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Banque mondiale : écrivez au Président de ne plus financer le pétrole !

27 février 2004,
Par Sébastien Godinot

Campagne internationale des Amis de la Terre

Cyberaction
Dites à la Banque mondiale de suivre les recommandations de la Revue des Industries Extractives, et d’arrêter de financer le charbon immédiatement, et le pétrole en 2008 !

Sous la pression de la société civile, la Banque mondiale a commandité en 2001 une évaluation internationale pour considérer son rôle futur dans le secteurs des industries extractives (énergies fossiles et mines). La « Revue des Industries Extractives » (RIE), processus consultatif indépendant, vient ainsi de s’achever.

Après deux ans d’études sur les cinq continents, le rapport final de la RIE recommande que la Banque mondiale adopte des réformes radicales de sa politique, incluant l’arrêt du financement des projets charbonniers immédiatement et des projets pétroliers en 2008.

Le rapport recommande également le respect des droits humains, le consentement préalable informé des populations locales, l’établissement de zones protégées interdites à toute activité minière et l’arrêt des technologies destructrices.

Les officiels de la Banque ont déjà proposé de rejeter toute les conclusions importantes du rapport de la RIE, niant la plus importante analyse jamais faite du secteur.

Seul un message fort de la société civile peut changer la donne. Votre soutien est vital pour faire perdre conscience à la Banque du besoin urgent de changement.

Cliquez ici pour envoyer un mail aux décideurs :

- M. James Wolfensohn, Président du Groupe Banque mondiale
- M. Peter Woicke, Directeur de la Société Financière Internationale, organe du Groupe Banque mondiale prêtant aux entreprises
- M. Rashad Kaldany, Directeur du Département Industries extractives de la Banque mondiale.

Une copie de ce mail sera envoyée aux Amis de la Terre International, qui s’engagent à ne pas l’utiliser ou le diffuser. Vous n’avez pas besoin d’entrer une adresse e-mail mais si vous le faites, l’e-mail envoyé le sera de votre adresse et vous recevrez toute réponse de la Banque.

La pétition est également accessible sur www.eireview.info, la partie du site officiel de la RIE mise en place par la société civile.

Le mail est en anglais : sa traduction figure ci dessous.

Cher Monsieur Wolfensohn,

Je vous écris aujourd’hui en espérant un avancement significatif de nos objectifs communs, à savoir le développement durable et la réduction de la pauvreté. Comme vous le savez, le Dr Emil Salim vient d’achever le Rapport Final de la Revue des Industries Extractives (RIE). Nous voulons vous remercier d’avoir lancé ce processus historique à Prague il y a trois ans, et d’y avoir consacré le temps du personnel du Groupe de la Banque Mondiale (GBM) et les ressources financières adéquates.

Nous voudrions aussi remercier le Docteur Emil Salim pour son adhésion au principe qui dit que « le développement véritable exige un partenariat non seulement entre les gouvernements et les entreprises, mais aussi avec la société civile. » L’engagement du Dr Emil Salim à cet égard nous permet de soutenir ses recommandations et de vous encourager à les adopter toutes, sans exception ni aucune reserve.

La RIE a conclu que si le GBM prévoit de poursuivre son mandat d’allégement de la pauvreté, il ne devrait pas soutenir les industries extractives à moins que l’ensemble des conditions préalables décrites dans le Rapport ne soient mises en place. En outre, la RIE a trouvé que le soutien à certains types d’activités extractives ne représente pas la meilleure façon d’utiliser les fonds du GBM afin de promouvoir et soutenir le développement durable, et donc que le GBM devrait supprimer progressivement son soutien financier à ce genre d’activités et orienter ses fonds vers d’autres usages.

Nous ne pouvons pas considérer comme suffisant l’adoption de seulement une partie des conditions recommandées par la RIE. La contribution à l’allégement de la pauvreté ou au développement durable est menacée par la non realisation de seulement une des conditions recommandées, comme cela l’a déjà été démontré.

