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Anthropologie sociale du chômage des étudiants

Par Groupe local du Rhône

La médiation sociale s’empare du lien entre l’université et l’emploi
Les stages d’entreprise dans les domaines de l’écologie doivent aussi participer à la lutte contre le chômage des jeunes

ANTHROPOLOGIE SOCIALE DU CHOMAGE DES ETUDIANTS
à travers l’étude du dispositif « génépi work expérience »

Rapport présenté par Nelly Dubost
Master 1 anthropologie et sociologie, Université Lumière Lyon 2
supervisé par Gilbert Gouverneur membre du Conseil Fédéral des Amis de la Terre France, président Les Amis de la Terre comité Rhône

SOMMAIRE

Introduction

I_ LE CONTEXTE
1- Chômage des jeunes : une génération exclue et précaire
1.1 Le cas des étudiants
1.2 Les stagiaires
1.3 Les jeunes diplômés en environnement
2- Universités : état des lieux

3- La notion de travail :
Evolution du vocabulaire social :
- Compétence
- Employabilité
Faut il repenser le travail ?

II_ LA MEDIATION
- Différentes approches
- Médiation sociale : définition

III_ GENEPI WORK EXPERIENCE : un engagement en faveur des jeunes
1- Le work expérience : - dans les pays anglo-saxons - en France

2- Genèse du génépi work expérience
définition, objectifs, valeurs, missions...

3- Analyse des candidatures
Les attentes des jeunes stagiaires par rapport :
- à la recherche d’une première expérience professionnelle significative
- au rôle social de l’entreprise
- aux utopies environnementales
- à la contribution possible de l’ONG « Les Amis de la Terre » dans leurs aspirations, personnelles et professionnelles, au développement durable.

IV_ GENEPI WORK EXPERIENCE FACTEUR DE MEDIATION
Une réponse possible à ce conflit ?
- Impact sociétal
- « génépi work expérience » : relais pour la promotion de l’égalité des chances
- « génépi work expérience » : un outil pour l’utilité sociale
- « génépi work expérience » et le développement durable :

V_ GENEPI WORK EXPERIENCE DANS LA MEDIATION SOCIALE
5.1 Médiation sociale ou sociétale ?
5.2 Médiation préventive ou curative ? Anticipation ou alerte ?
5.3 Les médiations de « génépi work expérience » : - Etudiants et entreprises - Personnel et professionnel - Organisation et société civile - Actifs et Etudiants
- Entreprises et ONG
- Théorie et pratique
- Formation et emploi

VI _ GENEPI WORK EXPERIENCE DANS L’ECONOMIE SOCIALE
- Autres dispositifs, autres expériences...
- Lutte contre l’exclusion
- Lutte contre les discriminations à l’embauche

VII CONCLUSION

VIII BIBLIOGRAPHIE
- revues
- livres
- sites Internet

IX ANNEXES

INTRODUCTION

a° ) Le premier plongeon
Le stage n’est plus une alternative mais une obligation. Il est, de plus en plus, intégré dans tous les cycles de formation : grandes écoles, universités, BTS... « C’est un élément déterminant au même titre que les enseignements généraux et scientifiques », assure Emmanuel Dequeker, en charge de la gestion des stages aux Mines de Douai. Près de 75 % des étudiants effectuent au moins un stage pendant leur formation et 30 % obtiennent un emploi à la fin d’un stage. D’où l’importance de bien le choisir.

Source : LIBERATION - Luc Olinga, janvier 2004, 07 juin 2004

b) Les Verts et la réflexion sur les entreprises
Dans l’imaginaire des militants écologistes, l’entreprise fait l’objet de représentations très différentes et très diverses qui sont, pour chacun, les résultats d’une histoire vécue, d’une culture politique, d’une insertion professionnelle, d’un engagement syndical, etc.

Nous nous garderons ici soit de mythifier l’entreprise, soit de la diaboliser en rappelant tout d’abord quelques lieux communs.

Les représentations de l’entreprise :

1) L’entreprise présente de multiples facettes contradictoires :

- créatrice de richesses, de valeurs d’usages pour la satisfaction des besoins humains et sociaux, elle est aussi destructrice de ressources (matérielles, naturelles, humaines, financières...), génératrice de nuisances, d’externalités négatives pour la société.

- c’est un système vivant qui comprend une pluralité de catégories d’acteurs : on ne peut la réduire ni à ses dirigeants, ni à ses propriétaires, ni à ses salariés.

C’est une combinaison sociale complexe qui associe des agents aux intérêts généralement divergents mais qui doivent néanmoins entretenir des liens de coopération pour réaliser leurs objectifs (valorisation d’un capital pour certains, obtention d’une rémunération maximale ou décente pour d’autres...). C’est également le cas des autres parties concernées (clients, fournisseurs, sous-traitants, pouvoirs publics...).

L’entreprise génère à la fois des solidarités et des exclusions, des sentiments identitaires et des rejets ; elle produit des qualifications et des déqualifications.

L’entreprise ambitionne paradoxalement de jouer un rôle dans la société (« citoyenneté ») en raffermissant les liens sociaux que son activité économique tend à distendre.

On peut donc dire sur ce premier aspect que l’entreprise est à la fois un lieu de contradictions et de conflits et un lieu de constitution de liens sociaux.

2) L’entreprise entretient avec son environnement bio-physique et social un rapport complexe :
- elle doit « négocier » avec la société l’acquisition et l’utilisation de ressources qu’elle consomme dans son activité de production de biens et services ;

- la société (à travers le pouvoir politique) lui reconnaît la légitimité de puiser dans les ressources de la planète à condition de respecter des règles qui sont changeantes dans le temps et variables dans l’espace ;

- ces règles visent à éviter que les prédations des entreprises ne détruisent l’environnement dont elles se nourrissent. Il existe donc un « intérêt général » qu’on peut appeler préservation des biens communs globaux qui n’est pas la somme des intérêts particuliers des entreprises et dont la détermination ne peut leur être laissée ;

- chaque époque et chaque nation présentent des seuils d’acceptabilité différents des conséquences des activités des entreprises, seuils qui sont fonction d’une multitude de facteurs (historiques, économiques, sociaux, culturels...) ;

- le comportement des entreprises est régi par un principe utilitariste, c’est-à-dire que leurs actions sont toujours conduites selon un intérêt « bien compris » ; celui-ci pouvant les conduire à ménager leur environnement, voire à le fertiliser ;

- la « négociation » de l’acquisition des ressources donne lieu à un contrat tacite en vue d’un équilibre coopératif qui résulte d’un compromis toujours précaire et qui évolue en fonction du seuil d’acceptabilité des risques que la société accepte d’assumer.

Ainsi, la légitimité de l’activité de l’entreprise repose sur la congruence entre les normes et les valeurs associées à ses activités et celles reconnues, à un moment donné, par la société.

vendredi 20 juin 2003, par Michel Capron

c) L’anthropologie est une science humaine qui étudie l’être humain sous tous ses aspects, sociaux, culturels, et physiques (anatomie, physiologie, pathologie, évolution).

L’anthropologie sociale s’intéresse entre autres à l’étude de la parenté, de la politique et de l’organisation sociale, et l’anthropologie culturelle étudie les mœurs, la religion et les autres aspects symboliques des sociétés humaines (ces deux volets sont regroupés dans une même sous-discipline, celle de l’ethnologie).

Cette étude est une ébauche d’analyse du phénomène de chômage des jeunes diplômés. Le cas pratique permettant d’illustrer nos propos s’attarde sur les étudiants en 3é cycle dans les filières de l’environnement et de l’écologie en France.

Il ne s’agit pas ici de trouver les réponses toutes faites à un problème social. Mais de construire une problématique, d’énoncer des hypothèses qui permettront d’apporter une contribution susceptible d’être portée au débat public.

Le dispositif « génépi work expérience » met en exergue un véritable fait social qui prend sens à travers ses multiples caractéristiques. L’anthropologie et l’approche systémique doivent permettre de visualiser un phénomène dans son ensemble.

Il s’agit de tenter le défrichage de la combinaison des composantes d’un ethnosystème :

- un phénomène sociétal (le chômage des jeunes diplômés),

- un domaine de relations entre les acteurs (la médiation sociale),

- une méthodologie de raisonnement (l’approche systémique).

L’anthropologie qui est ma formation initiale m’influence considérablement dans mon approche d’un phénomène social mais aussi dans ma méthodologie qui implique un déblayage dans plusieurs disciplines.

C’est une façon d’ouvrir une vision à d’autres formes de compréhension pour mieux saisir un phénomène dans sa totalité.

Ce rapport sera donc composé de références à plusieurs domaines de compétences (anthropologie, ethnologie, philosophie, droit, histoire, psychologie, sociologie...) ayant pour but de donner au lecteur les moyens de re-contextualiser un fait social qui est souvent réduit à une trop simple explication.

Je n’énonce pas une théorie capable d’expliquer et de répondre à la situation conflictuelle du chômage des jeunes, mais je propose
- de rassembler des données sur cette problématique,
- d’envisager des hypothèses plausibles afin de relancer un débat actuel qui, à mon sens, mérite toute l’attention de la recherche en sciences sociales.

d) Aperçu du « génépi work expérience »

I.1. - justification du projet
Argumentaire pour la création d’un nouveau programme de perfectionnement et d’apprentissage L’analyse dans laquelle nous invitons le lecteur à entrer va sinuer entre les chemins de la sociologie et de la psychologie sociale pour donner une explication plausible sur les liens entre l’université et l’accès à l’emploi des étudiants diplômés.

Cette démarche relève de l’anthropologie sociale française du chômage des étudiants diplômés.

Il nous fallait une expérience de terrain pour illustrer ce propos : l’auteur a résolument choisi de s’appuyer sur le cas du dispositif « génépi work expérience » mené par Gilbert GOUVERNEUR, au sein de l’association écologiste « Les Amis de la Terre » dont il est le président du comité du Rhône.

La présente étude empirique s’intéresse à cette problématique sous l’angle du champ de la médiation.

Les pratiques du « génépi work expérience » visent à mettre en relief les médiations induites, produites et conduites dont ce dispositif se révèle être, tout à la fois :

 le port d’attache d’un lieu de convergence des frustrations sociales des étudiants, émotion, motivation, craintes

 le porteur d’une innovation sociale et d’un espoir d’amélioration de la condition humaine, réaction, médiation

 et le transporteur de changements compris comme la résultante d’une activité proligère, remédiation

1. « Génépi work expérience » port d’attache d’un lieu de convergence des attentes sociales et des frustrations des étudiants agissant en conflit. Les ingrédients de cette mauvaise recette de cuisine ne permettent pas l’élaboration d’un plan de vie :

 statut précaire du stagiaire,

 absence de cahier des charges d’un stage,

 rémunération non obligatoire et quasi-inexistante,

 usage abusif et intensif de stagiaires par certains employeurs indélicats,

 filière de formation menant systématiquement au chômage par absence de débouchés professionnels,

 sentiment d’horizon bouché pour les étudiants du fait d’un système de formation qui fabrique de futurs chômeurs ,

 la non-prise en compte, dans le cursus universitaire, de travaux pratiques adaptés nécessaires à l’acquisition des compétences essentielles et formelles pour l’employabilité en entreprise.

2. « Génépi work expérience » porteur d’une innovation sociale et d’un espoir d’amélioration d’une situation de tension sociale

 emergence d’un droit à un suivi individualisé d’accompagnement vers l’emploi,

 prise en compte attentive des populations fragilisées

3. « Génépi work expérience » transporteur de changements compris comme la résultante d’une activité proligère. Par la découverte des contrats sociaux entre les acteurs, mais aussi par l’apport de solutions et de réponses susceptibles de s’inscrire tant dans l’éducation à l’environnement et au développement durable, qu’à l’exercice de la citoyenneté et de la responsabilité des parties, le dispositif « génépi work expérience » contribue :

 à l’amélioration des diverses formes de capital ( humain, social, santé ) réduction des contraintes organisationnelles par le recours méthodologique à des outils performants, le stagiaire produit un travail de qualité et participe ainsi à la préservation de son futur emploi

 à la régulation des systèmes sociaux : l’homme revient au centre des préoccupations inscrites dans le développement durable,

 au développement de la personnalité de l’individu ( rôle fonctionnel dynamique facilitant l’accès à l’emploi et l’insertion professionnelle, élargissement du champ de vision d’une problématique sociétale d’entreprise par une un esprit d’ouverture, meilleure capacité stratégique d’acteur lors d’initiatives personnelles, d’élaboration et de soutien d’un point de vue ou d’une opinion, et lors des prises de décision responsables dans le cadre du développement durable)

e) ESSAI DE DEFINITION DE LA MEDIATION

Faisant la part belle à l’imagination et à la créativité des justiciables, le législateur ne définit pas la médiation. Tout au plus, l’exposé des motifs de la loi précise que "la médiation est un processus de concertation volontaire entre parties en conflit géré par un tiers indépendant qui facilite la communication et tente de conduire les parties à sélectionner elles-mêmes une solution" .

La médiation permet ainsi aux parties de confier à un tiers le soin de les assister dans la gestion de leurs conflits afin de leur permettre de dégager elles-mêmes un accord. La médiation tend notamment à la possibilité de maintenir des relations entre les parties et constitue une solution qui se veut constructive tout en étant tournée vers l’avenir.

La médiation contribue à l’avènement d’une nouvelle culture où les justiciables, apprenant à ce prendre en charge, participent eux-mêmes à la résolution du conflit qui les oppose, plutôt que de les déléguer à des instances judiciaires de façon à dégager, à partir de relations négatives, des nouvelles orientations positives. Ce processus permet d’aboutir à des règlements plus rapides et moins coûteux des conflits tout en répondant à un souci d’accès à la justice. La médiation relève ainsi plus de la "logique de l’intérêt" que de la "logique des droits et obligations" qui est plutôt l’apanage du judiciaire ou de l’arbitrage.

Laissant la place à l’autonomie des parties, la médiation ne s’accommode pas d’un excès de règles et de formalisme . Elle créée un espace ouvrant la voie à l’initiative, à la volonté et à l’inventivité des parties et des médiateurs, tout en encadrant un minimum le processus afin qu’il puisse être fondé sur des bases saines (secret professionnel, confidentialité, coût, durée, qualité du service).

Dans ce "jardin secret", le médiateur est un intercesseur prêtant ses bons offices en vue de rapprocher les parties médiées. Le médiateur ne dispose d’aucun pouvoir de décision, il ne tranche pas le litige, ni en droit, ni en fait. Sa tâche consiste, par sa seule présence, son attitude résolument optimiste, ses questions, ses reformulations et quelques techniques de communication basées sur l’écoute active, à amener les parties à se re-parler en vue d’aboutir elles-mêmes à résoudre leur différend.

Source : La médiation sociale et la gestion des ressources humaines dans le secteur public : apports de la nouvelle loi du 21 février 2005 Olivier Moreno - Décembre 2005 Avocat associé www.langlet-moreno - Médiateur agréé en Droit social et civil Assistant en Droit du travail à la Faculté de Droit de l’U.L.B.

I. - LE CONTEXTE

1- Chômage des jeunes : une génération exclue et précaire « En fait, je crois qu’un consensus s’est rapidement établi entre l’État, le patronat et les syndicats pour adopter, tenant la rareté pour inéluctable, une politique d’ajustement par le sous-emploi, particulièrement celui des jeunes, pratiqué au nom du progrès par l’allongement des études, et celui des seniors mis en œuvre au travers des dispositifs de cessation anticipée d’activité. Le droit des jeunes à une scolarité plus longue, sinon meilleure ; le droit des vieux d’accéder à la civilisation des loisirs. »

Hugues de Jouvenel - Futuribles n°318 - L’emploi des jeunes

138 dispositifs nationaux prétendent venir en aide aux jeunes

Depuis vingt ans, un seul dispositif a disparu : les TUC (travaux d’utilité collective) créés en octobre 1984 et absorbés par la loi du 9 décembre 1989 qui crée les CES. Rien qu’un seul dispositif, c’est déjà toute une machinerie bureaucratique. Chaque dispositif, c’est en effet

 des mesures (lois, règlements, instructions, circulaires... ) ;

 des infrastructures (bureaux, photocopieuses, ordinateurs... ) ;

 des fonctionnaires ;

 un organigramme, avec un maître d’œuvre, des " partenaires ", un réseau spécifique ;

 des financements.

Les dispositifs nationaux d’aide à l’emploi, tout ministères confondus, sont au nombre de cent. Ministère de la jeunesse et des Sports, ministères de la Famille, de la Santé, de la Ville, chacun veut aider les jeunes. Les deux ministères champions sont l’Education nationale et l’Emploi et la Solidarité. Mais rien n’empêche chacune des collectivités locales de se fabriquer son petit dispositif. Par exemple le programme " aider le jeune à s’y retrouver dans les dispositifs d’aide à l’emploi des jeunes " qui nécessiterait tellement d’embauches qu’il est susceptible à lui tout seul de résoudre le problème du chômage des jeunes.

