Les Amis de la Terre ont interrogé les représentants de la Banque et du consortium sur les aspects environnementaux, sociaux, démocratiques et économiques du projet. Les documents récemment publiés sur les impacts environnementaux et sociaux sont lacunaires : ainsi, le long de la rivière Xe Bang Fai, en aval du barrage, le sort de 50 000 à 150 000 personnes qui vivent largement du fleuve et de la pêche est toujours incertain. Sur les 7200 personnes vivant aujourd’hui sur la zone du réservoir, seulement 6200 seront relogées par l’entreprise : qu’adviendra-t-il des autres ?
Les conséquences économiques du projet ne sont pas plus claires ni convaincantes. Deux documents clés sur l’économie du projet ne sont toujours pas rendus publics, rendant impossible une analyse indépendante des chiffres avancés. La Banque reconnaît comme le consortium que le barrage est à la limite de la rentabilité commerciale : compte tenu de la dimension colossale et de la complexité du projet, une telle prise de risque est-elle justifiée dans un pays aussi pauvre ?
« L’évaluation précise des risques est partielle, explique Sébastien Godinot des Amis de la Terre. Plus grave encore, aucune garantie sérieuse n’accompagne les engagements pris par le gouvernement lao sur demande de la Banque, alors que c’est le suivi de ces engagements qui déterminera la réussite ou l’échec du projet ». La gouvernance du pays est reconnue comme faible et le Laos a récemment été rappelé à l’ordre par le Fonds Monétaire International.
La Banque mondiale a jusqu’à mai 2005 pour convaincre, faute de quoi les accords d’achat d’énergie seront caducs. De nombreuses associations ont demandé que le projet respecte les priorités stratégiques de la Commission Mondiale des Barrages, institution indépendante de référence, afin de garantir les droits des populations.
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Sébastien Godinot, 01 48 51 18 92 / 06 68 98 83 41




