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Après AXA, Scor prend de nouvelles mesures contre le charbon

Paris, le 7 septembre 2017 - Le réassureur Scor a annoncé hier l’adoption de nouveaux engagements de réduction de ses soutiens au secteur du charbon. Si de nombreuses et importantes limites demeurent, les Amis de la Terre saluent le fait que soient concernés les investissements mais aussi les activités assurantielles de Scor. Et surtout, ils appellent le PDG Denis Kessler a annoncer rapidement, d’ici le Climate Finance Day du 11 décembre, l’arrêt des soutiens de Scor aux entreprises très exposées au charbon, à commencer par les 120 les plus agressives en termes de développement de nouvelles centrales à charbon.

Alors que les événements climatiques extrêmes actuels soulèvent la question de la responsabilité des assurances dans la catastrophe climatique, le réassureur Scor a annoncé hier l’adoption de nouveaux engagements de réduction de ses soutiens au secteur du charbon (1).

Côté investissement, Scor abaisse le seuil de désinvestissement adopté en 2015 de 50% à 30% et déclare avoir déjà cédé ses investissements directs (2) dans les entreprises dont plus de 30% du chiffre d’affaires provient du charbon.

Lucie Pinson, chargée de campagne Finance privée aux Amis de la Terre commente :

“En s’alignant sur les 30% déjà adoptés par Allianz et Swiss Re, Scor se démarque au niveau français d’AXA toujours bloqué au seuil de 50% depuis mai 2015. Mais en retenant le chiffre d’affaires et non la production réelle d’électricité à partir de charbon comme critère de référence pour les producteurs d’électricités, de très gros consommateurs de charbon passent à la trappe, comme par exemple l’allemand RWE qui produit pourtant plus de 60% de son électricité à partir de charbon. Enfin, ce seuil critère de désinvestissement ne garantit pas à lui seul l’arrêt des investissements dans des entreprises qui continuent de construire de nouvelles centrales à charbon, ni même dans certains des plus gros producteurs de charbon au monde” (3).

Côté assurance, Scor vient de déclarer qu’il “ne proposera pas d’assurance ou de réassurance facultative qui encouragerait spécifiquement l’exploitation de nouvelles mines de charbon thermique ou de mines et d’usines d’exploitation de lignite”.

“Scor est le premier réassureur à se positionner en faveur de l’arrêt des soutiens assurantiels au charbon. Si nous applaudissons cette décision courageuse, nous restons très méfiants quant à la couverture et à l’application exactes de cette politique. La terminologie employée laisse place aux doutes : qu’est-ce qu’”encourager spécifiquement” ? Il semblerait que seules les assurances directement et exclusivement liées aux projets soient concernées, et que toute politique d’assurance délivrée au niveau des entreprises ou par “paquet” avec plusieurs actifs couverts ne le soient pas. Une seule chose est certaine : les nouvelles centrales à charbon, du moins celles non alimentées au lignite, ne sont pas couvertes pas cette politique. Or c’est là que se situe l’urgence” poursuit Lucie Pinson.

Plus de 800 GW de nouvelles capacités charbon - 4 fois la capacité de l’Inde - sont prévues dans le monde entier et menacent notre capacité à éviter l’emballement climatique. Les assureurs peuvent faciliter leur construction en délivrant les assurances nécessaires mais elles peuvent aussi empêcher leur construction en excluant ces projets et leurs promoteurs de leurs soutiens. Les Amis de la Terre appellent le PDG de Scor Denis Kessler à préciser les annonces d’hier dans une politique sur le charbon, et à aller plus loin dans son désinvestissement du charbon, en commençant par exclure de ses soutiens les 120 entreprises les plus agressives en termes de développement de nouvelles centrales à charbon (4).

Contact presse :
Lucie Pinson, chargée de campagne Finance privée, Amis de la Terre, 06 79 54 37 15, lucie.pinson@amisdelaterre.org

(1) Le communiqué de presse est disponible à ce lien : https://www.scor.com/fr/medias/actualites-communiques-de-presse/scor-annonce-de-nouvelles-initiatives-liees-au-developpement
(2) Une incertitude demeure sur la part des investissements directs dans les investissements totaux du groupe et donc sur la part des investissements non couverts par la politique de désinvestissement annoncée.
(3) Les Amis de la Terre et leurs partenaires publiaient en avril dernier un rapport faisant état des 130 milliards de dollars d’actifs au moins investis dans les énergies fossiles par les 15 plus grandes sociétés d’assurance et de réassurance européennes. Ils appellent le secteur de l’assurance à jouer un rôle pro-actif dans la lutte contre les changements climatiques en mettant un terme à leurs soutiens, côté investissement et assurance, aux entreprises exposées à plus de 30% au secteur du charbon, qui produisent ou consomment plus de 20 millions de tonnes de charbon par an ou qui continuent de développer leur capacité dans le secteur en ouvrant ou acquérant de nouvelles mines et centrales.
(4) La liste, publiée par urgewald fin juin 2017, est disponible à ce lien : https://coalexit.org/

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