Le ministère de l’Emploi et de la Solidarité dispose de pas moins de 25 dispositifs au profit des jeunes. Parmi les dispositifs du ministère de l’Emploi, onze contrats : le CES ou Contrat emploi solidarité, Contrat d’orientation, Contrat d’adaptation, Contrat de mission-formation " jeunes intérimaires ", Contrat d’apprentissage, Contrat d’accès à l’emploi, Contrat de qualification, Contrat emploi consolidé, Contrat initiative emploi, Contrat régional d’objectif en matière d’apprentissage, Stages d’accès à l’entreprise. Toujours dans le même ministère, il y a l’arsenal lié à l’insertion par l’économique, ou comment aider le jeune à trouver un emploi, à se former, à se nourrir, association intermédiaire, entreprise d’insertion, entreprise d’intérim d’insertion, Regroupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification, programme TRACE (Trajet d’accès à l’emploi), Nouveaux Départs pour les jeunes Demandeurs d’Emploi, Espace Jeunes, Espace Rural pour l’Emploi et la Formation, Plan Régional de développement des formations professionnelles des jeunes, Ateliers Pédagogiques Personnalisés, Régies de quartiers, Chantiers Écoles...

S’ajoutent à tous les dispositifs ministériels, les dispositifs interministériels. Ceux concentrés uniquement sur l’emploi stricto sensu sont au nombre de 5 : Réseau Public de l’insertion des jeunes, Réseau des Missions locales et PAIO, Parrainage des jeunes pour l’Emploi, Défi Jeunes, Nouveaux services Emplois Jeunes. Il y a aussi les clubs de prévention spécialisés, les points d’accueil et d’écoute des jeunes. Il y a même un fonds (Fonds d’aide aux jeunes ou FAJ). Bien entendu, l’Union européenne s’invite à la table onze dispositifs relèvent d’elle. Un fonds ? Le Fonds social européen. Le programme " Socratès, pour une Europe de la connaissance " couvre la phase 2000-2006 et coûte plus de 4 milliards de francs. Leonardo de Vinci 1 et 2 pour la formation professionnelle s’étale de 1995 à 2006 et coûte plus de 10 milliards de francs (voir Racine" ». Source : www.sos-action-sante.com/act...

1.1- Le cas des étudiants

Alors que le chômage touche près d’un jeune actif sur quatre, les plus diplômés sont en effet loin d’être épargnés : 9 % cherchent toujours du travail trois ans après être sortis de leur scolarité. Que faire quand les portes de l’emploi se ferment devant vous ? S’inscrire à l’ANPE ? Demander le RMI (pour les plus de 25 ans) ? De nombreux jeunes ne l’acceptent pas, arguant qu’ils n’ont pas fait quatre années (ou plus) d’études pour rester sur le carreau. Reste le stage, solution acceptable "qui permet de rester au contact du monde du travail", comme l’explique Lucie, 24 ans.

Source : LE MONDE « les stagiaires, armée de réserve de l’entreprise » 4 novembre 2005 Article disponible sur : www.lemonde.fr/web/article/0...

Ce début d’année 2006 est secoué par de nombreux évènements de soulèvements sociaux qui embrasent toute la France. La loi sur le Contrat Première Embauche - CPE- a fait descendre la population dans la rue grâce à des motivations qui dépassent largement le sujet même du CPE. Ce mouvement à l’origine étudiant, a été rapidement soutenu par les salariés dénonçant au-delà de ces nouveaux contrats, une politique de précarisation des emplois.

Les jeunes sont rejoints par toutes les tranches d’âge pour dénoncer la précarisation de la société française et le comportement du gouvernement face à leurs revendications. C’est un débat national spontané qui s’ouvre alors sur l’emploi en France et sur la remise en cause des capacités d’insertion de notre société.

La presse explique ce mouvement grandissant comme le résultat d’un « ras le bol » général d’une politique de précarisation qui dure depuis presque 30 ans et qui n’a toujours pas prouvé son efficacité.

Selon la Direction départementale du travail de l’Isère, le chômage en France atteignait 9,5% au 31 décembre 2005 et 8,3% en Rhône-Alpes. Les statistiques montre que les jeunes en subissent très largement les effets malgré les nombreuses lois qui ont tentées de relancer l’embauche.

Le journal Le Dauphiné Libéré daté du lundi 13 mars 2006 publiait un résumé (par Frédéric Aili) des créations de contrats depuis 30 ans :

année Désignation du contrat auteur

1977 Pacte pour l’emploi des jeunes Raymond BARRE

1983 SIVP - stage d’initiation à la vie professionnelle, contrat de qualification, contrat d’adaptation Pierre MAUROY

1984 TUC _ travaux d’Utilité Collective Laurent FABIUS

1986 Plan d’urgence pour l’emploi des jeunes Jacques CHIRAC

1989 CES_Contrat Emploi Solidarité Michel ROCARD

1991 Plan exo-jeunes Edith CRESSON

1994 CIP_Contrat d’insertion Professionnelle Edouard BALLADUR

1997 Emploi Jeunes Lionel JOSPIN

2002 Contrat Jeune Entreprise Jean Pierre RAFFARIN

2003 Contrat d’insertion dans la vie sociale Jean Pierre RAFFARIN

2006 CPE _ Contrat Première Embauche Dominique de VILLEPIN

Les politiques des différents gouvernements ont jusqu’ici été dépassées par un problème qu’elles ne maîtrisent pas : le chômage ; et elles n’ont trouvé de réponse que dans la précarisation.

Dans le même journal, Emmanuel Bréziat, délégué général adjoint du MEDEF Isère, avait indiqué le 17 juin 2005 : « Le taux de chômage des jeunes deux fois supérieur en France à celui de pays comme l’Autriche, les Pays Bas et l’Irlande reste inacceptable. Il y a un problème lié à la formation initiale, pas assez pratique. Cela passe aussi par un travail sur l’orientation, avec une information à jour sur les débouchés. »

La France se distingue des autres pays européens par sa dépense publique en matière de politique de l’emploi de 3% du PIB. On peut lui opposer le cas du Danemark (taux de chômage inférieur à 5%) qui dépense 5% de son PIB pour cette même politique. Sa stratégie est bien la flexibilité mais les moyens mis en œuvre pour les garanties sociales sont sans commune mesure avec la France (source : Dominique Sicot dans l’Humanité Dimanche du 16 au 22 mars 2006.

Les jeunes diplômés sont touchés par cette précarité, généralement attribuée à une élévation générale du niveau de qualification ainsi qu ‘aux départs massifs en retraites du baby-boom.

Les étudiants vivent aujourd’hui des périodes difficiles pour l’entrée dans la vie active. Dans le journal L’Humanité du samedi 18 mars, M.J Kotlicki, secrétaire générale de l’UGICT-CGT, précisait « il y a rupture entre le diplôme et l’embauche. Beaucoup sont surqualifiés par rapport à leur emploi ; on ne reconnaît pas leur qualification. Avec les CDD, les stages et demain le CPE, ils sont dans l’impossibilité d’exercer pleinement leur qualification ».

On comprend que les problèmes exposés sont le résultat des politiques gouvernementales et des formations universitaires qui marquent ainsi leurs insuffisances au regard du monde économique (employabilité) et du monde des étudiants (insertion professionnelle des jeunes) auxquels elles sont destinées.

- L’analyse des candidatures envoyées à « génépi work expérience » (voir le chapitre consacré à ce sujet) montre qu’il existe des lacunes dans les formations universitaires notamment dans les connaissances pratiques et dans la préparation à l’insertion professionnelle.

Dans le journal La Vie de la semaine du 23 mars 2006, le sociologue Louis Chauvel était interrogé sur la nécessité de remettre en cause le système universitaire français : « Il faut tout repenser et s’inspirer des bons exemples européens. En Suède, les jeunes de 18 ans découvrent le monde du travail avant d’intégrer l’université. Ils gagnent en maturité en travaillant dans une ONG, en parcourant le monde et, surtout, en assumant des responsabilités. Ce système leur permet ensuite de choisir leurs études en connaissance de cause. La France doit donc imaginer un nouveau parcours universitaire qui allie théorie et pratique, cours et apprentissage, études et travail. » - L’insertion professionnelle reste difficile même pour les jeunes diplômés. Le diplôme ne suffit plus pour se faire remarquer des employeurs.

Le nombre des diplômés bac+5 est en effet de plus en plus élevé, favorisant une certaine compétition sur le marché du travail. Cette élévation du nombre de diplômés est notamment due à une non-sélection très courante dans les facultés françaises.

Les professeurs eux-mêmes dénoncent un certain laxisme et une baisse générale du niveau de connaissances demandées. Mais ils dénoncent aussi la baisse de la valeur du diplôme qui ne permet plus d’accéder aux postes équivalents.

Cécilia Gabizon et Marie-Estelle Pech ont recueilli des témoignages sur ce phénomène dans leur article dans les coulisses de la « fabrique à chômeurs »paru dans le journal le Figaro daté du 14 avril 2006, (Rubrique France) : « Si le premier cycle reste le point noir, la non-sélection perdure au-delà. Le système permet d’arriver en maîtrise sans avoir fait ses preuves, accuse Michelle Beguin, maître de conférences à Paris-I. Avec le jeu des compensations, certains étudiants « passent entre les mailles du filet ». Ils redoublent plusieurs fois et « on finit par leur donner un diplôme à l’usure », lâche ce professeur. Michelle Beguin va plus loin : « On produit trop de bac+ 5 sans avoir les postes à responsabilité à leur offrir. Cela engendre beaucoup de frustration. » Un beau gâchis sur lequel la crise du CPE a, une fois de plus, jeté une lumière crue. »

Mais cette élévation du nombre de diplômés est aussi le résultat d’une politique qui a pour objectif d’atteindre les 80% d’une classe d’âge obtenant le baccalauréat (Lionel Jospin 1989).

Les universités n’ont pas les moyens de trouver des emplois au nombre croissant d’étudiants. La politique en question est aussi un choix d’investissement qui se concentre sur l’enseignement secondaire plus que le supérieur, et montre une grande disparité entre les financements des classes préparatoires et des grandes écoles. « Enfin, 4% d’étudiants en classes préparatoires et grandes écoles reçoivent 30% des ressources de l’enseignement supérieur : ce que l’OCDE elle-même qualifie d’« injuste » car cela revient à « taxer les pauvres pour subventionner l’éducation des riches ». dans les coulisses de la « fabrique à chômeurs » paru dans le journal le Figaro daté du 14 avril 2006, (Rubrique France).

1.2. Les étudiants du supérieur subissent un autre effet de la précarisation à travers leurs nombreux stages effectués pendant leurs études :

« Détourné ou non de son sens, le stage n’en demeure pas moins un marchepied vers la vie active, même s’il permet à seulement 10 % des diplômés du supérieur de trouver un premier emploi. »

Source : LE MONDE « les stagiaires, armée de réserve de l’entreprise » 4 novembre 2005Article disponible sur : www.lemonde.fr/web/article/0...

Génération Précaire est une association récente, née suite à un appel à la grève en septembre 2005 pour dénoncer la situation des stagiaires en France.

« Dans un contexte de chômage massif des jeunes, les stages ne constituent plus « un tremplin pour l’emploi » mais tendent à enfermer les jeunes actifs dans la précarité ». Les stagiaires étudiants du supérieur représentent une main d’œuvre qualifiée dont la rémunération n’est pas obligatoire.

Ce seul fait laisse place à de plus en plus de dérives entraînant l’exploitation du jeune sans même l’ombre d’une dimension pédagogique pendant le stage. De plus, leurs droits sont inexistants : ils ne sont pas rémunérés ou gagne au maximum 30% du SMIC, ils ne cotisent pas pour la retraite, ni pour l’assurance chômage, ils n’ont pas droit à des congés.

On pourra noter qu’ils n’ont pas le droit de saisir les prud’hommes ou de se syndiquer comme le prévoit le code du travail normalement prévu pour tous. Cette situation est déplorable étant donné l’importance donnée aux stages et leur durée de plus en plus longue.

Les revendications de cette association ont pour but le statut et la rémunération du stage ; mais bien plus largement, le réinscrire dans une démarche pédagogique afin de faciliter l’insertion professionnelle.

- inscription d’un nouveau statut bien défini du stagiaire dans le code du travail,

- responsabilisation de la formation, de l’entreprise et du stagiaire dans la visée pédagogique d’une insertion professionnelle,

- rémunération minimale, progressive et assujettie aux cotisations sociales.

Cette association est l’incarnation d’une situation qui s’est dégradée et qui devient conflictuelle en France.

Cet état des lieux de la situation des jeunes français nous montre que les attentes dépassent le cadre du simple stage d’entreprise.

Une réponse aux préoccupations des étudiants relative aux stages vient d’être apportée conjointement par Le Ministre de l’Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement, Le Ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ,Le Ministre délégué à l’Emploi, au Travail et à l’Insertion professionnelle des jeunes, Le Ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche , le 26 avril 2006 par l’élaboration et la mise en place de la CHARTE DES STAGES ETUDIANTS EN ENTREPRISE, dont nous publions, ci-après, un extrait :

ENGAGEMENT DES PARTIES

1 - L’étudiant vis-à-vis de l’entreprise

L’étudiant s’engage à :

- réaliser sa mission et être disponible pour les tâches qui lui sont confiées ;

- respecter les règles de l’entreprise ainsi que ses codes et sa culture ;

- respecter les exigences de confidentialité fixées par l’entreprise ;

- rédiger, lorsqu’il est exigé, le rapport ou le mémoire dans les délais prévus ; ce document devra être présenté aux responsables de l’entreprise avant d’être soutenu (si le contenu le nécessite, le mémoire pourra, à la demande de l’entreprise, rester confidentiel).

2 - L’entreprise vis-à-vis de l’étudiant

L’entreprise s’engage à :

- proposer un stage s’inscrivant dans le projet pédagogique défini par l’établissement d’enseignement ;

- accueillir l’étudiant et lui donner les moyens de réussir sa mission ;

- désigner un responsable de stage ou une équipe tutorale dont la tâche sera de :

�� guider et conseiller l’étudiant ;

�� l’informer sur les règles, les codes et la culture de l’entreprise ;

�� favoriser son intégration au sein de l’entreprise et l’accès aux informations nécessaires ;

�� l’aider dans l’acquisition des compétences nécessaires ;

�� assurer un suivi régulier de ses travaux ;

�� évaluer la qualité du travail effectué ;

�� le conseiller sur son projet professionnel ;
- rédiger une attestation de stage décrivant les missions effectuées qui pourra accompagner les futurs curriculum vitae de l’étudiant.

Ce type de revendication focalise ainsi la forte demande sociale pour un réel besoin d’insertion sociétale par l’entreprise.

Le travail est une valeur très forte dans notre société à tel point que le chômage devient le malaise le plus redouté des français.

Sans travail, on ne peut s’insérer dans la société. On peut constater d’ailleurs que les stratégies politiques pour l’insertion des immigrés, des handicapés ou même des femmes passent essentiellement par l’insertion professionnelle. C’est l’acte par référence qui prouve l’intégration.

Les disciplines de la psychologie, de la sociologie ou même de l’ethnologie, nous montrent qu’un individu est porteur de multiples identités qu’il utilise suivant les situations auxquelles il est confronté.

On pourrait utiliser l’image de différentes « étiquettes » utilisées pour s’affirmer et se différencier d’autrui.

Aujourd’hui, la carte de visite est devenue la seule « étiquette » qui prouve la réussite de l’insertion sociale de l’individu.

Les jeunes sont hantés par le futur plus que probable du chômage, mais aussi du travail précaire qui ne permet pas la stabilité des projets et surtout de l’identité.

C’est pourquoi une certaine angoisse générale s’est forgée dans cette génération qui est en manque de reconnaissance et inquiète pour l’avenir.

1.3. Les jeunes diplômés en environnement

Cette recherche s’est basée sur l’analyse de quelques ressources bibliographiques disponibles :

- APEC janvier 2006 : l’insertion professionnelle des jeunes diplômés, promotion 2003.

- APEC : les métiers de l’environnement : des métiers en développement, un domaine à découvrir. Juin 2003. Collection : les études de l’emploi cadre

- site Internet de l’ORME (notamment les sources de l’ANPE) : www.ifen.fr/orme

1.3.1 Les évolutions de l’environnement et de ses métiers cadres :

Selon l’IFEN ( Institut Français de l’Environnement ) les emplois liés à l’environnement en 2002 était de 316.700. Aujourd’hui, son observatoire, l’ORME, Observatoire des métiers et emplois de l’environnement), dénombre 365.700 emplois soit 1,6% de l’emploi intérieur.

Le nombre d’emplois environnementaux connaît une augmentation de près de 2,9% par an.

