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Agrocarburants à base d’huile de palme : bientôt la fin d’un avantage fiscal ?

Alors que les importations d’huile de palme pour les carburants augmentent depuis plusieurs années, l’Assemblée Nationale pourrait mettre fin à un avantage fiscal à l’origine de ce phénomène.

Après un premier vote favorable en Commission Développement Durable, c’est, hier, la Commission des Finances qui, dans le cadre de l’examen de la loi de Finance 2019, a soutenu un amendement visant à exclure l’huile de palme du dispositif fiscal français en faveur des agrocarburants.

La consommation d’huile de palme en France se fait déjà à 75 % dans les carburants. Alors que le gouvernement français a autorisé Total à ouvrir sa bioraffinerie de La Mède, ce qui pourrait augmenter d’environ +60% les importations françaises d’huile de palme, cette nouvelle séquence politique montre bien que la bataille est loin d’être finie.

Pour Sylvain Angerand, coordinateur des campagnes pour les Amis de la Terre France : « L’utilisation massive d’huile de palme dans les carburants est un scandale environnemental qui dépasse les clivages politiques. Des députés de l’ensemble des groupes politiques ont déposé des amendements pour mettre fin à l’avantage fiscal qui a contribué à ouvrir en grand les vannes. C’est maintenant qu’il va falloir être vigilant car les lobbies vont tout faire pour le saboter ».

La pression est désormais sur le gouvernement qui souffle le chaud et le froid sur ce sujet depuis la présentation du Plan Climat en juillet 2017. S’il est urgent de bloquer les importations d’huile de palme et de soja, les deux agrocarburants les pires pour le climat, c’est l’ensemble des agrocarburants de première génération qui posent problème.

Au niveau européen, le débat à propos de l’avenir de l’huile de palme dans les carburants est toujours vif. L’Europe s’est engagé à plafonner puis à éliminer au plus tard en 2030 les agrocarburants les plus néfastes pour les forêts et le climat. L’huile de palme et de soja sont clairement dans le viseur. Ce sera à la Commission Européenne de préciser cette liste dans un rapport attendu pour février 2019.

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