L’AG des Amis de la Terre Midi-Pyrénées s’est déroulée durant toute la journée du 27 mars 2004 dans les locaux de Bioasis, 21 rue des Amidonniers.
Dans une ambiance très conviviale, une quarantaine de personnes sont venues y prendre part à un moment donné. La matinée a été consacrée à présenter le travail, très fourni, des différentes commissions ; l’après-midi a permis d’exposer et d’approuver par vote le rapport moral du président et le rapport financier de la trésorière. Il a ensuite été procédé à l’élection des membres du Conseil d’administration qui sera chargé dans les jours qui viennent de désigner les responsables du Bureau.
Composition du nouveau C.A. et bureau des ATMP
Alain Ciekanski Président, Joël Crémoux Trésorier adj, Michel Daran, Patricia Daran, Martine Duboz Secrétaire régionale, Rose Frayssinet Vice-Présidente, Marie-Christine Gamberini, Dominique Gilbon, Anne Kimmel, Nadine Mikhaïloff Trésorière, Catherine Reymonet, Thierry Schlumpf, Laure Teulières Vice-Présidente, François Treilhou.
Les informations sur tous nos combats écologiques ont été très riches et pointues. Les débats, d’une grande densité, ont su allier la diversité des approches et des analyses avec une rare qualité d’écoute. En fin de séance, une discussion s’est engagée sur les orientations de fond des Amis de la Terre, sur le renforcement nécessaire des adhésions ainsi que sur la manière d’accueillir les nouveaux membres afin de leur permettre de s’impliquer activement dans la vie de l’association. Dans le but d’approfondir et de clarifier le débat, il a été décidé de soumettre à la prochaine assemblée générale de la Fédération nationale des Amis de la Terre une motion demandant la sortie de toute urgence du nucléaire (celle-ci a déjà été adoptée par les Amis de la Terre Midi-Pyrénées), ainsi qu’une autre proposant de développer la réflexion sur la notion de décroissance.
OGM et Abeilles
Les ATMP font partie du Collectif anti-OGM. Ils ont en particulier participé en juillet 2003 à la Caravane anti-OGM, qui a permis de dénoncer les cultures trans-géniques. A l’heure actuelle, le plus gros travail est fait en direction des élus pour les amener à prendre des arrêtés interdisant les champs d’OGM sur leur territoire. Concernant le grave problème des pesticides tueurs d’abeilles, les ATMP ont décidé de s’engager au côté des apiculteurs dans une procédure juridique contre Bayer et BASF qui commercialisent le Gaucho et le Régent responsables de la destruction de milliers de ruches en Midi-Pyrénées.
Défendre l’eau et les rivières
Les ATMP se sont associés à la grande « Marche pour l’eau vivante » en juillet 2003 ; les ATF sont aussi intervenus à Pau sur la campagne contre les grands barrages. L’autre domaine d’action a été la lutte contre le projet de barrage de Charlas (Haute-Garonne), en diffusant des contre-propositions écologistes sur la gestion (et l’économie) de l’eau et en intervenant lors des multiples réunions de la Commission de débat public en charge du sujet. La commission Eau demande cependant à être renforcée et étoffée par des gens disponibles pour suivre l’activité de l’agence de bassin Garonne-Adour, les schémas d’aménagement, et désireux d’œuvrer pour la protection de l’eau, une ressource naturelle très convoitée...
Energie, antinucléaire
La commission énergie reste présente, en liaison avec divers autres groupes et associations, sur tous les fronts de la lutte antinucléaire, y compris le pseudo nouveau réacteur EPR et, autre vieille lune, le prototype de fusion ITER. Elle réclame de plus en plus énergiquement une sortie en urgence de l’électronucléaire en France. Nadine Mikhaïloff représente les ATMP à la CLI de Golfech, et Marc Saint-Aroman continue à faire partie du CA du Réseau Sortir du nucléaire, dont la commission suit de près et relaie, en s’efforçant de les amplifier localement, le travail d’information et les actions. Nous avons pris la décision de diffuser à prix coûtant la casette du film « Nucléaire : jusqu’ici tout va bien » et nous mènerons diverses actions dans le cadre des commémorations autour de l’accident de Tchernobyl (26 avril 1986) ainsi qu’en soutien au « jeûne pour sortir du nucléaire » qu’effectueront certaines personnes à Paris à partir de juin. Une souscription pour compléter les analyses de radioactivité en Montagne Noire, dont les premières, à l’initiative des ATMP, avaient eu un retentissement médiatique important, a par ailleurs été lancée. Les nouveaux venus « non spécialistes » qui souhaitent donner un coup de main peuvent aussi s’investir dans des actions simples et concrètes se prolongeant tout au long de l’année. Des actions de formation sont également proposées, sous forme de séances d’initiation à divers thèmes (radioactivité, fonctionnement des réacteurs…), de rédaction de synthèses ou de fiches, de mise à disposition de doc et de renseignements bibliographiques. Nous tâchons d’interpeller les partis politiques sur leur programme en matière de nucléaire, plusieurs membres de la commission sont régulièrement sollicités par divers médias, et Marc Atteia est en train de rédiger un opus de synthèse historique sur la question.