On compte notamment 480 formations liées à « l’environnement », du CAP au mastère spécialisé. C’est une évidence, aujourd’hui, il y a un changement profond dans le domaine de l’environnement qui implique des effets sur le marché de l’emploi. A quoi est du ce changement et surtout quels impacts a-t-il sur les nouvelles générations ?

L’augmentation du nombre de formations et celui des diplômés dans le domaine de l’environnement sont dus à plusieurs facteurs :

- Le développement durable est devenu une problématique cruciale qui s’insère dans tous les débats. C’est un concept transversal qui dépasse largement les politiques environnementales. Il mêle la prise en compte des domaines : économique, social et environnemental.

La Société Civile est de plus en plus intéressée par ces sujets et souhaitent s’impliquer dans ce phénomène de responsabilité.

La société civile (les stakeholders ou parties prenantes) poussent de plus en plus à une transparence des entreprises quant à la prise en compte des impacts environnementaux, sociaux et économiques de leurs activités (triple bottom line).

Mais « les motivations poussant une entreprise ou une collectivité à créer un poste environnement sont principalement la pression réglementaire et l’amélioration de l’image » (Métiers de l’environnement, un secteur en évolution, Sylvie Touboul mis en ligne le11/09/2002 sur le site de Novethic).

Il faut noter que le secteur privé est à l’origine de 68% des nouveaux emplois estimés.

« Les entreprises sont d’importants employeurs car elles sont appelées à être de plus en plus vigilantes quant à leur impact sur l’environnement. Quant aux collectivités, elles sont amenées à gérer au mieux le développement de leur territoire en limitant les déchets et les pollutions. Elles font donc de plus en plus appel aux professionnels de l’environnement. » (APEC juin 2003 les métiers de l’environnement : des métiers en développement, un domaine à découvrir).

Cette demande est suivie et soutenue par des réglementations qui harmonisent, de plus en plus, les politiques nationales et européennes en matière de prise en compte des facteurs environnementaux et sociaux. En France, depuis 2002 la loi sur les Nouvelles Régulations économiques (NRE) impose aux entreprises côtées en Bourse, la réalisation annuelle d’un Rapport.

L’Europe, quant à elle, incite au développement de l’évaluation environnementale grâce au système de management européen Eco-Audit, ou encore les Plans Entreprises Environnement.

- Ces nouvelles lois impliquent de nouveaux acteurs spécialistes de leur domaine. C’est pour cela que « la reconnaissance des métiers de l’environnement va progresser, et les barrières d’entrée dans le monde professionnel de l’environnement vont se renforcer ; ainsi que les formations initiales vont s’améliorer. »
« Dans un secteur jeune, stratégique et évolutif comme celui de l’environnement, l’exigence d’une formation continue régulière et de bon niveau pour les cadres sera essentielle. »Parallèlement à ce phénomène de professionnalisation, de plus en plus de métiers devront développer des applications spécialisées en réponses à des besoins environnementaux.

Pour l’instant, on peut repérer trois familles de métiers :

- Les emplois « nouveaux » = professions en émergence, développées en fonction des besoins. Les formations sont diverses voire inexistantes car ces métiers sont encore en développement et souvent de faible qualification. (Ex : animateur de tri).

- Les « éco-métiers » : ces métiers nouveaux, biens spécifiques et déterminés, regroupent des spécialités en environnement (avocats, ingénieurs...) ; la compétence environnementale vient alors s’ajouter à la compétence généraliste déjà acquise.

-  Les métiers intégrant une dimension environnementale  : ce sont tous les métiers, existants auparavant, qui aujourd’hui voient se développer des spécialités en environnement ‘avocat, ingénieurs...) ; la compétence environnementale vient alors s’ajouter à la compétence généraliste déjà acquise.

Ces vingt dernières années, on a vu se multiplier les SSCE (Société de services et de conseil en environnement). L’annuaire des prestataires de services en environnement (édité par Victoire édition en collaboration avec AFIE, association française des ingénieurs écologues) dénombrait 400 sociétés dans l’édition 1994-1995. Il en dénombre plus de 900 dans l’édition 2002. Du fait de leur caractère obligatoire, les études d’impact sur l’environnement ont constitué le levier de développement des SSCE.

De plus, au cours des dix dernières années s’est engagée une professionnalisation de l’action associative, notamment au niveau des grandes organisations internationales, nationales ou régionales.

Le dispositif « nouveaux services, emplois-jeunes » a permis de renforcer le nombre et le niveau des jeunes chargés de mission et des techniciens supérieurs dans les associations environnementales, transformant souvent les anciens permanents en cadre dirigeants.

Le développement de la concertation, en impliquant la consultation des associations, a accentué l’importance de la mission et fait se multiplier les réunions de représentations des cadres dirigeants. « Mais la question centrale du financement de la vie associative reste d’actualité. Elle se traduit au niveau du poste par l’importance des tâches liées à la recherche de ressources financières stables. Avec la modification de la fiscalité des associations régies par la loi 1901, se pose la question de l’évolution de certaines associations vers des prestations et des services immatériels semblables à ceux fournis par les SSCE ».

De nombreuses associations existent pour favoriser l’accès à l’emploi des professionnels de l’environnement. On citera :

- APECITA

- NSEJ

- Alliances

APECITA est une association qui met en œuvre les moyens techniques et humains pour privilégier l’emploi des cadres, ingénieurs, techniciens dans le secteur de l’agriculture et d l’agroalimentaire. Ses trois missions sont : le recrutement, le conseil et l’orientation. Elle a été crée en 1954, agrée par l’ANPE en 1970, reconnue d’utilité publique en 1971, et reconnue association paritaire en 1981.

Alliances est une association dont l’objectif est d’accompagner les entreprises pour qu’elles améliorent leurs performances en respectant davantage l’homme et l’environnement, c’est à dire la Responsabilité Sociale et Environnementale. Elle apporte son aide notamment auprès des jeunes diplômés auxquels elle accorde un suivi personnalisé.

Alliances, association lilloise créée en 1994 par des " hommes d’entreprises " pour sensibiliser ces dernières à la responsabilité sociale et environnementale, a lancé, depuis six ans, un programme d’accompagnement de jeunes diplômés par un Contrat d’insertion professionnelle (CIP). Il s’inscrit dans le cadre de ses actions en faveur de l’insertion et de la diversité.

L’objectif d’Alliances est d’aider ces demandeurs d’emploi et de sensibiliser, dans le même temps, ses adhérents à la lutte contre la discrimination. Cette initiative est née d’un constat dressé, il y a quelques années, par Bruno Bonduelle, président du Comité Grand Lille.

Mais « génépi work expérience » vient compléter ces pratiques en apportant une aide avant l’entrée sur le marché du travail. Il permet d’anticiper les problèmes d’orientation et d’inadaptabilité des jeunes diplômés lors de leur premier emploi.

1.3.2 Les jeunes diplômés en recherche de leur premier emploi

L’enquête menée en 2005 pour la promotion des jeunes diplômés de 2003 a fait ressortir plusieurs phénomènes.

Les disciplines de types sciences appliquées sont à insertion forte à l’exception du groupe : Agronomie, Alimentaire, Environnement, Ecologie.

Le secteur environnemental étant attractif, il entraîne un afflux d’étudiants dans les filières environnementales et peut aussi attirer les salariés d’autres secteurs d’activités. « Les flux de demandeurs d’emploi excèdent alors les capacités d’absorption du secteur ». Les métiers de l’environnement souffrent donc d’une augmentation importante du nombre de demandeurs d’emplois et non d’un manque de création d’emplois.

La poursuite des études au-delà du BAC +4 est apparemment un facteur d’amélioration des chances d’insertion. Un seul stage n’apporte pas d’avantage ; tandis qu’au-delà de trois stages effectués, la proportion des jeunes diplômés à la recherche d’un emploi chute fortement. La préparation à la recherche d’emploi améliore l’insertion autant pour les diplômés d’école que pour ceux des universités.

Le plan « Nouveaux services emplois-jeunes » (NSEJ) a été l’objet de 39.093 embauches dans le domaine de l’environnement (selon le ministère de l’emploi et de la solidarité au 30 avril 2004). « Ces emplois devront correspondre à des besoins émergents (la notion de besoin émergents renvoie à l’idée d’emplois nouveaux ou existant à titre expérimental) ou non satisfait (la notion de besoins non satisfaits renvoie à l’idée d’emplois supplémentaires dans les secteurs en développement), présenter un caractère d’utilité sociale notamment dans les domaines des activités sportives, culturelles, éducatives, d’environnement et de proximité, et ne pas être en concurrence avec des activités assurées dans le secteur marchand (y compris dans les entreprises d’insertion par l’économique) et non marchand. » Ce programme permet de soutenir et subvenir aux besoins nouveaux du secteur de l’environnement.

2- Universités : état des lieux Les manifestations d’avril-mai 2006 contre le CPE ont soulevé un débat crucial pour l’avenir des jeunes. Les problèmes d’insertion professionnelle des jeunes, notamment des jeunes diplômés, permettent une remise en cause du système d’enseignement supérieur. Cette question a été lancée depuis près de cinquante ans sans que les traditions pédagogiques ne fassent évoluer leurs fondements.

En 1970 déjà, Pierre Bourdieu dénonçait les deux systèmes d’enseignements supérieurs, les facultés et les classes préparatoires, qui régissent la France. Les temps et les systèmes politiques ont changés, mais ces systèmes éducatifs semblent encrés culturellement entraînant des conséquences importantes dans la formation des jeunes d’aujourd’hui.

Il est nécessaire de revenir sur ce que ce grand sociologue dénonçait, afin de mieux comprendre l’immobilité sous-jacente des facultés françaises.

Dans son rapport Les fonctions du système d’enseignement écrit en 1970, Pierre Bourdieu montre, grâce à une enquête de terrain, les idéologies qui transparaissent dans l’enseignement dispensé dans les classes préparatoires et les facultés. Ces deux systèmes entretiennent un rapport différent face aux méthodes d’apprentissage. Les classes prépa misent sur un apprentissage scolaire, c’est-à-dire assez proche du secondaire, alors que les facultés s’attachent à s’opposer littéralement à l’enseignement du secondaire en prônant un certain « libéralisme » pédagogique, soit la liberté de méthode d’apprentissage pour chacun. Toutes deux visent un public différent.

« La liberté que la tradition des facultés offrent aux étudiants, en laissant à chacun le soin d’organiser son travail, n’est profitable qu’à ceux qui doivent à leur passé scolaire et à leur origine sociale (les deux n’étant pas indépendants) la maîtrise des moyens d’organiser eux-mêmes une entreprise d’apprentissage des techniques intellectuelles, mais l’atomisation du rôle professorale, poussée à l’extrême dans les facultés des sciences et le défaut d’encadrement (qui teint en partie au rapport « détaché » que les enseignants entretiennent à leur fonction) sont de nature à susciter un désarroi profond chez tous ceux qui ne disposent pas des techniques de travail indispensables et qui ne trouvent pas en eux-mêmes les incitations à une activité réglée et régulière ». Les fonctions du système d’enseignement 1970 Pierre Bourdieu.

Pierre Bourdieu démontre ici que le système d’enseignement du supérieur reproduit les inégalités initiales, car les deux types d’enseignements sont accessibles seulement à une certaine partie de la population. On retrouve les classes dominantes, ou futures élites, dans les classes préparatoires opposées à une partie des classes moyennes, inscrites dans les facultés.

L’auteur démontre que ces traditions pédagogiques sont entretenues, car il existe des fonctions sociales à ce système d’éducation qui est organisé autours d’une opposition entre deux publics, distincts par leur origine sociale et leur passé scolaire. C’est une réelle reproduction sociale qui œuvre encore de nos jours. Pierre Bourdieu lui rajoute la notion de reproduction culturelle : « Les facultés n’ont pas les moyens de remplir la fonction qu’elles se donnent officiellement à savoir de produire une nouvelle culture (par la recherche) et de produire des individus capables de produire une nouvelle culture (par l’enseignement de la recherche). » Les fonctions du système d’enseignement.

Ce texte est encore d’actualité bien que nous puissions ajouter d’autres facteurs, ou plutôt d’autres critiques, à cet enseignement universitaire qui continue à produire les mêmes méthodes d’apprentissage (qui ont déjà montrées leurs faiblesses), mais aussi à produire des filières qui sont totalement saturées sur le marché de l’emploi.

Les critiques abondent depuis les années 50, dans le sens d’une reformulation précise des finalités et des structures de l’enseignement supérieur. C’est à dire, redéfinir la finalité de l’enseignement supérieur (entre formation humaniste, scientifique et professionnelle), diversifier le système (par exemple, création des IUT en 1966), sortir du système rigide des facultés en favorisant les enseignements et les recherches multidisciplinaires, s’engager dans la décentralisation universitaire, adapter la pédagogie de l’enseignement supérieur...

Le rapport Romainville sur « l’évaluation des acquis des étudiants dans l’enseignement universitaire » commandé en 2002 par le haut conseil de l’évaluation de l’école, montre la faiblesse des acquis des étudiants et encore plus, la faiblesse de l’évaluation de ces acquis qui est pourtant nécessaire à une formation professionnelle un temps soit peu rigoureuse. On constate notamment que l’université ne s’est pas adaptée aux demandes du monde du travail. L’auteur tire une triple conclusion :

« -Les acquis des étudiants ne sont pas suffisamment explicités, identifiés et répertoriés ;

- Les acquis majeurs, aux yeux des étudiants et du monde du travail, ne sont peut être pas ceux qui sont au cœur des examens traditionnels ;

- si l’université recentrait ses pratiques d’évaluation sur ces acquis essentiels, on peut faire l’hypothèse qu’elle parviendrait à les développer davantage. »

L’hétérogénéité de l’évaluation dans les universités va jusqu’au point ou on ne sait pas ce que l’on évalue. Les étudiants manquent de repères sur les manières d’étudier les plus propices à les préparer aux examens, et les futurs employeurs ne disposent pas d’inventaires précis des compétences de ceux qui se présentent sur le marché de l’emploi.

« Le système des examens universitaires fonctionne la plupart du temps en l’absence de définition, même locale, des connaissances et des compétences qui sont attendues en fin de formation. »

De même, les formations elles-mêmes ne sont pas conçues pour l’acquisition de connaissances et de compétences. Selon Hutmacher (2001), la confection des programmes serait souvent « tributaire de la configuration des opportunités et des intérêts internes à l’institution » que d’un inventaire méthodique des compétences à développer, par exemple sur la base d’une analyse des conditions d’exercice des métiers auxquels donne accès le diplôme. Ce serait l’un des obstacles majeurs à la professionnalisation des formations supérieures.

Malgré les nombreuses recherches critiques faites dans ce sens, et surtout malgré le taux de chômage important des étudiants sortant des universités, rien n’est fait dans les décisions politiques, pour affronter ce contexte de crise.

Avec l’Europe, on voit apparaître des visions et objectifs communs autant sur le domaine des emplois, que sur un secteur européen d’enseignement supérieur.

Les stratégies de soutien pour l’emploi se multiplient, mais les politiques européennes ont bien compris qu’il existait une lourde tâche à entreprendre pour aider ce retour à l’emploi : il s’agit de la relation formation-emploi.

Comme le montre le rapport Romainville, l’évaluation des acquis des étudiants est primordial pour assurer l’appariement. Ce terme que l’on désigne aussi matching, est la période d’ajustement de l’offre et la demande du travail. Le système de formation est inadapté aux évolutions du marché de l’emploi créant ainsi des filières très demandées où le marché est saturé, alors que certains domaines sont en demande de main d’œuvre.

L’Europe veut donc insister sur la notion d’employabilité qui devient progressivement une finalité majeure de l’enseignement universitaire (cf. chapitre Le travail) ; mais ceci demande aussi d’importantes réformes, afin de rendre connus, explicites et compatibles les acquis des étudiants et les attentes de leurs futurs employeurs.

C’est un réel enjeu pour nos pays que de s’appliquer à rétablir une qualité de communication entre l’enseignement supérieur et le monde économique et social. Cela relève du domaine de la médiation qui permet de prendre en compte tous les aspects que cette situation génère ; mais aussi d’une certaine approche systémique qui permettra de comprendre un système dans sa totalité, sa complexité et sa dynamique (cf. le macroscope de Joel de Rosnay Collection Points 1977).

3- La notion de travail

L’emploi ne protège plus de l’exclusion de nos jours. Le SMIC ne suffit pas pour vivre. Beaucoup de jeunes, même de jeunes couples, ont des difficultés à trouver un logement décent ; les crédits deviennent de plus en plus difficiles à obtenir, et les projets d’avenir s’assombrissent parallèlement.

Le travail a toujours été une valeur centrale dans notre pays bien qu’elle ait subi des évolutions. Avant la crise de l’emploi, le statut et la reconnaissance d’un individu dépendaient de son métier. Le travail était alors la clé de l’intégration sociale mais aussi la clé d’une vie décente et heureuse.

