Banque européenne d’investissement : six ans de financement du pillage minier en Afrique

Montreuil, le 5 novembre 2007 - Les Amis de la Terre publient aujourd’hui un nouveau rapport, Banque européenne d’investissement : six ans de financement du pillage minier en Afrique (1). Ce rapport analyse les prêts de la Banque européenne d’investissement (BEI) en Afrique. Alors qu’elle est censée y intervenir en tant que banque de développement de l’Union européenne, la BEI s’implique de façon croissante dans le secteur très controversé des mines. Pourtant, la BEI ne dispose d’aucune norme environnementale et sociale crédible. Les Amis de la Terre demandent à la BEI de suspendre ses financements aux mines tant qu’elle n’a pas adopté des normes exigeantes.

Entre 2000 et 2006, la BEI a accordé plus de 364 millions d’euros à de grands projets miniers dans des pays africains. Déforestation, pollutions, déplacements de population, corruption, conflits pour le contrôle des ressources... L’industrie minière est pourtant l’une des plus destructrices au monde. En outre, les effets positifs des mines sur le développement du pays d’accueil sont très contestés : peu créateur d’emplois, bénéficiant souvent de niveaux de taxation très bas, le secteur minier est contrôlé par de grandes entreprises des pays riches, qui exploitent les ressources africaines pour les exporter vers les pays développés ou émergents.

Pour Anne-Sophie Simpere, chargée de campagne Responsabilité des acteurs financiers aux Amis de la Terre, « en choisissant de s’impliquer massivement dans le secteur minier, la BEI se comporte comme une banque commerciale, répondant avant tout aux besoins de ses clients, des multinationales des pays riches qui veulent profiter du boom actuel des prix des matières premières. La BEI approuve les projets qu’elle finance sur la seule base de leur rentabilité : c’est une attitude inacceptable de la part d’une institution européenne dotée d’un mandat de développement ».

La BEI montre un retard considérable en matière de transparence, de normes environnementales et sociales, de procédure, et d’expertise par rapport aux autres bailleurs publics internationaux (Banque mondiale, banques régionales de développement), pourtant eux-mêmes critiqués pour leurs insuffisances.

« Des études de terrain ont démontré que des projets miniers financés par la BEI, notamment en Zambie, ont entraîné des pollutions majeures de l’eau et de l’air. La Banque ne possède aucune norme ou procédure pour anticiper et réduire ces impacts. Il est irresponsable, dans ces conditions, de s’impliquer dans un secteur aussi risqué que les industries extractives. » explique Anne-Sophie Simpere.

Les Amis de la Terre demandent que la BEI arrête de financer le secteur minier en Afrique tant qu’elle n’a pas fait évoluer ses pratiques. Les Amis de la Terre ont mis en évidence dans le rapport les meilleures pratiques internationales, et recommandent à la BEI la mise en œuvre immédiate de dix mesures prioritaires, et l’adoption à moyen terme des meilleures normes internationales en vigueur.

La publication du rapport est accompagnée par la sortie du document public « BEI : L’Europe mine l’Afrique » (2) soutenu par une vingtaine d’organisations dont le Secours Catholique, la FIDH, Greenpeace ou Oxfam France. Il permettra aux citoyens d’interpeller directement le Président de la BEI en lui envoyant une carte postale-pétition.

(1) Lire le rapport ici
(2)http://www.amisdelaterre.org/Banque-europeenne-d-investissement,3582.html?var_mode=calcul

Contact presse : Caroline Prak, 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43

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