
C’est le message clé du nouveau rapport « Un défi climatique : ce que les banques internationales doivent faire pour combattre les changements climatiques » (1) publié par Banktrack, le réseau international d’ONG surveillant les pratiques des banques. Ce rapport résume les éléments clés que devrait contenir toute politique climatique du secteur bancaire :
* Les banques doivent se désengager progressivement des activités et projets contribuant significativement au changement climatique en arrêtant de financer tout nouveau projet de centrale au charbon, de prospection, d’exploitation et de transport pétrolier, gazier et charbonnier ;
* Les banques doivent en outre minimiser les impacts climatiques de leurs autres activités. Elles doivent évaluer et rendre publiques les émissions de gaz à effet de serre induites par leurs prêts, leurs investissements et leurs autres services financiers ; elles doivent également établir des objectifs rigoureux et des plans d’action ambitieux de réduction des émissions de leurs portefeuilles par unité d’émission, et développer les outils méthodologiques nécessaires selon leurs activités et services ;
* Enfin, les banques devraient enfin accroître massivement leur soutien au développement et à l’utilisation de technologies et de processus de production à faible intensité climatique (dont les énergies renouvelables), et augmenter leur financement aux technologies de réduction d’émissions et d’efficacité énergétique.
Pour faire face au défi climatique, le rapport liste également les types de projets énergétiques que BankTrack considère comme les solutions (éolien, petit hydro, solaire, biomasse et d’autres technologies) et ceux considérés comme "fausses solutions" (énergie nucléaire, grand hydro, utilisation continue de gaz, agro-carburants). Le rapport met particulièrement à l’index l’énergie nucléaire comme voie sans issue pour les banques qui souhaiteraient diversifier leur portefeuille énergétique, une voie dans laquelle elles ne doivent en aucun cas s’engager.
La publication de ce rapport intervient alors que la conférence des Nations Unies sur le climat à Bali, à laquelle ont participé pour la première fois les ministres des finances des grands pays, s’est terminée sur de difficiles accords. « Toutes les grandes banques ont aujourd’hui un semblant d’initiatives sur le climat, mais ce n’est rien comparé à ce qui nécessaire. Les banques financent de façon continue et massive des projets pétroliers et gaziers à travers le monde, et seront bientôt perçues comme complices de la destruction du climat par une opinion publique de plus en plus critique », estime Yann Louvel, chargé de campagne Finance privée aux Amis de la Terre.
« De par leur importance dans tous les secteurs de la société, les banques doivent jouer un rôle majeur dans la lutte contre le changement climatique », ajoute Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes aux Amis de la Terre. « Les banques doivent intégrer des exigences climatiques dans leurs relations avec leurs clients, de la même manière qu’elles ont des exigences financières avec ces derniers. Cela donnerait un grand coup d’accélérateur à la décarbonisation de l’économie », conclut-il.
Contact presse : Caroline Prak, Les Amis de la Terre, 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43
Notes : [1] Rapport disponible en ligne en cliquant ici