Après les « trente glorieuses », période de croissance et de plein emploi, la France a subi un ralentissement économique puis la crise de l’emploi (90’). Petit à petit, le chômage est devenue une angoisse récurrente chez les jeunes face à un avenir incertain.

Depuis, les formes d’emplois se succèdent, ainsi que de multiples réformes, pour éradiquer ce mal qu’est le chômage. Des chercheurs se sont penchés sur les évolutions de vocabulaire, constatant qu’ils sont les reflets d’une histoire cohérente du travail en général.

Claude Dubar, sociologue, a étudié ce qu’il appelle la crise des identités, à travers le travail comme mise en œuvre des compétences.

Il estime un temps où le travail était régulé par la logique de compétence : à l’époque, c’était à l’entreprise d’évaluer la compétence (à l’embauche), de la développer (par le travail et son organisation), et de la reconnaître (par le salaire et la carrière). Il existait une réelle « identité d’entreprise ». Dominique Revel explique dans sa thèse

La précarité au masculin et au féminin, que le travail était avant tout un métier qui s’est construit en opposition à l’emploi en tant qu’il était « vecteur d’une identité professionnelle, et donc sociale que l’emploi ne pouvait assurer ».

A partir des années 90, années où le taux de chômage augmente significativement et les temporalités professionnelles évoluent considérablement, la notion d’employabilité remplace celle de compétence, et l’emploi celui de métier.

Les emplois entraînent une instabilité professionnelle et l’inexistence d’organisation collective. Découle alors l’atomisation de l’activité de travail.(cf.Dominique Revel).

Chaque salarié devient responsable de l’acquisition et de l’entretien de ses propres compétences. L’entreprise se décharge donc de toutes responsabilités face à l’acquisition des compétences.

La mise en place du bilan de compétence en 1991 et la charte européenne « formation tout au long de la vie » illustrent cette évolution.

Selon Dubar, l’employabilité c’est donc « se maintenir en état de compétence, de compétitivité sur le marché pour pouvoir être, peut-être un jour, embauché pour une « mission » précise et limitée. ».

L’employabilité entraîne donc une instabilité dans la carrière et l’emploi exercé.

Cet emploi de vocabulaire, qui peut paraître anodin, travaille donc dans le sens de la précarité, au sens où il concoure à la fragilité des carrières professionnelles.

La notion de capital humain, que l’on trouve dans de nombreuses analyses économiques du marché de l’emploi, reflète aussi ce caractère d’employabilité en favorisant l’aspect continu de l’acquisition de compétences (indépendamment des entreprises).

Il souligne notamment le fait que le marché est régi par la loi de l’offre et de la demande qui prévaut sur le capital humain. Ainsi, le capital humain, que le salarié a acquis pendant sa formation, dépendra des évolutions du marché.

COMMUNICATION DE LA COMMISSION EUROPEENNE Une politique de cohésion pour soutenir la croissance et l’emploi

Orientations stratégiques communautaires 2007-2013 « (...) l’Europe doit renouveler les bases de sa compétitivité, augmenter son potentiel de croissance ainsi que sa productivité et renforcer la cohésion sociale, en misant principalement sur le connaissance, l’innovation et la valorisation du capital humain. Pour atteindre ces objectifs, l’Union doit davantage mobiliser tous les moyens nationaux et communautaires appropriés - y compris la politique de cohésion - dans les trois dimensions économique, sociale et environnementale de la stratégie pour mieux en exploiter les synergies dans un contexte général de développement durable »1.

L’Europe a beaucoup contribué à l’évolution de la valeur du travail à travers ses politiques et stratégies communes. La politique de l’emploi est censée relever de chaque état membre ; mais l’Union Européenne a décidée qu’elle représentait aujourd’hui « une question d’intérêt commun ». Ainsi, elle s’est constituée le droit d’intervenir et de coordonner les politiques d’emploi des différents pays grâce à une stratégie commune. Parmi les trois objectifs du soutien à l’emploi se trouve le paramètre : qualité et productivité du travail. On peut ainsi y retrouver « l’éducation et la formation tout au long de la vie », mais aussi « flexibilité et sécurité ». Le texte récent sur « la libre circulation des travailleurs » abonde notamment dans ce sens en augmentant la flexibilité, la précarité et la compétition entre salariés européens.

Faut il repenser le travail ?

L’évolution du caractère fondamental du travail a des conséquences très graves. En plus d’une fragilité professionnelle, le travail d’aujourd’hui participe à une certaine fragilité sociale.

Le temps consacré au travail devenant de plus en plus instable, l’individu doit adapter le temps consacré à sa vie sociale (famille, amis, sorties...). La vie sociale dépend donc entièrement du temps professionnel, et « l’identité sociale est alors déterminée en totalité par l’identité professionnelle » (Dominique Revel).

On peut alors imaginer les dégâts identitaires que le chômage et les difficultés d’insertion des jeunes peuvent provoquer.

Le travail a des fonctions individuelles et collectives : apporter une stabilité identitaire à l’individu mais aussi créer du lien social (lien social indispensable à al survie d’une société).

Et sur ces deux aspects, on constate un échec. « C’est en tant que tel que le travail peut se construire comme espace de lien social, car c’est en tant qu’espace de relations professionnelles qui assurent à l’individu une identité professionnelle et sociale, que l’individu peut se penser et se construire comme membre d’une société d’individus. Car le 20ème siècle a construit le travail comme espace de construction identitaire quasi exclusif, et ce, bien davantage encore pour les hommes que pour les femmes ».

Dominique Revel explique dans sa thèse La précarité au masculin et au féminin. On remarque de nos jours quelques œuvres qui ressortent particulièrement de tout ce qui a été écrit sur le concept de travail. Il me parait, en effet, essentiel de dépasser les œuvres qui tentent d’expliquer cette situation grâce à des analyses économiques, qui ont malheureusement déjà montré leurs limites. Je pense que le système de notre société est arrivé à ses limites, et qu’il faut repenser la notion de travail. Il s’agit aujourd’hui de saisir la nature de la crise que nous traversons, afin de comprendre vers quel type de société nous tendons. En avoir conscience, nous permettrait d’accepter ou de refuser ce grand changement qui s’opère. C’est une étape importante pour nous rendre tous acteurs et responsables de nos changements.

Nous devons comprendre pour cela quel est le bagage idéologique que la notion de travail transporte et qui régit le fonctionnement de notre société.

Nous vivons dans des sociétés fondées sur le travail ; c’est-à-dire qu’il représente la condition nécessaire à une intégration sociale. Dominique Méda, dans son livre le travail, une valeur en voie de disparition (collection Flammarion 1998), explique que « le travail donne accès à autrui, à soi même et à la règle sociale ». Cet auteur apporte un éclairage philosophique, mais aussi interdisciplinaire, pour démontrer la valeur complexe du travail. En effet, la vision actuelle est le fruit d’une évolution des mentalités qui a construit notre façon d’appréhender le travail, et qui se traduit à travers notre façon d’appréhender la crise des emplois aujourd’hui.

L’histoire de cette notion a été influencée par de nombreuses pensées (judéo chrétienne, marxiste, humaniste...) depuis plus de deux siècles. Les recherches sur les causes de la richesse des nations de Adam Smith en 1776 ont largement contribué à une approche particulière du travail. Il distinguait déjà à l’époque travail productif (donc matériel) et travail improductif. Cela implique une vision purement utilitariste du capital humain pour augmenter la productivité de la nation. L’accumulation des richesses est alors le seul rôle destiné au travail. Celui qui ne travaille pas n’est pas utile à la Nation. C’est donc l’époque où le travail perd de sa valeur originelle et qu’il devient une catégorie économique à part entière.

A partir du 19ème siècle, la pensée marxiste dénonce le travail aliéné. Mais Marx distingue le vrai travail (qui n’est pas lié selon lui au besoin), de celui de la réalité. Le travail devient l’essence de l’homme qui ne peut exister qu’en travaillant.

Le travail, c’est l’activité humaine qui permet de s’exprimer, donc de montrer à autrui sa singularité et son appartenance au genre humain.

L’anthropologie permet d’apporter un éclairage intéressant sur la notion de travail.

J’admets que l’activité travail est étroitement liée à l’homme car on peut l’observer dans chaque société.

Il peut être considéré comme une catégorie anthropologique « sans laquelle ne peuvent être pensés ni le processus d’hominisation, ni la spécificité de l’homme » (Jacques Bidet philosophes in Politis, n°7). En effet, beaucoup de gens pensent que l’homme est incontestablement lié à la contrainte du travail. Selon Méda, « il y a une essence, un caractère anthropologique du travail, fait de créativité, d’inventivité et de lutte avec les contraintes, qui lui donne une double dimension de souffrance et de réalisation de soi » (le travail, une valeur en voie de disparition, collection Flammarion 1998).

Mais je pense qu’il faut se détacher de son caractère de contrainte car c’est avant tout une notion historique inventée par les occidentaux.

De nombreux ethnologues (Malinowski, Sahlins, Descola...) ont travaillé sur l’économie tribale et ont constaté que, dans certaines sociétés traditionnelles, la notion de travail n’existe pas en tant que tel. Ce n’est pas le travail qui définit le statut social ou que se construit le lien social. Il existe d’autres logiques, comme les traditions, la nature, les dieux, qui sont d’autant de points de repère significatifs pour leur culture. Le travail (dans le sens commun) n’est pas du tout l’élément référent pour l’identification des individus et le sens donné aux existences.

Le gain ne joue donc jamais le rôle stimulant du travail. Malinowski nous le fait remarquer maintes fois à travers son ouvrage les argonautes du pacifique occidental (Gallimard, collection « tel », 1989). « Le labeur, au lieu de présenter un moyen en vue d’une fin, est en un sens, une fin en soi ». Le concept de travail est une catégorie historique, dont l’activité est universelle mais non sa représentation. Sa création s’opère à une période donnée lorsque le besoin d’une population s’en fait sentir. Sa signification diffère donc à travers l’histoire mais aussi à travers les cultures.

Or, de nos jours le travail a perdu de ses qualités et de son rôle. Habermas annonçait déjà en 1985 « la fin historiquement prévisible, de la société fondée sur le travail » dans son livre Le discours philosophique de la modernité.

D.Méda s’étonne de la réaction des pays occidentaux à déployer des moyens pour créer des emplois « à tout prix » : « À tout prix signifie qu’il est légitime, nécessaire, vital de créer des emplois, mêmes temporaires, même sans contenu, même sans intérêts, même s’ils renforcent les inégalités, pourvu qu’ils existent. Ceci explique par le fait que nos gouvernements, mais aussi nos sociétés, considèrent le chômage comme un mal social d’une extrême gravité, un cancer qui dévore la société et conduit les individus qu’il touche depuis trop longtemps à la délinquance et les sociétés elles-mêmes à des réactions imprévisibles. » Mais le travail a réellement une capacité à structurer ; D.Méda reprend le concept de Marcel Mauss en énonçant que le travail est notre fait total social. Il permet la réalisation de soi et est au fondement du lien social. Je pense que c’est ce caractère créatif et socialisant que nous devons s’attacher à revaloriser dans le travail. C’est la motivation de sauver le travail qui pousse ces auteurs de différents « bords » à écrire pour participer à notre changement de mentalité.

« Il faut repenser le sens du travail, la place de l’emploi dans la vie des hommes et le rôle de l’entreprise dans la société » : cette citation du centre des jeunes dirigeants (association des dirigeants d’entreprises) dans le texte « l’illusion du plein emploi » paru dans la revue futurible 1994, nous montre le désir des citoyens de se réapproprier cette notion capitale pour l’avenir de notre société.

Nous vivons une période cruciale pour l’histoire de notre pays. Nous devons garder en tête l’apport de l’anthropologie dynamique : la société et la culture sont sans cesse en mouvement. Nous sommes facteurs de cette dynamique ; à nous de choisir sa direction. Nous avons l’opportunité de repenser les bases de notre système, d’en comprendre les failles, de reformuler nos priorités pour enfin réinventer un modèle à notre mesure. L’individu, dans sa totalité, doit être réintégré dans l’activité de travail. Pour cela, il nous faut se détacher de cette vision accumulatrice de richesses pour redonner au travail toute sa valeur, sa fonction créatrice de lien social.

Le lien social est primordial à la survie d’une société ; la productivité ne peut être l’objectif unique et la source d’évolution indispensable à sa dynamique. A nous de choisir dans quelle société nous souhaitons vivre et d’œuvrer pour ce changement.

II. - LA MEDIATION

Le dispositif « génépi work expérience » est présenté comme source de médiation sociétale.

Le rôle de la médiation est souvent attribué au traitement des conflits. Je me propose donc à travers cette étude, d’analyser la situation contextuelle des étudiants afin d’émettre des hypothèses quant aux causes plausibles qui en sont à l’origine. Je propose de revenir sur la discipline de la médiation qui est l’instrument d’analyse de ce rapport.

La médiation est une méthode pour améliorer la qualité de la communication entre deux ou plusieurs parties.

On trouve une forte proportion de « médiations nommées » ou « nouvelles médiations » qui portent explicitement le nom de médiation.

Les différents types de médiation :

- médiation familiale
- médiation judiciaire
- médiation interculturelle ou sociale
- médiation scolaire
- médiation des services publics
- médiation du voisinage
- médiation pénale
- médiation d’entreprise : du travail/professionnelle
- médiation environnementale
- médiation urbaine
- médiation économique
- médiation scientifique
- médiation journalistique
- médiation politique

Il peut exister aussi une « médiation traditionnelle ou innommée », où aucune partie n’a clairement exprimé une demande de médiation, mais qu’une population définie en apprécie les effets. Elles ne portent pas nécessairement le nom de médiation.

Dans le cas de l’étude du dispositif « génépi work expérience », on s’intéressera au phénomène de la médiation sociale.

Médiation sociale :

« La médiation sociale caractérise les activités qui ont en commun de viser à établir ou à rétablir la communication entre, d’une part, les agents d’institutions et, d’autres part, les populations qui ont à faire avec ces institutions. » ; article « Pour une connaissance critique des processus de médiation et des figures du médiateur » dans Dynamiques professionnelles et temporalité paru dans la revue de sociologie et d’anthropologie, UTINAM, collection l’harmattan, auteur C.Delcroix.

A l’origine, la médiation sociale était destinée à la résolution des conflits grâce à la présence d’un tiers neutre, le médiateur, et d’une méthode composée de règles spécifiques, connues et reconnues des différents partis. En effet, le point de départ de la médiation sociale est le constat d’un effondrement du lien social. La finalité est donc, avant tout, une recomposition pacifique des relations humaines c’est-à-dire une re-création du lien social.

Mais c’est aussi un moyen de régulation sociale, proposant des nouvelles formes de gestion des conflits. Elle est créatrice de lien social dans le sens où, elle intervient dans la prévention des conflits qu’ils soient individuels, collectifs, structurels ou culturels. Le projet sous-jacent est un projet de rétablissement des lieux de socialisation pour instaurer parallèlement une reconstruction du lien social.

Mais depuis une vingtaine d’années, elle connaît de nombreux changements dans tous les pays, notamment européens. On trouve dans ces nouvelles stratégies, un objectif de plus en plus constant : obtenir une amélioration de la qualité de vie urbaine. Le contexte et la complexité de la vie sociale actuelle produisent des situations difficiles, et demandent des instruments nouveaux pour les réguler. La médiation est une réponse à la violence urbaine et la communauté européenne l’a bien compris, puisqu’elle l’a inscrite dans toutes ses recommandations.

Mais l’Europe n’est pas à l’origine de l’essor de ce secteur. La Suède est un pays novateur, avec comme figure du médiateur, le « Ombudsman ». Il s’apparente plus à un représentant, un porte parole. Mais c’est un réel exemple de médiation car il rétablit le lien entre les citoyens et l’Etat, l’administration. Depuis, il s’est établi dans de nombreux pays européens et extra-européens (en France c’est le poste de médiateur de la république qui s’établit en 1983). L’Europe a crée en 1995 un Ombudsman européen suite au traité de Maastricht.

En fait, la médiation sociale d’aujourd’hui véhicule un vrai projet de société pour une prise en charge responsable du malaise social. Elle ne se limite plus au contrôle et à la suppression des conflits. Dans l’article « du processus aux pratiques de médiation » de Esprit critique Vol 06, n°3, « la médiation est ainsi un « processus du temps présent », reconnaissant et concédant une réelle citoyenneté sociale à la multiplicité des valeurs et des pratiques sociales agissant au sein de nos sociétés, réintroduisant le sujet et son expérience ; concourant à soutenir un retour du sensible dans l’espace social et scientifique. »

Aujourd’hui se pose la question de la légitimation des professionnels de la médiation. En effet, c’est un champ en plein essor : les centres de médiations et les spécificités de cette nouvelle profession se multiplient tout en se diversifiant. Le terme de médiation est employé de plus en plus et dans des situations très différentes. Il me semblerait nécessaire de définir un cadre des applications de la médiation, afin que ce concept ne perde pas de sa valeur, ou plutôt de ses valeurs, et qu’il ne se trouve alors saturé de signification.

