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Barrage de Yusufeli : SPIE jette l’éponge

20 décembre 2002,
Communiqué de presse

Paris, le 20 décembre 2002. Les Amis de la Terre et France Libertés saluent la décision de l’entreprise française SPIE Batignolles de se retirer du projet de barrage controversé de Yusufeli, en Turquie. Cette décision confirme les incertitudes du projet et son impact inacceptable sur les populations et la région de Yusufeli.

Le projet de grand barrage hydroélectrique de Yusufeli, dans le nord-est de la Turquie, aurait impliqué le déplacement forcé de 15 000 à 30 000 personnes, noyant plusieurs dizaines de villes et villages et une immense superficie d’intérêt agricole et écologique. Les populations n’ont pas été informées et consultées correctement. Les femmes notamment ont été systématiquement exclues des réunions ; l’étude d’impact environnementale du projet n’a jamais été rendue publique, pas plus que le plan de relogement des populations.

C’est contre ces violations graves des normes internationales minimales que les Amis de la Terre et France Libertés ont mené campagne. Après une mission internationale d’enquête sur le terrain effectuée conjointement avec plusieurs ONG anglaises, trois rapports ont été envoyés aux décideurs publics et privés français, et des rencontres ont été partout sollicitées.

Le retrait de SPIE suit celui de l’entreprise britannique AMEC, annoncé au printemps dernier après une campagne citoyenne identique en Angleterre. C’est du Ministère français de l’Economie et des Finances que vient l’information, précisant que SPIE se retire « ainsi que les entreprises de génie civil belges et espagnoles ». Aujourd’hui, le département de communication de SPIE annonce officiellement l’abandon du projet. Par ailleurs, le Ministère confirme, le retrait de l’agence française d’assurance-crédit aux exportations, la COFACE. L’entreprise française Alstom se retrouve donc seule dans un projet qui prend eau de toutes parts.

Cette victoire majeure de la campagne contre le barrage de Yusufeli témoigne de l’efficacité des mobilisations citoyennes, et donne un signal fort aux multinationales et aux Etats : « les populations locales doivent être des acteurs à part entière des projets de développement, déclare Mélanie Le Verger de France Libertés. Lorsqu’elles en sont exclues, en violation des normes internationales les plus élémentaires, comme c’était le cas ici, les projets sont inacceptables pour elles, et sont donc combattus ».

« Pour se garder de tels échecs, complète Sébastien Godinot des Amis de la Terre, les entreprises françaises et la COFACE doivent adopter des lignes directrices exigeantes au niveau social et environnemental, et en matière de transparence. C’est la seule voie pour que leurs projets bénéficient à tous les acteurs concernés, soient acceptés et contribuent ainsi à un développement durable ».

Contacts
Les Amis de la Terre - Sébastien Godinot : 01.48.51.18.92
France Libertés - Pauline Dubuisson, Mélanie Le Verger : 01.53.25.10.40