Action des Amis de la Terre contre la Banque mondiale : non au business fossile !

Bruxelles, Paris, le 27 mai 2010 – Alors que la Banque mondiale organise aujourd’hui une consultation officielle sur sa politique énergétique (1), les Amis de la Terre dénoncent ses investissements massifs dans les énergies « sales » à travers une action devant son bureau européen à Bruxelles. En ligne de mire : le poids écrasant des financements aux fossiles dans le portefeuille énergétique de la Banque, et l’augmentation inquiétante de ses prêts à des centrales à charbon, le projet Medupi en Afrique du Sud étant le dernier exemple en date. Pour les Amis de la Terre, la Banque mondiale aggrave la pauvreté et les changements climatiques. L’association demande qu’elle arrête tout soutien aux énergies fossiles et qu’elle réoriente ses financements vers les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

Les officiels, décideurs et industriels arrivant à la consultation de la Banque mondiale sur sa stratégie énergétique se sont vus proposer des contrats pour de l’énergie « sale » par des militants déguisés en représentants de la Banque mondiale et dont les mains étaient noircies de charbon.

Anne-Sophie Simpere, des Amis de la Terre, explique : « La Banque mondiale reconnaît que les changements climatiques vont particulièrement toucher les pays en développement, et qu’il est urgent de se tourner vers des modèles sobres en carbone (2). Mais ses financements aux fossiles restent majoritaires dans son portefeuille énergétique, et ses prêts au charbon augmentent, alors qu’il s’agit de l’énergie la plus polluante. La consultation de la Banque sur sa stratégie énergétique doit mettre fin à ce double discours et opter pour l’abandon des financements aux fossiles. Ce serait cohérent avec la demande du G20 sur la fin des subventions aux fossiles (3), et avec les recommandations de la Revue des industries extractives (4) , une étude commandée par la Banque elle-même. »

Les ONG dénoncent en particulier le prêt record de plus de 3 milliards de dollars accordé en avril dernier par la Banque à l’entreprise sud-africaine Eskom, pour la construction de la centrale à charbon de Medupi. Cette méga centrale sera l’une des plus grosses et des plus polluantes au monde. Plus de 165 organisations s’étaient alors mobilisées contre le projet, en raison de ses impacts climatiques, environnementaux et sociaux très négatifs.

Anne-Sophie Simpere poursuit : « Le projet d’Eskom va émettre des millions de tonnes de CO2 par an, principalement pour alimenter de grosses industries polluantes, qui bénéficieront de tarifs très avantageux au détriment des Sud-Africains. Cela revient à aggraver la pauvreté et à enfermer l’Afrique du Sud dans un modèle de développement archaïque pour des décennies, alors que le pays à un énorme potentiel dans les renouvelables. La Banque mondiale a alors agi dans le seul intérêt des multinationales et selon leur vision à court terme : il est inadmissible que l’argent public soit utilisé de façon aussi irresponsable. »

A la fin de l’action, plusieurs représentants d’ONG rejoindront la consultation, afin de présenter leurs demandes de façon officielle.

Photos de l’action – disponibles à partir de 13h30

Contact presse : Caroline Prak
01 48 51 18 96 / 06 86 41 53 43

Notes :
(1) Plus d’informations sur la consultation sur le site de la Banque mondiale
(2) Voir le communiqué de la Banque mondiale du 15 septembre 2009 : World Development Report 2010
(3) Annonce du G20 de septembre 2009
(4) La Revue des industries extractives, plus grosse étude indépendante jamais réalisée dans le secteur des énergies fossiles et des mines, commandée par la Banque mondiale et publiée fin 2003 conclut que la Banque doit arrêter immédiatement ses financements au charbon, et arrêter tout soutien au pétrole d’ici 2008.

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