Risques industriels
Très impliqués dans les suites de la catastrophe AZF, les ATMP assurent un très gros travail de suivi sur la question des risques industriels. Nous avons notamment assisté aux réunions (14 au total !) de la Commission locale d’information et de prévention (CLIP) concernant l’usine SNPE. D’autres CLIP devraient être créées pour d’autres entreprises présentant des risques. Nous avons aussi participé au travail d’élaboration du Plan particulier d’intervention (PPI) censé permettre de prévenir les accidents industriels et d’organiser les secours en cas de nécessité. Son périmètre est de 1 500 mètres autour de l’usine et concerne près de 50 000 personnes. Mais les associations n’ont pas été entendues par la préfecture et la concertation n’a été que de façade. Le risque d’accident majeur n’est pas envisagé, par exemple sur les transports de matières dangereuses ; seule est prise en compte l’hypothèse d’un incident en salle confinée ! Après AZF, nous ne croyons plus à la consigne de confinement des populations qui est pourtant la seule proposée par ce PPI. Nous avons d’ailleurs pu constater, lors de l’accident du 29 octobre 2003, le manque de maîtrise des risques de la SNPE. Quant à l’information du public, les procédures retenues sont totalement indigentes, ce qui a conduit notre représentante à claquer la porte de cette commission. Les ATMP suivent aussi le Secrétariat permanent pour la prévention des problèmes industriels (SPPPI), surtout en ce qui concerne la dépollution des sites industriels. Il y a fort à faire à Toulouse, en particulier sur les anciens terrains de Tolochimie et d’AZF dont les gravas sont peu à peu évacués et sur lequel la Mairie prétend installer un futur cancéro-pôle. Il y a eu aussi le site des anciennes ferronneries du Midi aux Ponts-Jumeaux où un promoteur immobilier proposait tout simplement… d’enfouir, sous les bâtiments résidentiels, 50 000 m3 de matériaux contaminée aux métaux lourds dans un caisson installé au milieu de la nappe phréatique ! Autant dire que la vigilance associative sur ces questions n’est pas un luxe. A ce titre, nous avons remis un coup de projecteur médiatique sur l’existence des ballastières sur le site d’AZF, où sont stockées en immersion, mais sans plus de précaution, des quantités inouïes de matières explosives… ce qui vaut une plainte de la part d’AZF à notre Président !
Hertz et antennes relais
Ces dernières années, les ATMP ont été en pointe sur la question des nuisances hertziennes. Nous sommes d’ailleurs constamment sollicités par des personnes inquiètent de la proximité d’antennes relais ou des associations de riverains. Ces actions pour défendre la santé publique nous a valu d’être récemment condamnés à payer 1 600 euros par la Tribunal administratif de Toulouse ! Depuis, rien ne bouge, ni la Mairie, ni les opérateurs. Il y a pourtant une nouvelle étude du cabinet d’expertise TNO démontrant la dangerosité des antennes relais pour la santé (ce cabinet de renommée internationale avait rendu un avis favorable pour la réouverture du pôle chimique toulousain après l’explosion d’AZF !). Nous allons être contraints de payer pour cette condamnation scandaleuse alors que nous dénonçons un véritable problème de santé publique. Nous envisageons donc de lancer une collecte de pièces jaunes (commencez à les garder, pièces de 1 centime bienvenues). Nous préparons en outre un argumentaire détaillé pour dénoncer ce qui nous apparaît comme une volonté du Tribunal Administratif de Toulouse de casser toute contestation citoyenne s’exprimant en justice en infligeant des frais très lourds (et contraires à la tradition en la matière) qui mettent en danger les associations dont les moyens sont plus que limités et qui accomplissent leur devoir d’alerte et de sensibilisation auprès de l’opinion et des pouvoirs publics.