Sur votre insistance, la RIE a impliqué le personnel du GBM à presque chaque niveau et par conséquent le processus et le Rapport Final s’en sont évidemment enrichis. Nous espérons et nous nous attendons à ce que cette implication du personnel et à ce que les points de vue du GBM se traduisent maintenant dans une mise en œuvre sans heurt de toutes les recommandations du rapport. Celles-ci étaient, après tout, la prémisse sur laquelle vous avez fondé votre insistance concernant l’implication profonde du personnel de GBM dans le processus de la RIE.

Ceux qui parmi nous, ont participé au processus de SAPRI et à la Commission Mondiale sur les Barrages, pouvons être sceptiques et ce scepticisme pourrait se durcir si le GBM sélectionne et choisit seulement les recommandations les moins porteuses de défi. Lors de la periode de transition, en attendant la mise en application complète des recommandations de la RIE, nous croyons qu’il serait salutaire que vous demandiez au personnel et à la Direction de GBM d’arrêter toutes actions sur les politiques ou projets qui pourraient être affectés/touchés par les recommandations de la RIE.

Nous félicitons la RIE d’avoir reconnu comme menace le changement climatique pour le développement durable et nous approuvons fortement la recommandation qui consiste à ce que la BM suspende immédiatement son soutien dans le domaine de l’extraction du charbon et qu’elle supprime progressivement son financement des projets pétroliers d’ici 2008. En réorientant son soutien financier des combustibles fossiles vers l’énergie renouvelable, la BM pourrait jouer un rôle determinant dans le développement de l’énergie renouvelable au sud, aboutissant à des avantages globaux significatifs.

Nous aimerions aussi souligner l’approbation de la RIE en ce qui concerne le consentement informé et préalable des peuples indigènes et l’importance d’obtenir « une licence sociale » des communautés touchées avant que les projets n’avancent. Bien que ce principe ait déjà été identifié pour les peuples autochtones en vertu du droit international, les autres types de communautés ont souvent très peu d’influence sur les décisions concernant un projet, malgré les impacts importants des opérations extractives sur leurs vies et sur l’environnement dont ils dépendent. Permettre à toutes les communautés à faire de même, n’est pas seulement une chose correcte mais cela eloignera également le risque considérable de mauvaise réputation et epargnera des coûts supplémentaires auxquels la Banque et les sponsors du projet font face.

La reconnaissance et le respect des droits de l’homme font partie des éléments clés du développement durable. Jusqu’ici, malgré tous vos plus grands efforts, que nous reconnaissons et applaudissons, la Banque Mondiale est loin derrière de nombreuses institutions intergouvernementales en ce qui concerne sa prise de responsabilités en matière de droits humains, y compris de droits des travailleurs, et dans l’intégration de ceux-ci dans ses opérations et programmes. Comme en a conclu la RIE, ceci n’est pas une question de critère à suivre mais plutôt une mise en conformité avec la loi internationale qui s’applique sur la Banque ; c’est aussi un bon moyen pour favoriser le développement. Nous nous rendons compte que vous avez exprimé votre intérêt pour les droits humains et que vous avez favorisé les issues liées aux droits au sein de la Banque. Nous espérons donc que vous utiliserez toute votre influence afin de démontrer votre engagement en adoptant toutes les recommandations de la RIE.

Nous sommes confiants que la RIE sera retenue comme une des initiatives les plus importantes de votre mandat, et une des pierres angulaires de votre mission en tant que président de la BM. Nous vous accordons que la vraie démonstration de la volonté du GBM de donner la priorité à la réduction de la pauvreté et au développement durable se trouvera dans votre volonté de faire pression pour redéfinir la Banque elle-même et son approche au développement face à la bureaucratie, aux interêts des corporations, à la corruption et aux barrières lièes aux changements institutionnels. La prochaine formulation et adoption du plan d’action concret pour la RIE démontrera jusqu’à quel point la Banque Mondiale est sérieuse dans sa volonté de s’assurer que les objectifs jumeaux de réduction de la pauvreté et de développement durable y sont fortement confirmés.

Je vous prie de croire, Cher Monsieur, à l’expression de mes sentiments distingués.



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