La médiation a donc la possibilité de participer à la prévention du conflit social, avec comme opportunité l’amélioration des relations sociales. D’après le livre La médiation de Palau et de Brian, « La médiation peut avoir comme vocation de transformer la violence en conflit, c’est-à-dire en affrontement réglé, socialement et individuellement acceptable ». « Génépi work expérience » répond à ce problème en contribuant à une médiation entre les étudiants du supérieur et le monde du travail, deux entités qui méritent de développer leurs contacts et leurs ententes au profit de chacun.

Le dispositif « génépi work expérience » se lance le défi de concourir à la mise en place progressive de cette médiation, visant pour sa part, à une amélioration de la qualité de vie par un accès à l’emploi.

III_ GENEPI WORK EXPERIENCE : un engagement en faveur des jeunes

1- Le work expérience Pour comprendre toutes les dimensions que prend le dispositif « génépi work expérience », il faut l’intégrer dans un phénomène plus large et qui lui a donné en parti son nom, le work expérience. Le concept de stage ou work expérience n’a pas la même signification en France que dans les pays anglo-saxons. La représentation du stage n’est pas la même. En France : La loi reste floue ou plutôt, laisse une grande liberté pour l’écriture de la convention de stage. On peut trouver quelques renseignements sur les droits et devoirs qui régissent les conventions de stage sur le site Internet des services publics : www.vosdroits.service-public.fr « La convention de stage est conclue entre trois intervenants : un établissement scolaire ou d’enseignement supérieur ou un organisme de formation, une entreprise d’accueil, un stagiaire. L’objectif est pédagogique et se déroule dans un laps de temps bref, dans le cadre de stages d’initiation ou d’application, obligatoires ou facultatifs. Il n’existe pas de contrat de travail dès lors qu’il n’y a pas de prestation de travail effective (le stagiaire n’est pas salarié). En conséquence, il n’y a :
- pas de salaire,
- pas d’inscription sur le registre du personnel,
- pas de visite médical du travail,
- pas d’application des conventions et accords collectifs de l’entreprise.

En revanche, en dépit de l’absence de statut de travailleur salarié, le stagiaire bénéficie des règles protectrices relatives à la durée du travail ainsi, qu’au repos hebdomadaire telles que prévues par le code de travail. Enfin, le stagiaire doit se plier aux horaires et règles de discipline générale, ainsi que d’hygiène et sécurité. La couverture sociale varie selon l’obligation ou non de stage et selon la nature de l’établissement et des classes concernées, conformément au code de sécurité sociale. Sont facultatifs : la gratification, les avantages en nature, la prise en charge des frais. »

Aujourd’hui, le work experience devient de plus en plus présent en France. En effet, de nombreuses formations notamment universitaires demandent et intègrent une expérience de stage au cours de leur cursus. Les périodes de stage deviennent de plus en plus longues afin de répondre à une demande de la part des entreprises, des étudiants, du marché de l’emploi... La demande sociale a donc changé, mais la définition du stage et son statut ne se sont pas pour autant adaptés. Dans la loi et dans les conventions, le stage reste une notion floue qui peut être malléable donc manipulable. Le stage est à la base une période pendant laquelle une personne exerce une activité temporaire dans une entreprise, en vue de sa formation. C’est sur ce dernier point que l’on remarque des dérives. Des entreprises exploitent littéralement des stagiaires remplaçant un poste de salariés. De plus, les étudiants sont souvent perdus face à leur recherche de stage pour rendre l’expérience utile à leur projet professionnel. Cette année, en France, un débat public s’est soulevé autours de cette question qui s’associe souvent à la précarisation de plusieurs statuts.

Dans les pays anglo-saxons : Dans ces pays, le work experience est reconnu comme un réel processus d’éducation. En effet, les stages ne sont pas intégrés dans les cursus scolaires du secondaire comme en France ; Mais ils sont appréhendés comme des situations de pré embauche et pris très au sérieux par les étudiants et les entreprises. Ils s’effectuent majoritairement après l’obtention du diplôme grâce à des structures comme les Graduates.

Aujourd’hui, on compte nombres de programmes spécialisés dans le work experience qui porte en eux une éthique sociale explicite.

The National Council for Work Experience (NCWE), par exemple, promeut, supporte et développe une qualité d’expérience de travail au bénéfice des étudiants, des employeurs et de l’économie. Il explique clairement sur son site internet que : « les étudiants et diplômés peuvent améliorer la compétitivité des entreprises et ils ont besoin d’être prêts à leur obtention de diplôme. »

Ses activités proposent de :
- disséminer l’information et la bonne pratique d’un travail/le bon exercice d’une profession
- encourager et soutenir le développement de la qualité et du niveau des critères.
- accroître toutes formes d’expériences de travail
- encourager plus d’employeurs à fournir plus d’opportunités.
Comme « génépi work expérience », c’est un programme qui se focalise d’avantage sur des étudiants des hautes études et a pour objectif :
- augmenter la qualité et la quantité d’expériences de travail
- rehausser la valeur académique de d’expériences de travail

2- Genèse du « génépi work expérience »
« Génépi work expérience » est un dispositif d’aide à l’accès à l’emploi des étudiants issus de troisième cycle des filières de l’écologie et de l’environnement. En proposant des stages d’entreprise, il met en œuvre une médiation sociétale entre le monde universitaire et le monde du travail.

L’objectif principal est d’acquérir des capacités professionnelles dont la finalité majeure consiste à favoriser l’accès à l’emploi.

2.1.- L’historique du projet
Le concepteur du projet et auteur de l’initiative « génépi work expérience » « Génépi work expérience » est un projet élaboré et une initiative dirigée, depuis octobre 2004, par Gilbert GOUVERNEUR, 56ans, membre du Conseil Fédéral des Amis de la Terre France, président du comité Rhône de l’association écologiste « Les Amis de la Terre ». L’association Les Amis de la Terre milite, en précurseur depuis 1970, pour la défense de l’homme et de son environnement. Les Amis de la Terre est une Ong internationale, qui bénéficie d’un statut de membre consultatif représentant de la société civile, dans de nombreuses instances internationales, notamment à ECOSOC. Depuis de nombreuses années, Les Amis de la Terre participent activement au salon PRIMEVERE et disposent d’un stand d’information du public. C’est un lieu d’information, d’accueil et de rencontres. PRIMEVERE, Salon de l’écologie et des alternatives est un événement majeur pour la communauté militante écologiste lyonnaise tant pour l’ensemble du grand public des nombreux départements limitrophes de Rhône Alpes, que pour un public plus large répertorié en provenance de plus de soixante départements voire même des pays limitrophes tels que la Suisse, l’Allemagne ou l’Italie.

Une rapide étude réalisée lors de cette présence aux dernières éditions montre l’existence de phénomènes remarquables, tels que :  Une participation en constante et significative augmentation, qui se traduit par l’accueil d’un nombre croissant d’interlocuteurs sur le stand pour poser leurs questionnements sociétaux et exposer leurs préoccupations environnementales  Une demande permanente sans réponse émanant des jeunes en recherche d’emplois ou d’étudiants demandeurs de stages d’entreprises,  les métiers de l’écologie et de l’environnement sont les grands absents de ce Salon.

C’est dans ce contexte que l’association Les Amis de la Terre comité du Rhône s’est résolument orientée vers l’axe de l’accès à l’emploi des étudiants issus des 3è cycle des filières de l’écologie et de l’environnement.

Pourquoi « génépi », et pourquoi « work expérience » ? « Génépi » est initialement l’acronyme de « gestion d’expériences novatrices pour l’emploi et pour les initiatives ». Cette déclinaison est susceptible de paraître trop complexe quant à ses buts et finalités, le concepteur a préféré s’attacher à l’image d’une plante, poussé par sa passion de photographe amateur pour la botanique f (photothèque de réalisation personnelle de plus d’un millier de clichés macro). Pendant un laps de temps assez court, le projet s’est construit sous ce vocable « génépi ». Cependant, l’observation du terrain militant montre très vite l’existence d’une « association génépi » Suivant la classification des thésaurus, la recherche et la mise au point du concept « expériences novatrices pour l’emploi » ont abouti à la découverte du « work expérience ». « Work expérience » est un processus d’éducation reconnu et pratiqué depuis longtemps par les pays anglo-saxons (Grande Bretagne, Etats Unis, Canada, Australie) Estimant qu’il n’était pas nécessaire de réinventer l’eau chaude, le concepteur du projet et de l’initiative « génépi » s’est rallié au concept du work expérience dans lequel il a reconnu ses propres expériences. Ainsi « génépi » est devenu « génépi work expérience ».

Le point de départ de l’expérience d’accompagnement : Le concepteur du projet et de l’initiative « génépi work expérience » s’inscrit dans les principes d’une éthique de responsabilité considérant que l’avenir réside dans le potentiel de développement des capacités de la jeunesse et que le chômage doit être ardemment combattu. C’est le point de vue d’un citoyen responsable, sans que cette énonciation relève d’une doctrine ou d’un concept politique au sens de la politique politicienne.

Les problèmes de société notamment la montée du chômage des jeunes l’on conduit à un engagement personnel dans la réalisation de trois parrainages de filleules (une étudiante et deux demandeurs d’emploi). Cette action de solidarité entre les générations s’est déroulée sous la direction de la Jeune Chambre économique de Lyon, dans les années quatre-vingt Pour mener à bien ces missions de parrainage, l’auteur de « génépi work expérience » construit, à partir de sa compétence et de son expérience professionnelle et en lien avec filleules, un cheminement d’accompagnement et une stratégie d’intervention dont l’objectif est de trouver un emploi à ses jeunes protégées.

Aujourd’hui, il est possible de dire que ce cheminement d’accompagnement individualisé était apparenté à l’apprentissage de situations de travail, couplé à une relation de coatching professionnel.

Cette technique d’accompagnement individualisé et de stratégie d’intervention s’est révélée efficace puisque, très ponctuellement au bout de six semaines, chacune des filleules à trouver un emploi dans le secteur professionnel déterminé lors d’entretiens individualisés relatifs à leur projet professionnel. Pour être complet dans l’explication de la démarche de parrainage menée par la Jeune Chambre économique de Lyon, il est nécessaire de préciser que : 1. Ce sont les futures filleules ou filleuls qui choisissent leur parrain ou marraine lors d’une première rencontre informelle, 2. Le concepteur du projet « génépi work expérience » est père de famille d’une fille dans la même tranche d’âge que ses filleules (entre 23 et 26 ans à l’époque), 3. Les filleules parrainées devaient assumer rapidement leur propre existence compte tenu des difficultés matérielles ou sociales (parents en instance de divorce, affaiblissement ou éloignement du rôle du père) des membres de leur famille. Ces vécus ont été ressentis comme déstabilisant par la perte de repères.

Le retour d’expérience de l’accompagnement individualisé Si l’on s’interroge pour connaître la recette ou les facteurs de la réussite d’une telle initiative, l’auteur du « génépi work expérience » explique la nécessité, pour le bénéficiaire, de se positionner dans une stratégie de gagnant à partir des points suivants :
- La motivation individuelle pour un engagement et une implication personnels du candidat sachant qu’il devra produire un effort significatif d’adaptation et d’apprentissage des réalités économiques et sociales,
- développer une confiance en soi en affrontant ses interrogations, ses doutes et ses peurs,
- Découvrir et mettre en cohérence son projet professionnel avec la réalité de l’entreprise ; c’est l’élément moteur dans l’élaboration d’une stratégie de recherche d’emploi,
- Savoir communiquer,
- L’ouverture de l’esprit par des méthodes de raisonnement (analyse systémique, la pensée complexe, etc..) permettant l’analyse d’une problématique environnementale,
- La prise en compte des dimensions multiples (écologie, environnement, responsabilité sociétale de l’entreprise) du développement durable abordé non plus comme une thématique banale d’étude universitaire mais comme une problématique pragmatique d’entreprise,
- Comprendre leur rôle de futur cadre d’entreprise

Une situation permanente reste sans réponse concernant une demande non satisfaite de stages d’entreprise pour les étudiants des 2è et 3è cycles de LMD au cours de leur cursus universitaire,

- De nombreux étudiants éprouvent des difficultés réelles et sérieuses pour aborder la dimension « entreprise » notamment lors de l’élaboration d’une technique ou d’une stratégie de recherche d’emploi (Construction d’un Cv, rédaction d’une lettre de motivation, ciblage pertinent des entreprises à démarcher, phoning de prise de RDV, vocabulaire adapté à l’entreprise, etc....)

- L’inexistence ou l’élaboration partielle du projet professionnel restreint fortement l’accès à l emploi du fait de l’absence d’objectifs personnels ou de projet de vie.

Constatations

Les métiers de l’écologie et de l’environnement, à notre sens sont pleins d’avenir alors qu’ils sont les grands absents des évènements ou des manifestations ouverts au grand public tels que les salons professionnels, les foires ou les expositions.

Ces (nombreux) métiers nouveaux méritent la mise en œuvre d’une véritable action de promotion facilitant leur meilleure insertion dans le monde économique. A quoi bon former de jeunes diplômés dans les domaines de l’écologie et de l’environnement, si diplôme en poche, leur seule issue serait de s’inscrire à l’ANPE et ainsi de grossir les rangs des chômeurs ?

La société civile responsable et citoyenne ne peut accepter une telle hypothèse, pour nos enfants, pour vos enfants.

Positionnement, engagement, agissement

Positionnement a) argumentaire de conviction

Convaincu que le blocage de l’accès à l’emploi des étudiants est préjudiciable d’une manière éthique et morale, mais aussi économique puisque :

- d’une part, le système éducatif forme des jeunes diplômés qui, par absence d’une première expérience professionnelle reconnue, seront affectés à des postes et des fonctions rémunérées au SMIC, c’est-à-dire à des bas salaires : entraînant un gâchis humain conséquent,

- d’autre part, parce que ces formations initiales sont mises en œuvre sur les budget de l’Etat, donc financées par les contribuables comme vous et moi, et ceci en pure perte pour la société si le diplômé n’entre pas dans un poste à la hauteur de sa formation initiale,

- enfin, parce que de ce fait, et sans qu’ils en soient conscients ni mêmes responsables, ils privent ainsi d’emplois un public en grande difficultés économiques, sociales et humaines capables d’assumer pleinement des tâches peu qualifiées que ces diplômés leur subtilisent.

b) une approche originale

 le principe de responsabilité des acteurs : une mission opérationnelle est confiée à chaque stagiaire permettant de comprendre les attentes du futur employeur,

 la confrontation entre la théorie et la pratique par la prise en compte de la réalité des problèmes économiques, sociaux et environnementaux abordés dans l’entreprise. Chaque sujet ou thème de mission est issu d’un champ pratique et d’un cas vécu,

 le principe de citoyenneté : chaque stagiaire à l’obligation de rédiger un mémoire de stage à partir de la mission réalisée. Ce document sera mis en ligne sur site de l’Internet permettant d’une part un partage des connaissances avec le grand public et d’autre part, de constituer une référence inscriptible sur le CV de l’étudiant créditant ainsi son expérience professionnelle,

 la promotion du concept de développement durable : ce concept à rarement fait l’objet de travaux pratiques dans les universités ; « génépi work expérience » met en œuvre une pédagogie d’éducation à l’environnement et au développement durable (EEDD),

 la confrontation constructive à des modes de pensée : l’ouverture d’esprit de l’étudiant par d’autres logiques de raisonnement (par exemple : l’approche transversale, la pensée complexe, la prospective, etc..) doit lui permettre de sortir des cadres de pensée traditionnels afin d’appréhender toute l’amplitude des problématiques qu’il aura à traiter dans l’exercice des ses futurs fonctions de cadre d’entreprise

Engagement

Conscient de cette réalité peu conforme aux attentes et aspirations des jeunes étudiants, mais aussi citoyen responsable, l’auteur s’est placé dans un contexte en recherche de solutions capables d’apporter une réponse lors de la construction de « génépi work expérience ».

La finalité du dispositif fonctionnel « génépi work expérience » est résolument orientée vers l’accès à l’emploi des étudiants issus des 3è cycle des filières de l’écologie et de l’environnement.

Pour ces étudiants diplômés, l’accès à l’emploi c’est l’entrée dans la vie active avec en prime l’autonomie financière qui permet de s’émanciper et de construire un projet de vie. Cependant, le marché du travail requiert tant la qualification professionnelle que la compétence. Or cette dernière s’acquière par une pratique en entreprise.

Pour faciliter cette mise sur le marché de l’emploi un dispositif fonctionnel d’apprentissage des situations de travail « génépi work expérience » tend à s’imposer comme une réponse adaptée à une problématique sociale.

