Dans l’édition du samedi 3 janvier, Sud-Ouest titrait "Nos villes changent. Elles cherchent des alternatives au tout-auto". Dans les pages intérieures on pouvait lire les prises de position de plusieurs maires du sud-ouest. A Pau, on annonce l’aménagement du centre piéton "ce qui provoquera des tempêtes mais rendra la vie plus agréable. Il s’agit de faire du centre ville "le " grand pôle commercial d’achat plaisir et de redonner l’envie de vivre en ville". A La Rochelle, "seuls les piétons, le cyclistes et les transports en commun circuleront sur le port". Les maires d’Agen, de Périgueux, de Bayonne parlent aussi "de retrouver le plaisir de flâner en ville", de la nécessité que "le piéton se réapproprie la ville", etc... Tous les maires de la région ? Non !
Voici ce que dit Monsieur Labeyrie : "Nous devons faire face aux contraintes de notre ville qui est très étendue (200 km de voiries pour 30 000 habitants), avec un centre particulièrement concentré autour de trois rivières. Nous ferons sauter un premier point noir en 2005 avec l’ouverture d’une rocade intérieure par la gare qui permettra de détourner le trafic de transit en provenance de la route de Bayonne. Pour le bouchon autour du lycée Victor Duruy , à l’horizon 2007-2008, comme la solution la plus évidente est de passer par le parc Jean-Rameau, nous devrions lancer une consultation des montois avant de trancher. Nous envisageons aussi d’ouvrir de nouvelles lignes de bus". On remarquera le vocabulaire urbanistique très professionnel : faire sauter et trancher... Là où Attila-Beyrie passe, plus rien ne repousse...
Le jeudi 8 janvier, Sud-Ouest interviewait Mr Labeyrie sur ses projets pour la ville. A la remarque "Les Amis de la Terre s’insurgent quand vous évoquez l’idée de créer une nouvelle pénétrante dans le Parc Jean-Rameau pour désengorger le secteur de Duruy", le maire répond :
"Ces personnes sont pires que des Talibans ! Après le choix des essences de bois place Saint Roch [1], les voilà qui critiquent mon initiative de consulter la population sur ce projet ! Si on doit créer une nouvelle voie de circulation et que cette dernière doit passer par le parc Jean Rameau, j’ai toujours dit que je consulterai la population. Je ne peux pas mieux m’inscrire dans la volonté de ces gens qui défendent la démocratie participative" [2](...)
Dans son interview à sud-Ouest, le maire est fier de pouvoir affirmer que : "Nous sommes la ville du Sud-Ouest où il y a le plus de place de parking en ville par rapport à la population".
Et c’est bien là le problème ! Depuis 15 ans, il fait des parkings et il n’y a pas le moindre centime pour les piétons ou les deux-roues. Depuis plus de 15 ans, les Amis de la Terre interviennent à Mont-de-Marsan sur le dossier de l’aménagement du centre ville pour les piétons et les deux-roues. Nous avons fait des propositions concrètes sur la base de réalisations éffectuées dans d’autres villes, nous avons demandé un schéma global de circulation pour la commune, etc, etc... En vain.

Voici le communiqué de presse que les Amis de la Terre ont envoyé à Sud-Ouest et que le journal évoquait dans l’interview. [3]
COMMUNIQUE DE PRESSE, Mont-de-Marsan, le 4 janvier 2004
Mr Labeyrie veut transformer le seul parc du centre ville, le Parc Jean Rameau, en principale artère routière du centre ville !
En 1988 déjà, il avait tenté de bitumer ce parc ! Il dut faire marche arrière, devant la colère des montois et les 3000 signatures rassemblées en quelques jours, pour sauver le parc. D’une part, le projet était très impopulaire et d’autre part, beaucoup de montois doutaient de son efficacité. La traversée du parc et l’enjambement de la rivière par un pont ne font que repousser les embouteillages... de quelques centaines de mètres ! Beaucoup d’argent pour un résultat douteux. Sûr de son fait, le Maire avait pourtant déjà fait scier les branches des arbres qui donnent sur le "futur" axe routier dans le parc, pour permettre aux camions de pouvoir passer ! Sur les arbres de l’allée centrale, on peut encore voir les traces de ce début de massacre à la tronçonneuse...
En 91, Mr Labeyrie remettait ça. Il voulait bétonner une partie du Parc pour y faire construire un Opéra - par l’architecte de l’Opéra Bastille à Paris ! Le projet a capoté. Les contribuables montois durent payer les "pré-études" (certains parlent de 1 millions de francs !!). Le Parc lui, l’avait échappé belle une fois de plus !
Les Amis de la Terre ont demandé de nombreuses fois au Maire que le Parc Jean Rameau - la Pépinière comme l’appellent affectueusement les vieux montois - soit classé une fois pour toute, monument historique, comme le Parc Dussarat de Dax (qui a ainsi profité d’aides du Ministère de la Culture pour sa remise en état). Aucune réponse !
En 1988, Mr Labeyrie n’a pas pu imposer son projet aux Montois trop attachés à leur parc. Il va donc essayer de l’imposer par le biais de la Communauté d’Agglomération du Marsan. Le pari étant que les habitants des communes environnantes sont moins attachés au Parc Jean Rameau que les Montois et qu’on pourra les leurrer plus facilement avec des promesses hypothétiques de trafic plus fluide.
Mais nos voisins de la Communauté d’Agglomération savent-ils que depuis des années, la voirie de Mont-de-Marsan a été délaissée ? Combien de rues et de trottoirs sont dans un état lamentable, défoncés ? Les contribuables des petites communes du Marsan vont vite comprendre leur douleur lorsqu’ils devront financer la nécessaire remise en état de cette voirie abîmée et très étendue. Il n’est pas sûr alors qu’ils aient encore envie de financer le dernier caprice de Mr Labeyrie...
Quant aux piétons et aux deux-roues, à Mont-de-Marsan, ils n’ont pas droit de Cité. En 1994, les Amis de la Terre obtenaient la création d’une Commission extra-municipale (Un an plus tard, devant l’intransigeance du maire, nous nous retirions de la Commission). Lors de la première réunion, nous avons présenté un diaporama illustrant les nombreux points noirs pour les deux-roues et les piétons à Mont-de-Marsan. On pourrait aujourd’hui, reprendre ces diapos une par une ! En particulier les accès de Duruy, de Despiau, de Wlérick, de Rostand, route de Sabres, etc... En 10 ans, RIEN, absolument RIEN n’a été fait !
Si, on a mis un autre feu au niveau du Tribunal pour... augmenter les embouteillages !
[1] voir article : "Déforestation : Place Saint-Roch, on s’asseoit dessus !
[2] A propos de consul tation à la montoise : Les parachutistes ont quitté Mont-de-Marsan et laissé en plein centre ville une caserne avec de nombreux bâtiments et une douzaine d’hectares. Ce dossier est top secret ! Les Montois n’ont jamais été consultés sur ce qu’ils aimeraient voir se faire sur cet emplacement. Ils n’ont droit à aucune information. Tout est verrouillé et décidé par un petit groupe !
[3] Dans un autre passage Mr Labeyrie évoquait les critiques à son égard en ces termes : "Ces roquets passent leur temps à aboyer sur tout ce qui se fait en ville". Nous espérons que le journal Sud-Ouest publiera notre communiqué in extenso pour que les Montois puissent juger sur pièce.
