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Belene : Plus de 25 000 Européens rappellent M. Piebalgs à ses promesses

4 décembre 2007,
Par Yann Louvel

Paris- le 4 décembre 2007 - La controverse de Belene concernant la future centrale nucléaire bulgare, dans une zone sismique proche de la frontière roumaine, a maintenant atteint Bruxelles. Plus de 25 000 Européens ont ainsi déjà rappelé au Commissaire européen à l’énergie Andris Piebalgs ses promesses relatives à l’impératif de sécurité et l’acceptation publique nécessaires pour tout nouveau projet nucléaire. La Commission Européenne doit rendre son avis sur le projet Belene dans les prochaines semaines.

Le projet de construction d’une centrale nucléaire près de la ville de Belene au nord de la Bulgarie a une histoire longue et controversée : la centrale a été conçue et partiellement construite dans les années 80, avant d’être abandonnée dans les années 90 puis remise au goût du jour en 2002. Mais la construction de cette centrale est plus ou moins interrompue car de nombreuses banques privées se sont refusées à financer ce projet controversé.

Dans une conférence de presse tenue à Bruxelles le 23 octobre dernier, le Dr. Gueorgui Kastchiev, ancien président de l’Autorité de Régulation Nucléaire Bulgare et désormais expert nucléaire à l’Institut pour l’Analyse de Risque de l’Université de Vienne, a présenté toute une liste de préoccupations et a déclaré : « Je pense que le projet de centrale nucléaire Belene doit être stoppé immédiatement ». D’après Dr. Kastchiev, « le projet Belene présente des risques de sécurité et environnementaux intolérables. Le manque d’expérience opérationnelle pour le type de réacteur planifié et le manque de personnel qualifié conduiront forcément à un travail de mauvaise qualité », explique-t-il. « Si quelqu’un considère l’important risque sismique du lieu et le faible niveau de la culture de la sécurité nucléaire en Bulgarie, il ne peut en venir qu’à une conclusion : ce projet ne doit pas continuer ».

Les déclarations de M. Kastchiev interviennent à un moment particulièrement sensible : la Commission Européenne doit émettre un avis officiel sur le projet Belene dans les toutes prochaines semaines. Bien que l’avis de la Commission ne soit pas juridiquement contraignant, le gouvernement bulgare a pourtant exercé une forte pression pour obtenir une évaluation positive du projet, un avis qui lui permettrait ensuite de demander le soutien financier public d’Euratom et de la Banque Européenne d’Investissement.

Comme le déclare Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes aux Amis de la Terre : « L’importance de la décision de la Commission ne doit pas être sous-estimée. Le projet Belene a déjà rencontré de grandes difficultés financières et sans un prêt d’Euratom il a peu de chances d’être achevé ».

« C’est pourquoi des milliers d’Européens ont rappelé au Commissaire Piebalgs ses engagements en terme de sécurité et d’acceptation publique de tout nouveau projet nucléaire, deux conditions qui ne sont manifestement pas remplies dans le cas du projet Belene. » « Nous espérons que cette mobilisation conduira la Commission à ne pas jouer à la roulette russe avec le futur de centaines de millions de personnes à travers toute l’Europe, et refusera ce projet », conclut Yann Louvel, chargé de campagne Finance privée aux Amis de la Terre.

Contact presse :

Caroline Prak - Les Amis de la Terre

Tél. : 01 48 51 32 22 - 06 86 431 53 43