité Eau) dénonce une succession de sommets internationaux et d’engagements sans lendemains.

Selon Majda Bouchanine, chargée de mission aux Amis de la Terre, « Les promesses sont restées lettre morte. Dans leur quotidien, les millions d’individus privés d’eau potable n’ont que faire des beaux discours : ils veulent de l’eau à un prix abordable et un service attentif à leurs préoccupations ». Il est impératif que la France et tous les acteurs internationaux entendent le message qui leur est adressé aujourd’hui.

A l’occasion de la journée mondiale de l’eau du 22 mars, un document de position sera transmis à Monsieur CHIRAC, Président de la République, à Monsieur BARNIER, Ministre des Affaires Étrangères, à Monsieur DARCOS, Ministre Délégué à la Coopération et à Monsieur LEPELTIER, Ministre de l’Écologie et du Développement Durable.

[1] Les 8 demandes de la coalition figurent sur la page suivante.

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Solidaires des positions déjà fournies par les ONG au Secrétaire Général de l’ONU en vue de la CDD13, nous demandons que :

1. Les ressources en eau superficielles ou souterraines restent des biens publics non appropriables. Les pouvoirs publics ont la responsabilité d’en organiser un partage équilibré entre usagers, en tenant compte des contraintes naturelles liées aux bassins versants ;

2. Chaque Etat établisse un plan pluriannuel de développement des services prenant en compte la situation des populations et des territoires les plus vulnérables ;

3. L’échelon local soit reconnu comme le niveau d’action le plus approprié pour organiser le développement et la gestion des services, en particulier les collectivités locales ;

4. Des moyens conséquents soient mobilisés pour permettre le renforcement des compétences publiques par un programme de formation et de sensibilisation de tous les acteurs locaux ;

5. Soient définies des règles de gouvernance précisant clairement les responsabilités de chaque acteur. La transparence des décisions doit devenir une règle impérative afin de clarifier les responsabilités des divers acteurs intervenant dans le secteur de l’eau (autorités publiques, opérateurs, associations, etc.) ;

6. Soit mise en œuvre de façon effective la concertation entre tous les acteurs concernés par le service public de l’eau. Cela implique de consulter, d’écouter et d’associer véritablement les populations aux choix de gestion (mode de gestion, prix, qualité du service, etc.) ;

7. Les problèmes de financement pour les pays en développement (PED) intègrent des mécanismes d’aides appropriées, tenant compte des faibles capacités contributives des usagers des pays pauvres ;

8. Les institutions financières internationales redéploient leurs modes d’intervention pour enfin permettre la mise en place de programmes subventionnés pour faciliter l’accès à l’eau, bien essentiel pour les plus démunis.

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