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Banques chinoises et environnement : les banques occidentales doivent agir

16 mai 2007,
Par Sébastien Godinot

Les Amis de la Terre Etats-Unis et Banktrack, réseau international d’ONG travaillant sur la finance privée, publient la première étude [1] sur les dix principales banques chinoises et le respect de l’environnement. Seules deux ont publié des politiques environnementales, très limitées ; cependant la situation semble évoluer rapidement. En outre, le rapport détaille les participations croissantes des banques occidentales dans des banques chinoises : cela leur donne une responsabilité directe dans la mise en place de politiques environnementales dans leurs homologues chinoises. Elles peuvent et doivent donc agir de toute urgence au lieu de prétexter que la concurrence chinoise leur impose un nivellement par le bas.


Le rapport analyse les politiques des dix principales banques chinoises [2]. Globalement, les politiques environnementales des banques chinoises sont loin derrière celles de leurs homologues internationales. Les deux seules banques ayant publié une politique environnementale, China Development Bank et l’Export-Import Bank of China, la limitent à la vérification du respect des lois environnementales par le client. L’une d’entre elles a publié sa politique suite à la demande de l’ONG Pacific Environment, membre de Banktrack. « Les banques chinoises considèrent l’environnement comme une affaire de charité, comme les banques occidentales le voyaient il y a dix ans », estime Michelle Chan-Fischel des Amis de la Terre Etats-Unis, auteur du rapport.

Cependant, quelques signes positifs existent : le gouvernement fédéral chinois commence à encourager les banques à prendre en compte l’environnement. Ainsi, la People’s Bank of China a récemment développé une base de données sur le respect par les emprunteurs des lois environnementales ; elle pourrait permettre aux banques choinoises d’évaluer le respect de la loi par leurs clients, avant de leur accorder des prêts.

L’opacité énorme des banques chinoises rend problématique l’analyse de la mise en oeuvre de leurs engagements. Johan Frijns, coordinateur de Banktrack, estime : « Ce problème est omniprésent : il concerne également les banques occidentales. Il demeure encore pratiquement impossible d’évaluer l’utilité concrète d’approches volontaires comme les Principes d’Equateur, ainsi que les engagements individuels des grandes banques internationales, faute d’accès à l’information. »

Il faut enfin noter que les banques occidentales ont déjà de larges participations dans les banques chinoises. Sébastien Godinot des Amis de la Terre France explique : « Les banques internationales utilisent déjà les banques chinoises comme prétexte pour ne pas améliorer leurs propres approches environnementales. Mais des banques comme HSBC, Citigroup, Goldman Sachs, Bank of America ou Royal Bank of Scotland ont une responsabilité dans les banques chinoises à hauteur de leurs participations croissantes. BNP-Paribas possède 19,2% de Nanjing City Commercial Bank. Les banques occidentales peuvent donc et doivent pousser leurs partenaires chinoises à améliorer urgemment leurs approches environnementales, et non à prétexter l’obligation d’un nivellement par le bas. »

Notes
[1] "Time to go green – Environmental responsibility in the Chinese banking sector", Friends of the Earth United States & Banktrack, May 2007, 102 p.
[2] Bank of China, Industrial and Commercial Bank of China, China Construction Bank, Agricultural Bank of China, China Development Bank, China Export-Import Bank, China Export & Credit Insurance Corporation (Sinosure), Agricultural Development Bank of China, Bank of Communications et China CITIC Group

Contact presse
Caroline Prak, Les Amis de la Terre, 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43



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