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BankTrack évalue les politiques sectorielles de 49 banques internationales

10 mai 2010,
Par Yann Louvel

Le réseau international BankTrack, dont les Amis de la Terre sont membres, vient de publier l’étude « Close the gap » qui évalue les politiques sectorielles de 49 banques internationales. Deux ans après « Mind the gap », cette nouvelle étude révèle que, si de nouvelles politiques ont été adoptées, leur qualité reste nettement insuffisante face aux enjeux réels. Les notes des banques françaises analysées (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et Natixis) ont très peu évolué et sont toujours médiocres. Malgré le sommet de Copenhague, aucune d’entre elles n’a, par exemple, adopté de politique sectorielle sur l’énergie et le climat.


Deux ans après la publication du rapport «  Mind the gap », et trois ans après celle de «  Shaping the future of sustainable finance », BankTrack fait le point sur les politiques sectorielles des grandes banques internationales avec la publication de l’étude « Close the Gap » (1). Les politiques de 49 banques issues de 17 pays (2) ont été évaluées pour sept secteurs d’activités à hauts risques, et neuf problématiques sociales et environnementales comme le climat ou la biodiversité (3). Leur degré de transparence et de mise en œuvre ont également été évalués.

Johan Frijns, coordinateur du réseau BankTrack, analyse ces résultats : « Si de nouvelles politiques sectorielles ont bien été adoptées ces dernières années, elles restent encore nettement insuffisantes en nombre comme en qualité. La plupart des politiques n’atteignent pas ce que BankTrack considère comme "adéquat ‘’, et encore moins comme’’‘bon’’. L’immense majorité des politiques obtient ainsi un score très faible de 1 sur 5. Enfin, aucune banque n’a adopté de politiques dans tous les domaines analysés ».

Pour prendre un seul exemple, 28 banques sur 49 ont adopté leur propre politique sectorielle sur les changements climatiques, mais aucune d’entre elles ne prend de réels engagements pour abandonner le financement de l’exploration des énergies fossiles ou des centrales à charbon. Logiquement, aucune de ces politiques n’atteint ou ne dépasse le score de 2 sur 5. Leur qualité de ces politiques et leur application est ainsi remise en cause. Les grandes banques internationales doivent donc s’atteler à s’améliorer, au risque d’être à nouveau confrontées au financement de projets controversés et risqués pour leur réputation.

Yann Louvel, chargé de campagne Finance privée aux Amis de la Terre, conclut : « Malheureusement, les rares exceptions, comme Rabobank ou HSBC, ne sont pas à chercher du côté des banques françaises (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et Natixis). Celles-ci ont adopté très peu de politiques sectorielles et n’ayant pratiquement pas évolué, la plupart de leurs scores restant inchangés. Aucune d’entre elles n’a par exemple adopté de politique sur les changements climatiques malgré la mobilisation autour de Copenhague. Les banques françaises doivent donc se ressaisir et adopter des politiques sectorielles ambitieuses afin de ne plus être impliquées dans de trop nombreux projets controversés (4) ».

Contact presse : Caroline Prak, Les Amis de la Terre, 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43

Notes :

(1) Les résultats de la recherche se trouvent sur le site de BankTrack ici. Version finale du rapport . Résultats par banque disponibles ici dans la section « banks ».

(2) Les banques analysées sont les suivantes : ABN Amro, ANZ, Banco Bradesco, Banco do Brasil, Bangkok Bank, Bank of America, Bank of China, Bank of Tokyo- Mitsubishi, Barclays, BBVA, BNP Paribas, China Construction Bank, Citi, Commonwealth Bank, Crédit Agricole, Crédit Suisse, DekaBank, Deutsche Bank, Dexia, Fortis Bank Nederland, Goldman Sachs, HSBC, Industrial and Commercial Bank of China, China Industrial Bank, ING, Intesa Sanpaolo, Itao Unibanco, JPMorgan Chase, KasikornBank (Thailand), KBC, Mizuho, Morgan Stanley, National Australia Bank, Natixis, Nedbank, Nordea, Rabobank, RBC, RBS, Santander, standard Chartered Bank, Scotiabank, Sumitomo Mitsui Banking Corporation, Société Générale, Standard Bank, UBS, UniCredit, WestLB, Westpac.

(3) Les secteurs évalués sont les suivants : agriculture, pêche, forêts, armement, mines, pétrole et gaz, production d’énergie. Les problématiques sociales et environnementales également analysées sont les suivantes : biodiversité, changements climatiques, corruption, droits humains, peuples indigènes, droit du travail, activités en zone de conflits, fiscalité, produits toxiques.

(4) La liste des projets controversés suivis par BankTrack se trouve ici dans la section « « dodgy deals ».