Vous l’aurez compris, « génépi work expérience » met en oeuvre une médiation sociétale entre le monde universitaire (dispensateur des théories et des savoirs) et le monde économique des entreprises (dispensateur des compétences pratiques).

Agissements

L’initiative a été lancée en octobre 2004, sur le site www.amisdelaterre.org sous la forme de « propositions de stages d’entreprise ». Sur ce même site, de nombreux articles sont venus compléter l’information des étudiants notamment sur les modalités pratiques des stages.

La fréquentation de ce site montre l’existence de plus de 8.500 consultations depuis la mise en ligne, un carnet d’enregistrement de près d’une centaine de candidatures.

Cette première période d’un an, nous permet de constater que :
- les candidatures et sollicitations de stages proviennent d’un grand nombre d’universités françaises (Lyon, Bordeaux, Limoges, Paris, Caen, Strasbourg, Angers)
- une demande récente de stages d’entreprise provenant d’étudiants étrangers (Canada, Maroc, Italie, Tunisie, Algérie, Côte d’Ivoire ; Sénégal, Espagne, Egypte).

C’est tout l’attrait d’une diffusion sur l’Internet qui est mis en évidence. Nous considérons ce phénomène comme des signaux qu’il conviendrait d’analyser pour connaître la portée exacte du dispositif « génépi work expérience ».

Notre équipe pédagogique ne pourra ignorer cette problématique inattendue et devra :

- construire une ingénierie sociale de réponse adaptée,

- élargir ses compétences par l’accueil de nouveaux publics (public en difficultés ; notamment par une prise en compte du traitement des discriminations et de l’égalité des chances),

- assurer la diffusion des résultats à tous ses partenaires pour enrichir leurs connaissances réciproques.

C’est un véritable défi qu’il s’agit de relever requérant la professionnalisation du « génépi work expérience » suivant un référentiel « qualité ».

3- Analyse des candidatures à Génépi Work Expérience Les attentes des jeunes stagiaires par rapport :

- à la recherche d’une première expérience professionnelle significative

- au rôle social de l’entreprise

- aux utopies environnementales

- à la contribution possible de l’ONG « les amis de la terre » dans leurs aspirations, personnelles et professionnelles, au développement durable.

Le dispositif « génépi work expérience » a de plus en plus de succès aux yeux des étudiants. Le nombre grandissant de candidatures montre ainsi qu’il a toute sa place dans le monde qui tente de relier chaque jour la vie universitaire et la vie active.

Ce phénomène mérite donc qu’on essaye de comprendre le processus qui sous tend à chaque candidature, afin de mieux cerner les attentes des étudiants. Les données contenues dans les lettres de motivation font ressortir de ces candidatures les attentes générales qui ont poussés ces individus à faire appel à « génépi work expérience ».

Ce dossier est composé de 82 candidatures (curriculum vitae et lettre de motivation) provenant d’étudiants de toutes les régions de France, voir même de pays étrangers.

Elles ont été traitées selon six thèmes afin de cerner les différentes attentes :

- leurs attentes envers leur formation,

- leurs attentes envers l’ONG, Les Amis de la Terre,

- leurs attentes envers les entreprises en général,

- leurs attentes envers eux-mêmes,

- leurs attentes par rapport à l’emploi,

- leurs attentes par rapport aux problématiques environnementales.

En premier lieu, ces lettres de motivation évoquent un contexte difficile de préparation au monde du travail. Les candidats évoquent souvent un manque de connaissances pratiques dans l’apprentissage universitaire. Plus précisément dans les formations qui relèvent spécifiquement de l’écologie et de l’environnement, les aspects techniques, économiques et sociaux ne sont pas assez approfondis.

Paradoxalement ou plutôt pour combler ces manques de « pratique », les jurys des entrées en Master II ou autres filières supérieures, privilégient et recommandent un maximum d’expériences professionnelles.

Les stages sont donc une occasion indispensable d’acquérir une expérience pratique reconnue par l’institut de formation qui lui accorde un suivi pédagogique.

La volonté générale est de mettre en application les connaissances théoriques apprises pendant les études, mais aussi de les compléter par des connaissances issues du terrain.

Les ONG sont un cadre particulier d’apprentissage qui permet une approche différente à l’environnement et à l’écologie. Leurs problématiques sont au plus proche du terrain et de la réalité environnementale.

Les étudiants ont pris conscience à travers leur formation du rôle prépondérant des ONG comme acteurs incontournables des questions du développement durable. Après avoir découvert des structures privées à travers leurs stages précédents, ils souhaitent découvrir les structures associatives et connaître de l’intérieur le fonctionnement des ONG.

De plus, elles sont le cadre favorable au développement de l’esprit critique du stagiaire, qui devient alors un citoyen à part entière avec ses opinions personnelles et politiques. L’enseignement universitaire participe à l’ouverture d’esprit ainsi qu’à la pensée critique, mais c’est un lieu apolitique qui n’encourage pas à la prise de position.

Toutes les candidatures font ressortir un certain engagement, une volonté d’agir concrètement dans les problématiques liées au développement durable. Beaucoup souhaitent donner du sens à leur futur travail et désirent faire rejoindre aspirations personnelles et compétences professionnelles.

Les ONG, comme Les Amis de la Terre, répondent à cela en proposant des sujets engagés et originaux. Mais après l’obligation universitaire, le stage est l’objet de la préparation à l’insertion professionnelle.

Le suivi du stage est considérable dans la réussite universitaire mais aussi dans les débuts de la vie active. Génépi Work Expérience propose un suivi pédagogique poussé de chaque stage qui permet d’approfondir les connaissances, et du même temps, de profiler le projet professionnel inhérent à chaque étudiant. Cette méthode a séduit bon nombre d’étudiants qui tentent à travers leurs expériences professionnelles de se spécialiser afin de trouver leur voie.

Même après l’obtention des diplômes, les difficultés pour trouver un poste permanent sont bien réelles et les stages permettent ainsi de rester dans une démarche active d’apprentissage.

Les attentes des étudiants étrangers recoupent les souhaits déjà rencontrés, en ce qui concerne le besoin de formation pratique, mais aussi la volonté de connaître le fonctionnement des ONG. L’expérience professionnelle étrangère est, bien sûr, un atout incontestable dans un Curriculum Vitae. A cela, on peut ajouter qu’il existe une volonté très forte de s’engager, voir militer, afin de participer à l’amélioration du cadre de vie de leur pays d’origine. En effet, en ce qui concerne les pays du sud, les ONG sont très présentes sur les terrains d’actions et, aussi de plus en plus, dans les décisions gouvernementales.

IV_ GENEPI WORK EXPERIENCE FACTEUR DE MEDIATION  : une réponse possible à ce conflit ?

L’IMPACT :

- L’impact est d’abord sociétal, car « génépi work expérience » répond à des besoins non satisfaits. La demande de stages de la part des jeunes diplômés ou non diplômés augmente de jours en jours ; on prendra notamment en compte les jeunes actifs qui voient dans le stage un moyen d’augmenter leurs chances de trouver un emploi stable.

Cette demande n’est plus assurée ou mal assurée, de part les problèmes de définition du statut du stagiaire et les vrais objectifs de cette expérience (objectifs pédagogiques).

Le public visé est donc une population en difficulté, les jeunes diplômés en recherche d’emploi.

Cela permet de répondre à une autre demande, qui est celle du marché de l’emploi.

Le domaine des métiers de l’environnement et de l’écologie est en plein essor, car la Société a besoin de spécialistes de ces sujets cruciaux pour traiter des problématiques actuels.

Les formations universitaires se sont développées en grand nombre ainsi que leurs adhérents, mais on peut constater qu’il existe un manque de professionnalisation important qui freine la reconnaissance de qualification des jeunes diplômés sur le marché du travail.

- Puis l’impact se porte sur la cohésion sociale. « Génépi work expérience » contribue à la réduction d’inégalités. En s’établissant comme dispositif non lucratif, il sélectionne ses stagiaires sur leurs potentiels et leur projet professionnel. C’est une stratégie pédagogique qui permet de donner la même chance pour tous les candidats.

Une démarche est en cours pour assurer un financement aux stagiaires, car beaucoup n’ont pas les possibilités financières de s’engager dans un stage à plein temps. Comme de nombreuses statistiques l’ont montrées, un étudiant sur trois doit travailler pour payer ses études.

De plus, les étudiants ayant effectués des stages sont en position d’élites, autant sur le marché du travail que sur les chances d’être recrutés dans les formations supérieures.

Cette chance de pouvoir développer ses compétences et son potentiel doit être ouverte à tous ; c’est pourquoi « génépi work expérience » souhaite participer à une politique d’égalité des chances.

- « Génépi work expérience » : relais pour la promotion de l’égalité des chances

L’année 2006 se dit l’année de l’égalité des chances et il est important de voir plus précisément comment « génépi work expérience » en réduisant les inégalités, concoure à une démarche d’utilité sociale.

La loi pour l’égalité des chances comprend cinq axes :

- des mesures pour l’éducation, l’emploi et le développement économique

- des mesures relatives à l’égalité des chances et à la lutte contre les discriminations

- des mesures visant à aider les parents à exercer leur autorité parentale

- le renforcement du pouvoir des maires en matière de lutte contre les incivilités

- création du service civil volontaire.

« Génépi work expérience » peut s’accorder avec les deux premiers titres.

Cependant, c’est un dispositif qui a le mérite de ne pas s’adresser seulement à une population victime de discrimination ; il offre ses services à tous, et c’est en cela qu’il participe à l’égalité des chances. Il véhicule une certaine vision de l’égalité (la sélection des candidats se fait sur leurs potentiels), qui s’oppose à la discrimination positive (imposer une égalité et une certaine tolérance).

Ces deux stratégies concourent au même objectif qui est l’intégration, mais ce sont les moyens employés qui diffèrent.

- Génépi Work Expérience : un outil pour l’utilité sociale

Je propose ici d’étudier le concept d’utilité sociale grâce aux travaux de l’Agence de Valorisation des Initiatives économiques et sociales d’avril 2003.

L’utilité sociale est un concept qui prend de plus en plus d’importance car le secteur qui lui est rattaché se développe particulièrement. Il s’agit du tiers secteur.

Le tiers secteur est l’intersection entre l’économie sociale et l’économie solidaire. Afin de se définir et se différencier des autres secteurs, il se réclame d’utilité sociale ou producteur de lien social.

Pour cela, il a fallu convenir des critères relevant de ce caractère.

Selon Culture et Promotion en 2001, « les associations se représentent l’utilité sociale comme consistant à :

- répondre à un besoin social non satisfait,

- renforcer l’autonomie des personnes

- favoriser la participation des personnes à la Société,

- susciter des dynamiques collectives de territoires. »

Il a fallu rajouter quelques précisions quant aux objectifs de l’association qui se réclament d’utilité sociale car la définition de ce concept est assez large pour englober les autres secteurs notamment privés. Car ce qui est en cause ici c’est le terme social car les entreprises en général ont une utilité sociale en produisant richesses et emplois pour la Société. Thierry Guillois précise donc que « il y a utilité sociale lorsque la collectivité, au sens large ou au plus restreint du terme, profite aussi des effets produits par les prestations associatives et que ce bénéfice collectif est recherché en tant que tel par l’association ».

C’est un débat complexe qui implique un enjeu social considérable, celui de l’avenir et de la reconnaissance du tiers secteur.

Beaucoup critiquent le fait que les projets d’utilité sociale sont en fait destinés à une population exclue impliquant donc une discrimination dans les prestations associatives reçues. La définition de l’utilité sociale devrait d’établir selon la nature des projets et non selon le public visé.

Peut on parler d’utilité sociale en ce qui concerne « génépi work expérience » ?

Les critères relevés dans le rapport sur l’évaluation de l’utilité sociale et les médiations découvertes lors de cette étude nous montre que « génépi work expérience » requiert un caractère d’utilité sociale.

Les médiations que produit ce dispositif permettent de garantir une certaine cohésion sociale en participant à l’insertion sociale d’individus souvent exclus. La cohésion sociale est indispensable à la survie d’une société ainsi que de sa culture.

« Le produit : est d’utilité sociale l’activité qui tend à satisfaire un besoin qui n’est pas pris en compte par le marché ou qui l’est de façon peu satisfaisante. » Le marché fournit mal la demande de stages des étudiants et souvent de mauvaise qualité. La demande est de plus en plus grande et « génépi work expérience » répond en parti à celle-ci.

« Le public : sont susceptibles d’être d’utilité sociale les actes payant réalisés principalement au profit de personnes justifiant l’octroi d’avantages particuliers au vu de leur situation économique, sociale ou humaine. » « Génépi work expérience » permet d’aider les étudiants qui sont victimes de discrimination, mais il travaille aussi à la réussite de leur insertion professionnelle, donc à leur indépendance économique. De plus, il tente de trouver des financements pour rémunérer les stagiaires, ce qui participe à l’égalité des chances (beaucoup d’étudiants sont obligés de travailler en dehors des horaires de stage).

La gestion du dispositif montre une gestion démocratique et participative car elle est en adéquation avec l’association Les Amis de la Terre. Il ne concurrence pas d’entreprise et participe à une certaine égalité des chances.

L’utilité sociale d’une entreprise est souvent évaluée selon ses actions en matière de responsabilité sociale. La notion de responsabilité sociale est apparu dans les année soixante avec l’ISR, l’Investissement Socialement Responsable, qui permet de juger de la nature d’une entreprise grâce à des critères souvent éthiques, mais aussi environnementaux, sociaux, citoyens, financiers, fondés sur le développement durable, sur la théorie « stakeholder » (dialogue entre l’entreprise et les parties prenantes).

- « génépi work expérience » et le développement durable : solidarité intergénérationnelle ?

Un point important ressort ici, le développement durable. En effet, la notion de responsabilité sociale est incontestablement liée aux critères du développement durable.

Selon le rapport Brundland de 1987, « le développement durable est un développement apte à répondre aux besoins du présent sans compromettre la possibilité de répondre aux besoins des générations à venir ».

L’ORSE, Observatoire de la Responsabilité Sociale des Entreprises, travaille pour une prise de conscience des entreprises envers leurs devoirs environnementaux, sociaux et économiques pour les générations futures.

La responsabilité sociale (RSE) est donc « l’intégration volontaire des préoccupations sociales et écologiques des entreprises à leurs activités commerciales et leurs relations avec les parties prenantes ». Cependant les démarches se multiplient car la RSE a un avantage économique. L’association Alliances qui promeut la RSE, arrivent à convaincre les entreprises grâce à cela :

« Les entreprises ont intérêt à développer leur Responsabilité Sociale et Environnementale pour accroître leurs performances commerciales et financières, pour réduire à terme les risques industriels et écologiques et renforcer leur compétitivité : »

« Les PME ont également intérêt à intégrer ce concept dans leur stratégie à partir du moment où la RSE influe sur l’image et la réputation de l’Entreprise, sur la motivation de ses salariés actuels ou potentiels et de celle de ses clients, ou sur les possibilités de financement et de cotraitance (avec des Grandes Entreprises de plus en plus soumises à des cotations éthiques). »

Beaucoup d’associations et d’organismes travaillent actuellement sur cette notion, notamment au niveau européen, pour l’application de certains devoirs des entreprises envers la société.

Les Amis de la Terre et Génépi Work Expérience la place au cœur de leurs revendications, car le rôle social et sociétal de l’entreprise est, plus que jamais, décisif pour l’établissement des premiers jalons d’un développement durable.

IMS, Entreprendre pour la cité est une association qui travaille ardemment à ce projet de société. Claude Bebear, son président, résume leur politique ainsi : « Le rôle de l’entreprise n’est pas seulement économique...Chaque entreprise doit pouvoir s’investir avec les moyens dont elle dispose, afin que la Cité se porte mieux ».

L’objectif ici est d’encourager les entreprises à intégrer dans leur politique de responsabilité sociale des démarches sociétales innovantes.

C’est une structure qui favorise les médiations entre entreprises et associations, mais aussi avec la Société Civile ; elle permet aussi de favoriser l’inventivité des actions concrètes d’utilité sociale. Ces types d’actions s’inscrivent dans une démarche de développement durable mais aussi de lutte contre l’exclusion.

« Génépi work expérience » s’intègre tout à fait dans cette optique, puisque il s’inclue dans les idées des Amis de la Terre qui sont très engagés dans le développement durable.

Ce dispositif travaille notamment à construire un avenir durable pour les jeunes, et c’est en agissant concrètement pour les générations futures que l’on peut affirmer qu’il participe au développement durable.

De plus, les stagiaires travaillent sur ces notions même de responsabilité sociale à travers leurs sujets d’étude incluant ainsi le facteur de l’Europe. Ses objectifs concernant la RSE se rapprochent du Livre vert crée en 2001 pour « promouvoir un cadre européen pour la responsabilité sociale des entreprises ». C’est un travail de longue haleine, car les critères pour définir la RSE sont définis différemment selon les pays.

