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Appel aux ONGs pour inciter les Etats à l’action !

20 août 2002,
Sommet mondial du développement durable (Johannesburg, 2002)

Les multinationales doivent rendre des comptes !

Les multinationales doivent rendre des comptes !

Appel aux ONGs pour inciter les Etats à l’action !

Les Amis de la Terre lancent un appel aux ONG pour pousser les Etats à l’action durant le Sommet de la Terre.

Durant la décennie passée, les compagnies multinationales ont eu à exercer un impact toujours grandissant sur le monde.

Les investissements étrangers directs ont dépassé 1,3 trillion de dollars US. Ils ont conduits par 60.000 multinationales et leurs 800.000 filiales. Deux cent compagnies contrôlent le quart de l’activité économique mondiale.

Les impacts social et environnemental de ces compagnies ont été importants et les pratiques des compagnies ont souvent constitué un obstacle au développement durable - y compris les abus des droits de l’homme, la dégradation environnementale, la dette écologique, la promotion des modèles de consommation et des styles de vie non durables ainsi que l’iniquité économique.

Entre-temps la dimension de plus en plus importante, la mobilité et le pouvoir politiques et économique des compagnies multinationales ont rendu de plus en plus difficile pour les citoyens et pour les Etats le fait de les rendre responsables pour leurs actions.

La Conférence des Nation Unies sur l’Environnement et le Développement tenue à Rio en 1992 et les grandes rencontres onusiennes d’importance globale qui l’ont suivie n’ont pas pu réussir à appréhender cet déficit dans la gouvernance des compagnies multinationales.

En guise de réponse aux pressions relatives aux impacts négatifs des pratiques des compagnies et aux demandes exprimées par les citoyens quant à une justice sociale et environnementale, les Etats ont tendance à avancer les codes et les initiatives volontaires. Mais ces actions se sont révélées être insuffisantes puisqu’elles ne renforcent pas les citoyens affectés. Elles ne sont pas non plus appliquées et sont souvent autorégulées. Les citoyens veulent que les pratiques sociale, environnementale et de droits de l’homme soient empreintes de responsabilité et qu’elles soient obligatoires. Elles ne doivent pas être laissées à la fantaisie des compagnies.

En utilisant des institutions comme l’Organisation Mondiale du Commerce qui opèrent en faveur des compagnies multinationales et qui ne permettent pas la réalisation du développement durable, les compagnies ont pu s’assurer des droits de plus en plus élargis pour elles mêmes . Il est plus que temps pour que les gens aient eux aussi des droits qui puissent leur permettre de demander des comptes. De nouvelles règles sont nécessaires pour responsabiliser les compagnies, ce sont : des pratiques internationales obligatoires, améliorées et sûres ; ces réglementations doivent être placées sous l’autorité des Nations Unies.

Un cadre obligatoire doit appuyer et faire la promotion de quatre priorités : Des droits légaux et applicables pour les citoyens et les communautés afin de pouvoir demander des comptes aux compagnies

Des obligations légales applicables pour les compagnies multinationales ;

La responsabilité dans les pays de domiciliation et dans les pays d’accueil avec action d’application ; et

Une action gouvernementale efficace pour assurer que les compagnies se conforment aux bonnes pratiques.

Nous appelons les Etats à agir en s’engageant eux-mêmes dans le lancement des négociations quant à une responsabilisation légalement applicable des compagnies lors du Sommet Mondial sur le Développement Durable.