C’est le directeur général de BNP-Paribas, M. Baudouin Prot, qui l’a martelé dans la réunion hier avec les ONG au sujet de la centrale nucléaire de Belene : « nous ne participerons pas à l’appel d’offre pour le financement privé du projet ». La banque s’est engagée à confirmer publiquement son refus de financer la centrale nucléaire. C’est donc la douzième banque qui rejette le projet. Cette victoire a été obtenue notamment grâce à une cyberaction qui a réuni 7000 signataires en mai [1], et à une journée européenne d’action contre BNP-Paribas le 5 juin, dans 15 pays et 20 villes françaises.
Si BNP-Paribas nie toute responsabilité dans le financement de la centrale nucléaire, elle maintient pourtant en parallèle un financement syndiqué de 250 millions d’euros pour des « études d’ingénierie » du projet Belene. L’argument de BNP-Paribas est technique : la banque finance l’entreprise d’électricité bulgare NEK de manière globale, et non le projet Belene en particulier. Mais son client NEK lui même répète dans les médias que ce prêt permettra de démarrer la construction, information confirmée par le directeur général de BNP-Paribas Bulgarie. Jan Haverkamp de Greenpeace ajoute : « l’appel d’offre remporté par BNP-Paribas, que nous avons pu nous procurer, fait état d’un « financement relais » pour Belene jusqu’à ce que le financement final soit en place. Cela contribue donc bien au financement de la centrale ».
Heffa Schucking de l’ONG allemande Urgewald précise : « BNP-Paribas rejette le projet du fait de ses énormes risques. Dans ce cas, pourquoi accepter de financer les étapes préalables ? ». Albena Simeonova ajoute : « BNP-Paribas estime que ce financement est marginal s’il est utilisé pour la construction du projet. Mais c’est un appel d’air pour le projet que NEK utilise en Bulgarie pour affirmer partout dans les médias que le projet est « bankable ». BNP-Paribas doit reconnaître qu’elle a dès lors une responsabilité et devrait, par souci de cohérence, rejetter le financement.
Sébastien Godinot des Amis de la Terre conclut : « BNP-Paribas proteste contre la communication faite par NEK au sujet du prêt. Mais les ONG l’ont informée depuis six mois des risques du projet et des dérives de son propre client, informations qu’elle n’a pas daigné prendre en compte. Elle nie ses responsabilités et fait preuve d’une naïveté difficilement crédible. La seule solution sûre pour faire taire les critiques et supprimer les risques est qu’elle arrête de financer NEK. Cela vaut pour les 15 autres banques impliquées dans ce financement, que nous sommes en train d’interpeller ».
[1] A l’appel des Amis de la Terre, Greenpeace, Réseau Sortir du Nucléaire et Cyberacteurs
Contacts presse :
Les Amis de la Terre : Caroline Prak 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43
Urgewald (Allemagne) : Heffa Schücking +49 16 096 761 436 ; e-mail : heffa@urgewald.de
Greenpeace : Jan Haverkamp +420.603 569 243 ; e-mail : jan.haverkamp@diala.greenpeace.org
Coalition BeleNE ! (Bulgarie) : Albena Simeonova +359.888 215 268