L’utilité sociale de Génépi Work Expérience se place à un double niveau :

- Il existe une production d’utilité individuelle (pour les stagiaires eux-mêmes)

- Mais il existe bien une production d’utilité collective, c’est-à-dire qui s’adresse aux non destinataires (les non-stagaires).

Selon Jean Gadrey, ce collectif de non destinataires bénéficie de biens collectifs ou « biens publics » (économiques, sociaux, environnementaux).

Et c’est lorsque l’activité devient utile à ces biens collectifs que l’on peut évaluer l’utilité sociale.

V_ GENEPI WORK EXPERIENCE DANS LA MEDIATION SOCIALE

5.1 Médiation sociale ou sociétale ?

La médiation qu’effectue le dispositif « génépi work expérience » ne se contente pas d’appartenir à une spécificité, mais comporte en elle toute la transversalité spécifique à ce domaine.

On a pu voir dans le chapitre sur la médiation sociale qu’il s’inscrit bien dans une démarche sociale.

Il intervient dans la prévention d’un conflit social, il régule les tensions et re-crée du lien social. Mais, il semblerait que les actions de médiation qu’il entreprend aillent plus loin.

L’adjectif « sociétal » est de plus en plus employé dans les analyses sociologique ou même politique. Or, il est difficile de le définir.

Le petit Larousse le définit ainsi : "Qui se rapporte aux divers aspects de la vie sociale des individus." C’est un terme très flou, mais qui implique de nombreuses valeurs.

Ainsi, L’économiste André-Jacques Holbecq a conçu sa propre définition : "Qui se rapporte à la structure, à l’organisation ou au fonctionnement de la société. La finalité d’un groupe ("la société humaine") au travers de son épanouissement conditionne réciproquement l’épanouissement de chacun des individus composant le groupe."

Globalement, le terme sociétal renvoie à la situation de l’Homme à travers son environnement. Contrairement à l’adjectif social qui renvoie uniquement aux hommes isolés de leur environnement.

La médiation sociétale quant à elle, signifie l’ « action de mettre en relation deux termes afin de constituer ou développer du lien social, et de traiter ou prévenir d’éventuels conflits ». (La médiation de Palau et Briant).

Il est donc justifié de prétendre que le dispositif « génépi work expérience » produit une médiation sociétale, parallèlement à une médiation sociale. Il permet l’épanouissement des individus, avec notamment comme objectif, l’épanouissement d’un groupe plus large, la société humaine.

5.2 Médiation préventive ou curative ?

On peut parler de médiation curative, car il s’agit là d’un contexte conflictuel. « Génépi work expérience » permet donc de répondre en partie à des besoins de la part des différents acteurs, les étudiants et les entreprises.

Il tente de combler le « vide » entre ces deux partis en recréant une qualité de communication afin d’établir des nouveaux liens.

La critique généralement faite au terme de médiation est qu’il est aujourd’hui de plus en plus utilisé dans les discours officiels, sans qu’il y ait pour autant une réelle volonté de changement.

Ces pratiques servent souvent de « tampons » aux situations conflictuelles en négligeant les problèmes de fonds.

On trouve particulièrement cette critique pour la médiation sociale, avec comme idée que ces pratiques reproduisent le système déjà existant et souvent inégalitaire.

Or, avec « génépi work expérience », on participe à une critique de ce système. Il est moteur de changement qui apporte des critiques constructives à travers ses sujets.

On peut donc parler d’une médiation préventive, car la médiation pratiquée anticipe pour proposer des nouvelles formes de communication.

Selon Catherine Delcroix, on peut définir deux idéaux types :

 médiation relais : faire adapter les citoyens aux institutions,

 médiation critique : faire changer la norme, c’est les institutions qui s’adaptent aux citoyens.

Mais en réalité, les formes concrètes de médiation utilisent ces deux idéaux types.

Ce sociologue se pose une question fondamentale : « Au-delà de l’utilisation « fourre-tout » du terme de médiation, qui peut servir à masquer des tensions, le phénomène contient-il les prémisses d’un paradigme d’auto organisation des milieux sociaux contribuant au renforcement de la société civile ? Il faudra replacer le phénomène dans le cadre général de l’évolution de la société française, et montrer dans quelles conditions il peut favoriser une refonte du modèle français de démocratie. »

Le concept de médiation implique donc un certain projet de société, travaillant sur l’engagement et la participation des citoyens. La diversification des pratiques de médiation a l’avantage de créer des formes locales de participation et d’autogestion des conflits.

5.3. - Les médiations sociétales de « génépi work expérience » :

1. - médiation entre les CULTURES : ETUDIANTS ET ENTREPRISE

- attentes des étudiants

- attentes des entreprises

- responsabilité sociale de l’entreprise

2. - médiation entre les PARCOURS : PERSONNEL ET PROFESSIONNEL

- stages : expériences dans le monde du travail, avantage pour l’affirmation du projet professionnel

- université

- précarité : empêche un avenir (professionnel et personnel) durable

3. - médiation entre les INSTITUTIONS : ORGANISATIONS ET SOCIETE

- société civile

- dispositifs de médiation : FASILD, AFIJ, FACE, CREPI, AGIR-abcd, TRACE, TEE, FSE...

- politiques nationales et européennes pour l’emploi

4. - médiation entre les GENERATIONS : ACTIFS ET ETUDIANTS

- préparer les jeunes générations à reprendre « le flambeau » de la génération du papy-boom

- transmission des savoirs

5. - médiation entre les ACTEURS : ENTREPRISE ET ONG

- rôle des ONG aujourd’hui

- ONG acteur innovant

6. - médiation entre les APPRENTISSAGES : THEORIE ET PRATIQUE

- stage pratique

- formation et évaluation des acquis dans les universités

7. - médiation entre les ENJEUX : FORMATION ET EMPLOI

- évolution du rapport au travail (compétence, employabilité...)

- chômage des jeunes diplômés (ou sous qualification)

- égalité des chances

8.- médiation entre les enjeux sociaux INSERTION SOCIALE et EXCLUSION

VI _ GENEPI WORK EXPERIENCE DANS L’ECONOMIE SOCIALE

L’économie sociale et solidaire est un secteur économique à part entière qui agit sur le marché avec les principes suivants :

Principes de l’Economie Sociale et Solidaire

- La liberté d’adhésion : nul ne peut être contraint d’adhérer ou de demeurer adhérent à une structure de l’économie sociale. Ce principe est évidemment au cœur de la vie associative. Dans le champ coopératif, il a une conséquence importante : les entreprises coopératives sont nécessairement des sociétés à capital variable, car les salariés, qui sont également des associés, doivent pouvoir librement vendre leurs parts à la coopérative s’ils souhaitent la quitter.

- La non-lucrativité individuelle : ce principe n’interdit pas la constitution d’excédents financiers - les coopératives, les mutuelles et certaines associations disposent d’excédents importants - mais il en interdit l’appropriation individuelle. Cette règle est absolue dans les associations, où aucun dividende ne peut être versé aux adhérents. Elle est relative dans les coopératives, où les salariés peuvent recevoir individuellement une part du bénéfice réalisé, sous la forme de participation ou de dividendes. Une coopérative ne peut en revanche être vendue et le fruit de la vente partagée entre les coopérateurs.

- La gestion démocratique : les décisions stratégiques se prennent en Assemblée Générales selon le principe : une personne = une voix. Chaque membre compte pour une voix, quel que soit son apport (en capital dans une coopérative, ou en temps dans une association).

- L’utilité collective ou l’utilité sociale du projet : une structure de l’Economie Sociale est nécessairement au service d’un projet collectif et non d’un projet conduit par une personne dans son propre intérêt. Ce « collectif » peut être un territoire : les sociétés coopératives d’intérêt collectif (Scic), par exemple, sont généralement des outils de développement local. Il peut être aussi un groupe social : les mutuelles ou les banques coopératives se sont créées pour répondre aux besoins spécifiques des artisans, commerçants, instituteurs... Ou bien un collectif de travail : les salariés des Sociétés Coopératives de Production (SCOP) s’unissent pour valoriser ensemble le fruit de leur travail. Ou encore une idée : des associations se constituent pour promouvoir un projet...

La notion d’utilité sociale se réfère, quant à elle, à une démarche participative associant de multiples partenaires (usagers, salariés, pouvoirs publics, réseaux associatifs...) à la définition des biens et des services qui doivent être produits.

- La mixité des ressources : les ressources de ce secteur sont soient privées (coopératives et mutuelles), soit mixtes (associations). Les organismes de l’économie sociale et solidaire sont indépendants des pouvoirs publics, mais ils peuvent être reconnus comme interlocuteurs privilégiés dans la mise en œuvre de politiques d’intérêt général (emploi, santé, développement local, solidarité Nord-Sud...) et avoir droit en conséquence à des subventions, des aides spécifiques à l’emploi ou des avantages fiscaux .

 L’économie sociale et solidaire se place sur le secteur marchand et non marchand.

 L’économie sociale et solidaire participe donc à une autre façon de penser l’économie et s’exprime à travers des dizaines de milliers de projets dans les pays du Nord comme du Sud. En France 10% des emplois sont issus de l’économie sociale et solidaire.

 Les projets d’économie sociale et solidaire reposent sur une éthique de création de richesse, d’équité dans l’accès aux ressources et de valorisation de la diversité culturelle.

Les acteurs de l’Economie sociale et solidaire prennent en compte la dimension territoriale de leur activité et sont donc des acteurs du développement durable.

Quelques sites Internet sur l’Economie Sociale et Solidaire :

- www.univ-tlse2.fr/cerise : site du centre européen de Recherche sur les Initiatives sociales et économiques (Cerise) de l’université de Toulouse-le Mirail. Bonne base de recherche malgré une interface peu attractive.

- www.ceges.org : le Conseil des Entreprises et Groupements de l’Economie Sociale fédère l’ensemble des familles de coopératives et mutualistes en France (700 000 entreprises)

- www.cress-rhone-alpes.org : site de la Chambre Régionale de l’Economie Sociale et Solidaire.

- www.novethic.fr : Novethic

- www.esfin-ides.com : Institut de développement de l’économie sociale

- www.scop.coop : Scop Entreprises

- autres dispositifs, autres expériences...

« Génépi work expérience » s’inscrit dans un mouvement associatif ou plus globalement, dans la Société Civile, qui s’érige pour lutter contre les problèmes sociaux.

La Société Civile est un terme assez ambigu, qui mérite que l’on s’attarde sur sa définition. Elle a connu un grand changement de signification. Selon l’historique de Dominique Wolton qui travaille sur le lien entre culture, société, communication et politique, « La notion de société civile est opposée à l’État, pour signifier ce qui relève du domaine privé, de la société sans l’État. ». Mais, on constate aujourd’hui qu’elle est aujourd’hui plus que jamais omniprésente sur la scène politique.

C’est un contre pouvoir international qui critique, exige mais aussi propose des solutions aux politiques internationales.

Ainsi, Dominique Colas propose une définition qui est mieux adapté aux évolutions de la Société. « Elle désigne la vie sociale organisée selon sa propre logique, notamment associative, qui assurerait la dynamique économique, culturelle et politique ».

Le Livre Blanc de la gouvernance de l’union européenne donne cette définition : "La société civile regroupe notamment les organisations syndicales et patronales (les "partenaires sociaux"), les organisations non gouvernementales (ONG), les associations professionnelles, les organisations caritatives, les organisations de base, les organisations qui impliquent les citoyens dans la vie locale et municipale, avec une contribution spécifique des églises et communautés religieuses".

Selon François Rangeon, la Société Civile d’aujourd’hui correspond à un mythe politique. « Avant d’être un concept ou une idée, la société civile évoque d’abord un ensemble de valeurs positives : l’autonomie, la responsabilité, la prise en charge par les individus eux-mêmes de leurs propres problèmes. »

Les citoyens se raccrochent de plus en plus à ces valeurs, et un nombre d’entre eux grandissant apporte leurs soutiens et leurs participations à la Société Civile. Les dynamiques associatives participent à une certaine démocratisation des sociétés en luttant notamment contre l’exclusion sociale.

Depuis environ vingt-cinq ans, de nombreuses initiatives d’insertion par l’activité économique ont pris pied dans la société française pour innover et proposer des nouvelles formes de solidarités.

Qu’est ce que l’insertion par l’économique et quelles sont donc ses utilités sociales ?

« Le concept d’insertion par l’activité économique, ou IAE, s’organise autour de structure spécifiques et d’une méthode générale. Les structures sont aujourd’hui les entreprises d’insertion, les entreprises d’intérim d’insertion, les associations intermédiaires, les groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification, les régies de quartier, les centres d’adaptation à la vie active et autres structures mises en place par les centres d’hébergement et de réinsertion sociale, et les chantiers école. La méthode consiste à mettre en place les conditions particulières d’exercice de l’activité, donc d’accès au travail, permettant aux populations les plus fragiles d’accéder au marché de l’emploi.

L’objectif est donc clair : instituer un sas vers l’emploi au moyen d’une activité économique. Par combinaison de ces deux éléments, relèvent de l’insertion par l’économique toutes les structures qui associent exercice d’une activité et fonction d’insertion ». J.P.Willems ; l’insertion par l’activité économique et le droit du travail. Rapport à l’instance d’Evaluation de l’insertion par l’activité économique du commissariat Général du Plan, Université de Toulouse, mai 1996.

Les actions d’insertion par l’économique ont une triple utilité en plus d’être utiles aux personnes bénéficiaires. Selon la FNARS, Fédération Nationale des Associations d’Accueil et de réadaptation Sociale (document de 1997), elles permettent de gérer la misère, de résister à la destruction des personnes et de contribuer au développement des territoires.

Ces associations tentent donc de prouver leur utilité publique en montrant qu’elles répondent bien à une demande sociale que les institutions ne sont plus capables, ou ne veulent plus y répondre.

De nombreux programmes (1998 : TRACE : trajet pour l’accès à l’emploi, remplacé en 2004 par le CIVIS : contrat d’insertion dans la vie sociale) ont été lancés et financés par l’Etat et les régions, pour aider à l’insertion des jeunes dans le monde du travail. Ces programmes proposent une coopération avec des dispositifs déjà existants, et proches du terrain, qui prennent alors le rôle de « opérateurs externes dits spécialisés ». A l’époque déjà, on appelait aux savoirs-faire et connaissances du milieu associatif.

L’inconvénient de ces programmes est qu’il ne laisse pas de place à l’innovation ni de liberté d’action aux associations. Ces acteurs sont pourtant les mieux placés pour une évaluation de la situation car leurs projets s’inscrivent sur le long terme.

Ainsi, le nombre de dispositifs augmente significativement pour faire face à une demande de plus en plus importante. Certaines associations utilisent les réseaux d’entreprises (CREPI), d’autres, la méthode des parrainages (AFIJ, AGIRabcd...),

Mais toutes ont le même objectif : aider à l’insertion par l’activité économique. Elles se définissent comme des « relais » face aux difficultés de communication entres les différents acteurs.

Les chômeurs, les salariés précaires, les immigrés, les jeunes, les stagiaires... La population des « exclus » augmente de jours en jours et les aides sociales ne suffisent plus. Ces associations deviennent ainsi le lieu d’innovation de nouvelles formes de solidarité (SNC : solidarités nouvelles face au chômage). Elles sont de plus en plus nombreuses, de mieux en mieux organisées, de plus en plus soutenues, de plus en plus efficaces...Elles deviennent malgré elles le dernier espoir face aux lacunes des politiques.

Le principe d’égalité sous-tend à chacune de ces missions. Tout citoyen français doit avoir la possibilité d’obtenir un emploi durable afin de s’intégrer dans la société. Ainsi, les associations qui luttent contre les discriminations à l’emploi font parties de ce mouvement d’égalité des chances. Le FASILD (fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte conte les discriminations) tente de mener à bien cette lourde tâche qui est de faire évoluer les mentalités.

Le Fond Social Européen (FSE) a lancé l’appel à projets « emplois et territoires » afin de soutenir les initiatives locales liées à l’emploi. Il a été clos en septembre 2004 et vise à soutenir 100 initiatives avant fin 2008. Ce projet a pour but de « stimuler l’élaboration ou la consolidation des nouvelles formes de partenariat entre acteurs locaux publics et privés, porteurs d’un projet intégré et durable de développement de l’emploi sur leur territoire ».

L’Europe soutient aussi le programme des « emplois tremplins » pour aider le monde associatif et ses besoins de salariés. En effet, ce secteur ne peut plus subvenir à la demande sociale seulement grâce à des bénévoles. L’Europe, ainsi que les régions, s’engagent donc à aider financièrement les associations qui souhaitent embaucher. En contre partie, l’association doit s’engager à financer des formations pour l’employé afin de construire son projet professionnel et maintenir son employabilité.

