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Banque européenne d’investissement et environnement : effet d’annonce ou engagements ?

31 mai 2006,
Communiqué de presse
Alors que s’ouvre la semaine verte soutenue par la commission européenne, la Banque européenne d’investissement (BEI) annonce une déclaration intitulée « Principes européens pour l’environnement »[1], signée par la BEI et quatre autres institutions financières [2]. Ce document indique notamment l’engagement de ces institutions pour le développement durable et le « droit fondamental des générations futures et actuelles à un environnement de qualité ». La déclaration fait référence aux principes et à la législation de l’UE relatifs à l’environnement. Mais l’application concrète de ces principes se fera dans le cadre des politiques environnementales respectives des institutions signataires. Et c’est là le problème...

Magda Stoczkiewicz, de CEE Bankwatch Network, commente : « Si nous approuvons l’adhésion de la BEI aux Principes européens pour l’environnement, nous dénonçons néanmoins les problèmes relatifs aux politiques et procédures de mise en oeuvre ». Les ONG rappellent que la politique environnementale de la BEI ne reflète pas suffisamment les principes environnementaux européens. De plus, les procédures environnementales de la BEI sont peu claires voire inexistantes. Or cette banque agit au nom des citoyens et des gouvernements européens, avec des prêts s’élevant approximativement à 45 milliards d’euros annuels pour des projets à l’intérieur comme à l’extérieur de l’UE.

Un rapport récent des ONG« EIB in the South, in whose interest ? »[3], présente un éventail des problèmes posés par les projets de la BEI au Sud, et demande à cette institution d’appliquer des mesures sociales et environnementales claires pour l’instruction et le suivi des projets qu’elle finance. Le rapport pointe aussi du doigt la faiblesse des moyens humains et de l’expertise dont la BEI dispose pour assurer la prise en compte des questions sociales et environnementales.

Quand il est question d’instruire un projet, la BEI se repose sur les clients à l’initiative du projet, naturellement portés vers des procédures simples et rapides plutôt que des évaluations approfondies de l’ensemble des impacts du projet qui s’appuieraient sur des consultations sérieuses des populations. Pour Majda Bouchanine, des Amis de la Terre, « Il est légitime d’exiger une plus grande vigilance environnementale de la part d’une banque publique européenne censée promouvoir la législation de l’UE. Qui plus est lorsqu’elle intervient dans des pays où les normes et leur mise en oeuvre sont encore moins contraignantes ».

Magda Stoczkiewicz ajoute : « D’après nos informations, la BEI n’a pas l’intention des réviser sa politique environnementale dans un futur proche. De plus, sans un changement substantiel des procédures, de l’expertise interne et de la quantité de personnel affecté à l’instruction et au suivi des projets, les principes signés par la BEI resteront lettre morte ».

Les ONG vont interpeller les gouverneurs de la BEI à l’occasion de leur réunion la semaine prochaine au Luxembourg, pour les inciter à une révision immédiate de la politique environnementale actuelle.

Pour plus d’informations :

Magda Stoczkiewicz, CEE Bankwatch Network Tel : +32 2 542 01 88, GSM : +32 475 867637

Majda Bouchanine, les Amis de la Terre, Tel : +334 902 532 04

[1] Voir : http://www.eib.org/epe

[2] Il s’agit de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), de la Banque de développement du Conseil de l’europe, de la Nordic Environment Finance Corporation, et de la Nordic Investment Bank

[3] rapport téléchargeable, voir : www.bankwatch.org/documents/eib_in_south_3.pdf. Il comprend des études de cas sur les activités minières en Zambie, le projet d’oléoduc Tchad Cameroun, le projet Mexico Volkswagen, le projet Mexi-gas, le projet Veracel Pulp Mill au Brésil, la privatisation de l’eau à Jakarta et aux Philippines et le barrage Nam Theun II au Laos.