Attention à la montée du prix de la patate !

Montreuil, le 19 février 2013 - Le 12 février dernier, le tribunal de Termonde (Belgique) a rendu son verdict concernant une action non-violente menée par le mouvement Field Liberation visant à dénoncer la culture de pomme de terre transgénique. Les Amis de la Terre sont scandalisés par la décision de la justice belge qui criminalise l’action de ces lanceurs d’alerte et condamne les 11 inculpés pour "association de malfaiteurs", une première ! Les peines démesurées vont de 6 mois avec sursis à 8 mois ferme et le montant pour les dommages et intérêts exigés par les gestionnaires de l’essai sont d’environ 25 000 euros [1].

Va-t-on désormais criminaliser toute action non-violente et citoyenne qui dérangerait l’ordre public et les intérêts de certains lobbies ? Est-il devenu dangereux d’exprimer publiquement son opposition aux OGM ? Pour le mouvement Field Liberation (la libération des champs), organisateurs de l’action "Le grand échange", c’est la liberté d’expression que la justice belge a choisi d’attaquer en condamnant 11 de leurs militants. La condamnation à 6 mois de prison ferme pour la chercheuse Barbara Van Dick, pour avoir parlé à un journaliste, en est un exemple saisissant.

Aussi, les Amis de la Terre France souhaitent manifester tout leur soutien aux militants condamnés. Comme le rappelle la Fondation Science Citoyenne : « Trois experts du Conseil de biosécurité belge avaient donné un avis négatif pour ledit essai faisant valoir les risques environnementaux induits. En août 2012, le tribunal de Gand avait par ailleurs jugé que l’autorisation de l’essai était illégale suite au manque de motivations de la part des ministres compétents pour n’avoir pas tenu compte des oppositions publiques, ni des avis quoique minoritaires des experts du Conseil de biosécurité́. »

L’action de Field Liberation visait une pomme de terre OGM pourvue d’une résistance au mildiou, résistance aussi naturellement présente dans plusieurs variétés non OGM qui si elles sont cultivées répondent mieux au besoin des agriculteurs tout en favorisant la biodiversité. En réalité, la pomme de terre transgénique présente un intérêt pour BASF qui a besoin de pouvoir déposer un brevet sur cette variété afin de s’approprier le marché. Et c’est pour dénoncer cette nouvelle mainmise des multinationales sur le vivant qu’a eu lieu « Le grand échange » le 29 Mai 2011 à Wetteren, au cours duquel les soit-disant « terroristes » avaient remplacé les pomme de terre OGM par les plantes naturellement résistantes.

En condamnant les prévenus, la justice a surtout refusé de faire face aux vraies questions que ces cultures posent à savoir :
- le brevetage du vivant et l’appauvrissement de la diversité biologique ; - l’impact économique et social lié au monopole des multinationales. Alors que les sommes requises laissent à penser au combien la valeur de la patate est en train de changer, les Amis de la Terre France souhaitent que lors de l’appel, le débat puisse porter sur le principe de précaution, et sur la souveraineté alimentaire que les OGM rendent impossible.

Contact presse : Caroline Prak – 06 86 41 53 43 / 01 48 51 18 96
[1] Pour plus d’informations, rendez-vous sur http://fieldliberation.wordpress.com/

Voir quelques photos d’Alter Tierra en ligne ici : http://www.flickr.com//photos/91623791@N06/sets/72157632579673802/show/

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