Déchets et incinérateurs
Les ATMP soutiennent avant tout l’idée d’une réduction à la source des déchets, non pas seulement une stabilisation des quantités de déchets produits et des solutions plus écologiques pour leur traitement (recyclage, etc.), mais une décroissance du volume global de déchets. Ce sont les options que nous défendons dans toutes les instances auxquelles nous participons. Lors de la Révision du « Plan départemental d’élimination des ordures ménagères et assimilés » de la Haute-Garonne, nous nous sommes ainsi opposés au 2 % de croissance de déchets par habitant et par an qui impliquait de ce fait de nouveaux besoins en terme de traitement (incinérateurs). Nous suivons également les travaux de l’Observatoire régional des déchets de Midi-Pyrénées (ORDIMIP) et des Commissions locales d’information et de surveillance (CLIS) concernant les incinérateurs du Mirail, de Bessières et de Ginestous. En terme de militance, nous participons au Collectif associatif contre le Plan Ginestous 2000. Une nouvelle Coordination (anti-)déchet pourrait aussi resurgir pour s’opposer au Plan départemental concernant les décharges et les incinérateurs. Nous cherchons aussi à sensibiliser et informer le public sur ces sujets. A l’appel du CNIID et du réseau des recycleries - ressourceries, les ATMP ont ainsi organisé, en partenariat avec d’autres associations, une action contre le sur-emballage intitulée « dégage l’emballage » au Carrefour Purpan, le 25 octobre dernier. Alors que va bientôt se clore l’enquête publique pour l’augmentation de la capacité de traitement de l’incinérateur du Mirail, nous nous apprêtons à organiser, avec d’autres groupes partenaires, dont une association de riverains opposés au projet, une grande manifestation sur les déchets destinée à mettre cette question sur la place publique.
Forêts tropicales et biodiversité
Les ATMP ont relayé la campagne nationale « Bâtir sans détruire » des Amis de la Terre auprès des collectivités locales, consommatrices de bois tropical pour la construction d’édifices publics. Le but est d’inciter les mairies à modifier leur politique d’achat de bois en faveur de l’utilisation d’essences européennes plutôt que tropicales. En 2003, 5 nouvelles villes se sont engagées (en signant une délibération lors d’un conseil municipal) : Toulouse, Muret, Castelginest, Millau et Blagnac. Une exposition au Capitole et dans plusieurs bibliothèques, la distribution de plaquettes « Consommer mais protéger », ont permis :
de sensibiliser le public aux enjeux de la surexploitation des forêts tropicales (disparition de biodiversité, impacts négatifs sur les populations locales, effet de serre, etc.)
d’essayer de faire adopter à la population un mode de consommation plus respectueux de l’environnement, en achetant du bois local plutôt qu’exotique.
Protéger les arbres
Les ATMP s’attachent toujours à défendre les arbres, notamment les plantations de bords de route, si souvent menacées. Notre représentant à la Commission départementale des sites à émis un avis défavorable à l’abattage préventif, voulu par la DDE, de l’alignement de platanes à l’entrée de Villefranche-de-Lauragais. Ceux du terre-plein central de l’autoroute Muret - Martres-Tolosane sont par contre promis aux tronçonneuses. Malades et dangereux paraît-il… mais les chenilles ont bon dos, la vérité est que ce tronçon de voirie doit être élargi à 2x3 voies !
Urbanisme et transports urbains
L’agglomération toulousaine connaît ses dernières décennies une croissance considérable (environ 10 000 habitants de plus chaque année !). Le Conseil de développement de l’agglomération toulousaine est censé l’orienter vers un « développement durable ». Mais cette instance, dont les ATMP suivent les travaux, laisse en fait libre cours aux fantasmes délirants des élus sur un monstre urbain de plus d’un millions d’habitants à l’horizon 2015 ! Quant aux insolubles problèmes qui en découlent déjà en terme d’urbanisme et de circulation automobile… on verra bien ! Les ATMP restent donc très impliqués dans toutes ces questions. Lors de l’élaboration du premier Plan de Déplacement Urbain (PDU), nous avions pris la tête d’un collectif associatif qui avait présenté un plan alternatif, très ambitieux, pour favoriser transports en commun et modes doux. Nous suivons aujourd’hui la révision de ce même PDU, regrettant à nouveau son impuissance dramatique à faire reculer la voiture : la ligne B du métro engloutit un budget pharaonique, on aura en outre la déserte rail cadencée vers Colomiers et Muret, ainsi qu’une ligne de tramway vers Blagnac… qui ne desservira même pas l’aéroport ! Nous participons aussi à la commission consultative du Syndicat mixte des transports en commun (SMTC). Il était donc tout naturel que nous nous impliquions, au côté d’associations et de syndicats, dans le Collectif pour la gestion publique des Transports en commun de l’agglomération toulousaine. Créé en novembre 2003, celui-ci se bat pour faire échouer la privatisation déguisée des transports en commun, via une délégation de service public, que ce soit pour le bénéfice de la pieuvre Vivendi ou pour toute autre entreprise privée se faisant du beurre (et quel beurre !) sur le dos du contribuable. L’eau en France appartient aux 3/4 à Vivendi ; laissera t’on cette société prendre la place du public dans les transports en commun ... et dans une deuxième étape faire concurrence à la SNCF sur le réseau RFF ? Certains en rêvent ! Petit rappel, c’est Vivendi, via la Connex, qui était chargé d’une partie du réseau de chemin de fer britannique après privatisation de celui-ci. On connaît la suite : l’Etat anglais est en train de re-nationaliser le rail. Nous militons donc pour conserver la gestion en régie directe du service public que sont les transports en commun toulousains. Nous avons distribué des tracts sur les marchés, fait des réunions publiques et rencontré de nombreux élus du SMTC. On assiste d’ailleurs à des situations cocasses : des élus sont encartés à ATTAC, pourfendeurs à juste titre de la privatisation des services publics dans le cadre de la mondialisation,... mais sont quasiment favorables à cette privatisation ici chez nous ! En ce qui concerne nos décideurs du SMTC, ces messieurs-dames signent un appel contre l’AGCS (Accord Général sur le Commerce des Services) car ça fait bien... tout en acceptant la même commercialisation de ces services à Toulouse. Ce n’est donc pas gagné !
