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Appel international contre les tables-rondes entre ONG et industriels sur le soja "durable" !

23 avril 2008,
Par Groupe local des Landes

DÉCLARATION DES ORGANISATIONS SOCIALES, INDIGÈNES, PAYSANNES ET DES MOUVEMENTS URBAINS D’ARGENTINE, D’AMERIQUE LATINE, ET DES AUTRES CONTINENTS POUR REJETER LA « TROISIÈME RÉUNION SUR LE SOJA RESPONSABLE » [1] DEVANT SE TENIR LES 23 ET 24 AVRIL À L’HOTEL HILTON DE BUENOS AIRES, ARGENTINE.


Malgré ces protestations répétées, il s’est tenue en décembre 2008, une réunion à Amsterdam avec les mêmes protagonistes pour discuter du "soja responsable". Même si les termes changent, il s’agit de la même choses

L’agrobusiness est responsable de la dévastation de nos sols, de la déforestation, de la pollution des rivières et des aquifères, de la perte de la biodiversité, du pillage de l’héritage naturel et culturel et de l’élimination de l’agriculture familiale qui autrefois alimentait nos communautés.

L’expansion de la monoculture du soja menace tout autant la souveraineté territoriale, alimentaire et culturelle des Etats-nations, que les droits des Communautés Indigènes et Rurales. L’industrie agroalimentaire du soja exclut, appauvrit et affaiblit la population. Ce modèle d’agriculture industrielle viole les droits économiques, sociaux, culturels et environnementaux des populations. Les monocultures industrielles s’étendent, et par leur violence structurelle intrinsèque, vident le territoire en provocant l’exode rural, la marginalisation des populations rurales et en fin de compte en générant la criminalisation de la pauvreté et des mouvements sociaux.

Malgré cela, l’agrobusiness du soja se renforce actuellement, avec l’expansion des marchés des produits alimentaires transformés, de l’élevage industriel du bétail et de la production d’agrocarburants qui paraît-il « nous sauveront du changement climatique ». En réalité, les voies fluviales de l’ IIRSA [2] se multiplient, de nouveaux réseaux ferroviaires apparaissent et il y a de plus en plus de cultures transgéniques, de pesticides et de machines importées pour nous spolier de nos terres, toujours plus rapidement.

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A quand des tables rondes sur les OGM et les paramilitaires responsables ?

Malgré cela, l’agrobusiness du soja s’étend toujours plus. De nombreux gouvernements européens répondent aux critiques croissantes et aux dénonciations de la situation dans nos pays, en faisant naïvement et aveuglément confiance aux Tables Rondes pour un Commerce Durable du WWF. Nous sommes atterrés qu’ils puissent considérer ces démarches comme des exemples à suivre, notamment pour la mise en place de critères de durabilité pour la production de biocarburants [3]. En participant aux tables rondes, les gouvernements européens donnent crédit à l’écoblanchiment des multinationales.

Nous, mouvements sociaux du Nord et du Sud, refusons totalement, toutes les tentatives des entreprises et des ONG visant à faire croire dans l’opinion publique que des critères de durabilité et de responsabilité basés sur les monocultures de soja GM sont possibles [4]. Nous n’acceptons pas les projets de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) qui, par des tables rondes et des mesures volontaires, dissimulent les crimes commis par ces compagnies. Avec la RSE, les multinationales usurpent les droits des états de légiférer et créent des politiques sociales privées.

Nous nous opposons à la domination néocoloniale du modèle de l’agrobusiness et à la façon perverse dont les multinationales, systématiquement, déforment et vident de leur sens un grand nombre de nos propres discours et positions. Nous dénonçons la niche commerciale de l’écocertification, comme étant du pur écoblanchiment des multinationales.

En mars 2005, des organisations rurales et environnementales du Cône du Sud, y compris les Via Campesina d’Argentine, du Paraguay et ldu Brésil se sont déjà rassemblées à Foz d’Iguazu pour dénoncer la Première Table ronde sur le Soja Responsable [5]. Simultanément et en solidarité, des activistes hollandais ont manifesté devant le siège social de l’industrie de fourrage PROVIMI dans le port de Rotterdam [6]. En 2006, des mouvements sociaux paraguayens, des organisations urbaines et rurales, ont manifesté contre la "Deuxième Table ronde sur le Soja Durable" qui a eu lieu à Asuncion [7]. Récemment la Via Campesina du Paraguay a rejeté publiquement une tentative de les impliquer dans le l’écoblanchiment du "Soja Responsable" [8].

C’est pour toutes ces raisons que nous rejetons à nouveau le projet mené par le Fond Mondial pour la Nature (WWF) auquel participent notamment les industriels de l’agrobusiness du soja, AAPRESID [9] de l’Argentine, ABIOVE [10], MAGGI et APROSOJA du Brésil, DAP du Paraguay, Bunge et Cargill des Etats-Unis, la Banque ABN-AMRO de Hollande et les ONG FUNDAPAZ de l’Argentine, GUYRA (Birdlife) du Paraguay, Solidaridad des Pays-Bas.

Par notre signature, nous confirmons de nouveau notre engagement à nous unir pour lutter pour la Souveraineté alimentaire des peuples et à contrer les manœuvres de désinformation et de séduction des industries de l’agrobuiness. Nous exigeons la libération de nos territoires de ces sociétés agroalimentaires criminelles et la justice pour toutes les victimes de l’agrobusiness du soja !

Là où les monocultures se développent, il ne peut y avoir de société durable !

Là où l’agrobusiness s’étend, les campesinos ne peuvent vivre !



[1] http://www.responsiblesoy.org/

[2] La « Integracion de la Infraestructura Regional Suramericana » (IIRSA) construit une voie fluviale de 4200km de long depuis la Bolivie jusqu’à l’Uruguay pour l’exportation de matières premières dont le soja. Les routes et les voies de chemins de fer sont planifiées pour fournir les marchandises à cette infrastructure. Les conséquences pour les écosystèmes, les communautés indigènes et paysannes seront très importantes.

[3] Ceci est confirmé par la présence à la table ronde de : Shell International ; BP International LtD ; Carrefour Brésil ; Greenergy International ; Glencore Grain B.V. ; Nesté Oil ; COOP ; EDF Man France ; US Soybean Export Council ; Wheb Biofuels ; Cert ID Certificadora LTDA ; Royal Dutch Grain and Feed Trade Association http://www.responsiblesoy.org/eng/index.htm

[4] Open Letter to Support the Iguazú Counter Conference : No Greenwash for the soy industry ! 28 February 2005. ASEED, XminY http://prod.biotech.indymedia.org/es/topic/soy2005/archive.shtml

[5] Contre rencontre de Iguazu. 16-18 /03/ 2008. http://www.grr.org.ar/iguazu/

[6] Action au siège de Provini - entreprise de fourrage : "Pas de soja pour l’élevage intensif !" Hollande, 16 mars 2005. Organisée par ASEED. http://prod.biotech.indymedia.org/es/2005/03/4101.shtml

[7] "Le modèle de développement du soja au Paraguay : irresponsable, insoutenable et antidémocratique". Juin 2006, Paraguay. http://www.grr.org.ar/ceparaguay/

[8] 28 February 2008. Déclaration de Via Campesina Paraguay contre la table ronde du soja responsable.

[9] AAPRESID créée 1988 avec les fonds de Monsanto http://www.cababstractsplus.org/fts/Uploads/PDF/20023109946.pdf et http://www.aapresid.org.ar/

[10] Abiove represente 17 compagnies d’oléagineux, dont les groupes André Maggi, Bunge, Cargill and Louis Dreyfus et Imcopa.



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