Après un Noël faste pour les produits high-tech (1,7 million de smartphones et plus de 400 000 tablettes vendus pour des millions
d’euros de chiffre d’affaires), l’engouement pour ces produits se poursuit avec les soldes. Apparus il y a peu mais présentés à grand renfort de publicité comme indispensables, l’iPad et les tablettes (dont l’utilité
est discutable) sont parvenus à s’imposer sur le marché, s’ajoutant à d’autres équipements – téléviseurs à écrans plats, cadres
pour photos numériques ou autres téléphones portables… Plus fins, plus légers, ces nouveaux objets de convoitise ont néanmoins
un impact environnemental très lourd.
Plus petits : plus d’impacts
Pour accroître la durée de vie de leurs batteries, augmenter leur rapidité ou pousser leur miniaturisation à l’extrême, la fabrication de ces biens requiert un nombre croissant de métaux. Les composants de nos produits high-tech en intègrent des dizaines, comme les terres rares, le lithium, le coltan… Et, pour chacun d’eux, la demande mondiale ne cesse de croître. Les marchés sont sous pression et la course à l’exploration et à l’appropriation de nouvelles mines est relancée. Or, l’extraction minière, particulièrement polluante et consommatrice de ressources naturelles, est également connue pour les conditions souvent excécrables que cette industrie réserve à ses travailleurs.
Au vu de l’explosion de ces gadgets nouvelle génération, l’ère de la rareté se dessine pour un nombre croissant de matériaux. Dirigeants économiques et politiques tentent de sécuriser les circuits d’approvisionnement, et s’intéressent peu à la notion de sobriété qui serait pourtant une réponse simple, de bon sens et de moindre coût.
Réparation et réemploi, priorité n°1
En outre, ces produits sont conçus pour être rapidement obsolètes. Leur réparation, trop rarement envisagée par les consommateurs, est encore plus rarement suggérée en magasin (ou alors pour un coût dissuasif) et l’achat d’un nouveau produit, supposé plus “performant”, est privilégié. Les téléviseurs, smartphones ou tablettes peuvent cependant être rapportés chez les vendeurs, ce qui est préférable à la mise en décharge ou à l’incinération – même si le recyclage de ces produits est loin d’être au point.
Par exemple, il n’existe pas de procédé pour recycler les terres rares. Quand la technique de recyclage est disponible, le critère économique prévaut toujours sur la réduction de l’usage des ressources non renouvelables. Pour les Amis de la Terre, des alternatives existent pour réduire le poids environnemental lié à la fabrication des produits high-tech et aux déchets qu’ils génèrent ! : la sobriété dans la consommation de ces produits, l’allongement de leur durée de vie, la réparation ou le don à des associations qui vont les réutiliser en sont quelques-unes...
Camille Lecomte
Chargée de campagne Modes de production et de consommation responsables
Cet article est issu de La Baleine 168