Le groupe Aveyron
Dans l’Aveyron, les ATMP sont représentés par un groupe , coordonné par Michel Raynal, qui intervient dans toutes sortes de domaines. Nous avons ainsi participé au collectif d’associations contre le projet d’incinérateur du Grand Rodez à Bénéchou, ajourné pour l’instant suite à une manifestation durant une réunion du conseil d’agglomération. Nous suivons aussi les projets d’implantation d’éoliennes, en tentant de concilier de façon équilibrée le respect des paysages et le développement des énergies renouvelables ; nous sommes notamment intervenus en commissions des sites à propos du projet de très grandes éoliennes (115 m) à Lacapelle-Bleys. Nous avons surtout demandé à la préfecture de rendre public un plan départemental des futures implantations, afin d’avoir une vue d’ensemble. La préservation de l’eau est un autre domaine important : actions entreprises à la suite de pollution de rivières par des étables, intervention auprès de la gendarmerie contre des arrosages agricoles en plein midi lors de la sécheresse estivale, etc. Siégeant à la commission départementale des sites, nous avons pu émettre un avis défavorable qui a contribué à faire capoter le projet de construction d’un village vacance au bord du lac de Pareloup. Par contre, le projet sur le site sensible en bord de Lot de Sainte-Eulalie-d’Olt (« plus beau village de France ») que nous n’avions pas suivi depuis le début a été réalisé. Nous chercherons à la première occasion à provoquer un débat de fond sur le type de tourisme qu’il faut à l’Aveyron, l’enjeu économique aussi bien qu’environnemental étant très élevé. Concernant la campagne sur les forêts tropicales, une convention a été signée par la mairie de Millau et nous avons obtenu que le cahier des charges de la future médiathèque de Rodez exige du bois labellisé. En liaison avec le Centre d’innovation régionale du bois (CRITT), basé à Rodez, nous plaidons en tous lieux pour un usage thermique du bois local. Nous suivons en outre la mise en place du plan de protection des milieux naturels Natura 2000, dont les progrès sont très modestes dans le département.
Air et pollution atmosphérique
Les études les plus récentes confirment l’impact très négatif de la qualité de l’air sur la santé, que se soit les effets à long terme d’une exposition chronique à l’air pollué (asthme, allergies, maladies cardio-vasculaires et cancer du poumon entre autres), ou les effets aigus en cas de pic de pollution. Les ATMP suivent donc de près les questions de pollution atmosphérique, en particulier à Toulouse. En tant qu’association agréée de protection de l’environnement, nous siégeons, au conseil d’administration de l’Observatoire régional de la qualité de l’air en Midi-Pyrénées (ORAMIP), ce qui nous permet de pouvoir donner notre avis sur le sujet et d’avoir connaissance des études les plus récentes. Durant l’année 2003, nous avons surtout participé aux commissions d’élaboration du Plan de protection de l’atmosphère (PPA) de l’agglomération toulousaine (111 communes et environ 750 000 habitants concernées). Ce plan doit prévoir des mesures à appliquer en urgence, en cas de dépassement des seuils réglementaires, et des mesures générales visant à réduire la pollution de fond. Au delà des remèdes techniques, les améliorations nécessitent des changements dans les comportements et en matière d’urbanisme, de transport et de consommation ! Une fois avalisé par le préfet, le PPA sera soumis à enquête publique vers la fin de l’année… nous aurons donc à en reparler.
mai 2004