Ces nouvelles stratégies européennes prennent enfin en compte le secteur associatif comme acteur dynamique. Les retombées et missions de ces associations ont de nombreuses fois prouvé leur efficacité. Leur relation locale à la population leur permet d’être plus à même de conseiller mais aussi de comprendre le contexte d’une situation. Ainsi, les projets sont mieux ciblés et plus efficaces. L’Europe tente donc aujourd’hui de soutenir les initiatives locales pour mieux adapter les stratégies pour l’emploi en fonction des territoires.

Cette évolution d’opinion de l’Europe peut éveiller quelques doutes pourtant quant à une réelle volonté de prise en compte du « local ».

C’est une façon de se « décharger sur le monde associatif » au lieu de se pencher sur les vraies raisons qui ont poussé le chômage à progresser et la précarité de s’installer.

Les associations répondent bien à un besoin non satisfait qui est l’accompagnement à l’emploi ; mais elles véhiculent un projet de société où l’avenir serait durable. La stabilité dans la vie professionnelle ainsi que l’intégration par le travail sont deux aspects qui tiennent à cœur les français, comme on a pu le voir lors des derniers évènements de mars avril 2006.

Le milieu associatif n’a pas les clés en main pour répondre à la demande des citoyens.

C’est aux politiques nationales et européennes de prendre en compte les attentes des populations et de se responsabiliser quant aux solutions à envisager. L’espoir se pose donc sur l’influence des initiatives locales sur les grandes décisions politiques. Mais les répercussions de ces nouvelles solidarités sur ces dernières sont encore faibles comme l’explique J.P.Dardaud (économie et humanisme n°334, octobre 1995) : « Les initiatives locales ont d’autant plus de mal à faire face à ces contraintes qu’elles se situent sur un terrain qui n’est pas le leur, celui des politiques nationales et européennes, celui des rapports de forces globaux ». Il nous faut espérer que l’émergence de ces réseaux au niveau international saura se définir comme contre-pouvoir social ; un contre pouvoir qui est nécessaire et obligatoire pour former les rapports de force qu’exige une démocratie.

- lutte contre l’exclusion

Les associations et dispositifs que l’on a vu ci-dessus, font appel à la lutte contre l’exclusion comme valeur centrale et revendication.

Mais qu’est ce que l’exclusion, ce « mot valise », à la mode, employé dans toutes ses formes ?

L’exclusion est généralement liée aux critères de pauvreté et de privation d’emploi, car ils occasionnent une perte des ressources et une perte des relations sociales.

Le sens du terme exclu dans le dictionnaire est renvoyé ou refusé. Mais d’où est on renvoyé ? On peut être exclu de l’emploi, du logement, de la consommation, du vote, de la santé, de l’école, des relations sociales...seulement 1,5% des personnes en grande difficultés sociales sont exclus de tous à la fois (selon le CREDOC rapport présenté en juillet 1995 par Mme Antonioz-De Gaulle au conseil économique et social). Le fait est que les exclus ne représentent pas une population bien identifiable, et qu’il reste à savoir « qui exclu qui ».

« A comprendre qui elle exclut, une société apprend qui elle est. » Dominique Christian (animateur du Réseau Initiatives, dans le pari de l’emploi pour tous, un risque à partager, économie et humanisme hors série n°6 mai 1998).

« A la problématique de l’exploitation vient désormais s’ajouter celle de l’exclusion. Avec cette différence que les moyens utilisés pour la combattre la première (la grève, la force, la loi) ne marchent pas bien pour réduire la seconde. Lutter contre l’exclusion requiert en effet capacités à l’initiative, sens de la coopération, faculté d’écoute et de dialogue, fut il conflictuel, et acceptation de disciplines de partage et de solidarité. » (Exclusion, fracture sociale : le sens des mots, la gazette de la FNARS.

Cette citation de J.B. de Foucault explique en parti cette montée des initiatives contre l’exclusion. La solidarité en est la seule réponse connue.

Il faudrait se détacher du fatalisme économique qui considère le système d’emploi comme seul responsable de cette crise, et considérer la cause dans son ensemble. Selon Hugues Puel (les paradoxes de l’économie, l’éthique au défi, édition Bayard, 1995.), ce serait un « phénomène de marginalisation de certains face à un enrichissement généralisé ».

Pour lui, « la fatalité du chômage n’est que l’inertie de nos représentations, les conservatismes de nos pratiques, les insuffisances culturelles de nos élites et la fuite générale devant la responsabilité ».

- Lutte contre les discriminations à l’embauche

« Malgré l’adoption de mesures réglementaires, les discriminations raciales sur le marché de l’emploi persistent. En France, le chômage touche trois fois plus les étrangers d’origine non européenne et frappe, paradoxalement, d’autant plus les jeunes diplômés issus de l’immigration. » Recrutement et discrimination raciale article publié sur le site internet de novethic : www.novethic.fr

Le droit au travail est un droit fondamental, et les discriminations à l’embauche montrent les failles du principe d’égalité républicain en France.

La France ne s’offre pas les moyens de faire respecter ce droit fondamental.

Sa justice en est à ses débuts dans les condamnations pour discriminations raciales envers les entreprises et les peines ne sont pas très efficaces : « La peur du procès est significative, même si les peines prononcées ne sont pas dissuasives. Ikea a été condamnée à 15 000 euros, une somme qui ne représente même pas 1 heure de son chiffre d’affaires. Aux Etats-Unis, ce type de condamnations se chiffre en millions de dollars ». Les discriminations à l’embauche ne faiblissent pas, selon SOS Racisme article publié par Véronique Smée sur le site de Novethic mis en ligne le 21/03/2005.

C’est souvent le déni qui s’opère en France en ce qui concerne les cas de discriminations raciales. La solution des quotas qu’appliquent certains pays comme les Etats-Unis, est refusée par la plupart des politiques, des syndicats et des associations luttant contre les discriminations. Mais certaines associations comme l’AFIJ, font pression affirmant qu’il est nécessaire d’opter pour des « actions volontaristes » pour tenter de faire changer les mentalités.

Les politiques de quotas montrent qu’aux Etats-Unis, le racisme est encore bien présent et qu’il a trouvé d’autres domaines pour s’établir. Les lois et les procès ne suffisent pas à faire évoluer les mentalités ; Il faudrait entamer un réel travail de fond sur la question des discriminations.

La charte de la diversité lancée par l’association IMS-entreprendre pour la cité, en est un premier essai qui permet d’aider les entreprises à s’engager à respecter les principes de diversité.

On n’oblige pas les mentalités à changer, il faut les y encourager. « L’IMS, qui regroupe une centaine d’entreprises, propose, dans le cadre de son programme « Gestion de la diversité et non discrimination » un diagnostic diversité. Il consiste, sur demande d’une compagnie, à faire prendre conscience des préjugés existants et du caractère systémique de la discrimination. C’est cette même organisation qui va prendre en charge le suivi des initiatives liées à la charte sur la diversité. Ses signataires sont réunis au sein d’une association « entreprises et diversité ». Ils se sont engagés non seulement à refléter la diversité de la société française, mais aussi à publier des données dans leurs rapports annuels sur les actions mises en œuvre et leurs résultats. » Discrimination : comment la mesurer et l’endiguer ? Par Anne-Catherine Husson mis en ligne le 02/08/2005 sur le site de novethic.

- Le droit au travail, un droit fondamental

Le droit au travail est aujourd’hui très présent dans les débats publics.

Les slogans dans les manifestations sont percutantes : « l’emploi est un droit ».

Les associations qui se battent pour le droit au travail, le revendiquent comme un droit fondamental, faisant parti des droits de l’homme. Mais ce n’est pas une revendication actuelle ; elle a une histoire déjà ancienne.

Le droit au travail est reconnu par la constitution de 1946 et la déclaration universelle des droits de l’Homme en 1948.

Constitution de 1946 « Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi » Elle comprend aussi que toute personne se trouvant dans l’incapacité de travailler, en raison de la situation économique ou pour toute autre raison, « a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence ».

Déclaration universelle des droits de l’homme : article 23 : « Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage ».

Aujourd’hui, nous pouvons dire que ce droit est violé car il n’existe aucune disposition juridique permettant de revendiquer et d’obtenir ce droit.

J.J Goblot, dans son livre le droit au travail, passé, présent, avenir (Collection Utopie Critique 2003), nous permet de faire la différence des droits fondamentaux que l’on peut retrouver dans les droits de l’Homme. Il distingue les droits-libertés des droits-créances. Le droit au travail a ceci de particulier qu’il fait parti des droits créances ; c’est-à-dire qu’il requière du bon vouloir de l’Etat. « Si les droits libertés exigent seulement de la puissance publique qu’elle s’abstienne d’en entraver l’exercice, les droits créances requièrent une intervention active de l’Etat, tenu de fournir aux citoyens les moyens nécessaires à leur jouissance effective : leur mise en œuvre entraîne donc un renforcement des pouvoirs de l’Etat, et cette dérive contredit de façon flagrante la philosophie qui avait inspiré les premières déclarations des droits, où le souci majeur, tout au contraire, était de limiter le pouvoir étatique ».

Ce droit économique et social implique donc une intervention de l’Etat.

Le problème est que nous sommes dans un système libéral et capitaliste qui a un héritage idéal selon lequel le plein emploi est impossible car le marché du travail est régulé par l’offre et la demande.

Ce droit est l’héritage du contexte de la Guerre Froide. Au sortir de la seconde guerre mondiale, une volonté d’inventer des instruments universels s’est mise en place. Les résolutions de l’ONU instaurent deux instruments dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme en 1948.

L’un (PIDCP) s’applique au monde occidental avec des valeurs capitalistes et essentiellement des droits libertés. L’autre (PIDESC) s’applique au monde socialiste avec des droits sociaux et des libertés collectives.

Une tendance actuelle consiste à hiérarchiser les droits fondamentaux en considérant que les droits libertés sont plus importants à défendre. La déclaration des droits de l’Homme de 1789 n’évoquait pas en effet, les droits économiques et sociaux, même si il y avait l’idée d’un droit à l’assistance.

Or, le droit au travail devrait être considéré comme un droit fondamental car sa violation entraîne une remise en cause du droit de vivre.

Sans travail on est condamné à survivre. Le droit au travail en plus d’un droit à l’assistance, est surtout un droit à la dignité humaine. On a pu voir précédemment que le chômage entraînait une mort sociale.

Le droit au travail est un sujet délicat car ce n’est pas une personne à part entière qui est à l’origine de la violation du droit mais bien un système entier. Même si certaines entreprises sont souvent montrées du doigt comme coupables, elles obéissent et participent à un système de gestion capitaliste qui « sacrifie systématiquement les hommes à la finance » (J.J Goblot le droit au travail 2003).

L’analyse de la notion de travail nous a montré qu’on pouvait tenter de réinventer cette notion. Puisqu’il n’est plus la valeur centrale d’autrefois, ne pourrait on pas se détacher de cette utopie du plein emploi et plutôt s’attacher au terme d’activités plutôt que du travail rémunéré ?

Des activités d’utilité sociale pourraient remplacer le manque d’emploi, avec toujours une fonction socialisante et valorisante pour l’individu.

VII CONCLUSION

Cette étude est le résultat d’une réflexion élaborée entre une étudiante en anthropologie et un représentant d’ONG. Cet aspect à lui seul représente un exercice de médiation : entre un homme actif et une étudiante plongée dans le monde universitaire.

Le stage s’est donc porté sur une confrontation de deux personnes, mais aussi deux mondes et deux pensées. Le résultat visé était avant tout une production de recherche scientifique, mais il s’est avéré enrichissant sur le plan professionnel et personnel.

La médiation est un domaine de recherche ayant pour objectif un projet de société nouveau. Elle a été pour cette étude un réel regard pertinent et innovant sur les phénomènes de société.

Tout comme la médiation sociale, la recherche en science sociale a pour projet sous-jacent, au-delà de la production de pensée scientifique, une volonté d’innovation sociale pour améliorer les relations sociales et sociétales.

L’anthropologie a été un outil particulièrement efficace pour l’ambition de travailler à une meilleure prise en compte des attentes des citoyens pour favoriser la solidarité et la cohésion sociale.

Ce nouveau regard peut s’avérer efficace et pertinent pour les recherches en sciences sociales. La méthodologie transversale permet ici de dégager tous les aspects d’un phénomène et d’en éclaircir les contours.

Cette étude a donc pour seul intérêt de mettre à jour des hypothèses nouvelles, afin de relancer un débat public souvent saturé.

VIII BIBLIOGRAPHIE

REVUES :

- revue esprit n°3-4 mars avril 1998 « a quoi sert le travail social ?chômage, précarité, insertion : la nouvelle donne. Anciennes professions, nouveaux métiers, de la tutelle à la médiation »

- Humanité Dimanche semaine du 16 au 22 mars 2006 : Dossier « précarité »

- l’Humanité samedi 18 mars 2006 n° 19149 : Dossier « Tous ensemble contre le CPE »

- La Vie semaine du 23 mars 2006 : Dossier « Age : 20 ans, Profession : précaire »

- Le Dauphiné du lundi 13 mars 2006 : « L’emploi : le péril jeune ? »

- L’insertion sociale des jeunes diplômés Promotion 2003 Collection les études de l’emploi cadre APEC 2006

- Les métiers de l’environnement : des métiers en développement, un domaine à découvrir APEC Juin 2003

- Dynamiques professionnelles et temporalités de C.Delcroix Collection L’harmattan Revue UTINAM

- Dans les coulisses de la « fabrique à chômeurs » paru dans le journal le Figaro daté du 14 avril 2006, (Rubrique France) de Cécilia Gabizon et Marie-Estelle Pech

LIVRES :

- Les fonctions du système d’enseignement : classes préparatoires et facultés de Pierre Bourdieu et Yvette Delsaut et Monique de saint martin 1970

- La médiation de Palau et de Brian coll.128

- Le macroscope de Joel de Rosnay coll. Points 1977

- Pratique de la médiation : une méthode alternative à la résolution des conflits de Jean-Louis Lascoux coll. Formation permanente séminaires mucchielli 2001

- Les médiations : logiques et pratiques sociales de J.P Bonafé-Schmitt socio anthropologie des formes d’action

- Les médiations, la médiation de J.P Bonafé-schmitt

- Du processus aux pratiques de médiation de Lucio Luison et Orazio Maria Valastro dans Esprit Critique - VOL 06 n°3

- Le travail, une valeur en voie de disparition de Dominique Méda Flammarion 1998

- Motifs économiques en anthropologie de Monique Selim et Laurent Bazin L’harmattan 2001

- Pour une approche ethno-historique du travail de Jean-Pierre Hierle L’Harmattan 2000

- Les rites de passage de Arnold Van Gennep édition Picard 1994 (réimpression de 1909)

- La crise des identités, l’interprétation d’une mutation de Claude Dubar Paris, PUF 2000

- Les jeunes et l’emploi de Florence Lefresne Collection Repères 2003

- Eléments de sociologie du travail et de l’organisation de Danielle Potocki Malicet Chapitre Les compétences et l’employabilité Collection anthropos 1997

- Thèse : la précarité au masculin et au féminin de Dominique Revel

- Le rapport Romainville sur « l’évaluation des acquis des étudiants dans l’enseignement universitaire » Commandé en 2002 par le haut conseil de l’évaluation de l’école

- Sommes nous tous des « travaillants » ? De Marie-L Pellegrin-Rescia Collection Hommes et perspectives 1994

- Des inactifs aux « travaillants » de Marie.L Pellegrin-Rescia Collection Hommes et perspectives 1993

- Le travail, une valeur en voie de disparition de Dominique Méda Flammarion 1998

- Motifs économiques en anthropologie de Monique Selim et Laurent Bazin L’harmattan 2001

- Pour une approche ethno-historique du travail de Jean-Pierre Hierle L’Harmattan 2000

- L’espace éducatif européen de M.Jean Andrieu Rapport du Conseil économique et social, direction des journaux officiels 1992 Chapitre les formations supérieures, le défi de la réussite, le défi économique, les formations supérieurs qualifiantes Sites Internet :

- site Internet de l’ORME, l’observatoire de l’IFEN(notamment les sources de l’ANPE) : www.ifen.fr/orme

- site du FASILD (fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte conte les discriminations www.fasild.fr

- site de l’AFIJ www.afij.org

- site de SNC : solidarités nouvelles face au chômage www.snc.asso.fr

- site de AGIRabcd www.agirabcd.org

- site des réseaux TEE www.reseau-tee.net

- site du CREPI www.crepi31.org

- site du gouvernement sur le programme TRACE www.social.gouv.fr/htm/actu/...

- site du Fond Social Européen (FSE) sur l’appel à projet « emplois et territoires » www.1Oa-fse.info/appel_a_pro...

IX ANNEXES

- Site internet de l’ORME : statistiques du secteur de l’environnement

- Site de l’IFEN : métiers de l’environnement

- Schème de « génépi work expérience »

- Charte de la diversité (IMS entreprendre pour la cité)

- L’évaluation de l’utilité sociale, bibliographie raisonnée (AVISE)



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