Le projet de construction de la centrale nucléaire de Belene, au nord de la Bulgarie, est extrêmement controversé depuis son origine au début des années 80. Sébastien Godinot, Coordinateur des campagnes aux Amis de la Terre, rappelle : « Le projet Belene a une longue histoire tortueuse et avait déjà été abandonné pour des raisons économiques, sociales et environnementales. En 1997, le gouvernement bulgare l’avait même jugé comme « techniquement peu sûr et économiquement non viable ». La prégnance du risque sismique et l’explosion récente des coûts du projet de 2,5 milliards d’euros en 2005 à 7 milliards aujourd’hui confirment cette analyse ».
C’est aujourd’hui le risque sismique qui préoccupe le plus de par son manque de prise en considération par les acteurs du projet. Comme les Amis de la Terre l’avaient indiqué en décembre dernier, si la Commission européenne a reconnu leurs préoccupations lors d’une rencontre avec les ONG, elle n’a pas tenu compte du risque sismique de la région de Belene, car le traité Euratom sur lequel elle s’est basée n’en fait pas mention, et son analyse a débouché sur un avis positif. Yann Louvel, Chargé de campagne Finance privée aux Amis de la Terre, poursuit : « Etant donné cet état de fait, nous étions donc en droit de nous attendre à une analyse un peu plus sérieuse sur le sujet de la part d’une banque telle que BNP Paribas. C’est précisément la question que nous avons posée hier à la direction du groupe lors de son Assemblée générale annuelle. La réponse du Directeur Général du groupe, M. Baudouin Prot, nous apprend qu’il n’en est rien et que BNP Paribas semble s’être limité à l’avis positif de la Commission européenne ».
Contredisant totalement les conclusions d’une étude récente de l’Institut de Géophysique de l’Académie des Sciences bulgare selon lesquelles la région de Belene ne serait soumise qu’à un très faible risque sismique, alors que cette même académie affirmait précisément le contraire dans un livre blanc publié en 1990 sur le projet, l’activité sismique récente de la région confirme les craintes des ONG. « Un séisme de magnitude supérieure à quatre sur l’échelle de Richter a frappé la région de Belene le 12 mai dernier, c’est le troisième de cette intensité en moins d’un mois dans le pays. Les habitants de la ville de Belene sont sortis dans les rues après avoir ressenti les secousses. Est-ce que BNP Paribas va attendre que la centrale soit construite et qu’un autre séisme, comme celui de 1977 qui avait fait 120 morts à 12 kilomètres de Belene, ne frappe la région pour se demander s’il ’y a un risque ? », demande Yann Louvel.
« La réponse de M. Prot à cet égard est par ailleurs révélatrice puisque BNP Paribas serait prêt à organiser et structurer le financement de la centrale de Belene, mais pas à y participer financièrement, ce qui paraît contradictoire. Cette schizophrénie révèle bien le manque de sérieux de l’analyse des risques de la banque et son manque de cohérence flagrant. Les Amis de la Terre demandent à BNP Paribas de se retirer immédiatement de toute implication dans ce projet dangereux et obsolète », conclut Sébastien Godinot.
Contact presse : Caroline Prak, Les Amis de la Terre, 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43




