Dans le cadre de son action en faveur de la protection des forêts tropicales, l’Association Les Amis de la Terre Paris a rencontré Leroy Merlin.
Au cœur de nos discussions : l’étiquetage pour une information transparente des clients, la protection de la biodiversité, le respect des populations locales, mais surtout l’arrêt des approvisionnements douteux.
Leroy Merlin s’engage à retirer de la vente ses planchers en teck de Birmanie.
Suite à nos interpellations, Leroy Merlin a finalement accepté de nous rencontrer en mai dernier pour nous présenter sa politique de distribution de mobilier en bois exotique. De notre côté, nous lui avons exposé les points qui nous semblaient les plus préoccupants dans leur offre :
• l’étiquetage imprécis : en plus du prix devrait figurer sur l’étiquetage le nom commercial de l’essence du bois utilisé, le nom scientifique et l’origine de l’essence.
• la part prédominante de bois tropical non certifié dans leur offre, en contradiction avec leur appartenance au Club Proforêt(1)
• la présence d’essences menacées et/ou vulnérables selon l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature)
Leroy Merlin nous a assuré porter ses efforts vers une communication plus transparente pour ses clients : dans ses catalogues mais aussi en magasin, les responsables concernés (jardin et menuiserie) ont été informés de nos demandes.
Mais surtout, nous avons eu des signes d’une plus grande responsabilisation de cette enseigne lorsque la Direction s’est engagée à retirer d’ici à 2006 un produit particulièrement symbolique pour nous : un plancher en teck de Birmanie. Pourquoi symbolique ? parce que le teck de Birmanie, en plus d’être une essence surexploitée, contribue par son trafic à alimenter des pratiques contraires aux droits humains dans un pays gouverné par une junte militaire, ainsi que l’a dénoncé l’OIT (Organisation Internationale du Travail).
Ce premier succès signale un frémissement du côté des enseignes qui sont de plus en plus conscientes de participer indirectement à la déforestation en commercialisant des meubles à la provenance parfois douteuse. Ce qui ne peut que nous encourager à continuer notre action pour infléchir encore leur position sur leur approvisionnement, et les inciter à privilégier davantage le bois européen. Certes là encore, Leroy Merlin a souligné sa volonté de commercialiser des produits à base d’essence locale, mais son offre est encore trop limitée. Plus grave, ce sont une dizaine d’espèces menacées(2) que l’on peut trouver dans ses magasins, sans aucune garantie sérieuse sur leur origine.
Voilà pourquoi nous restons plus que jamais vigilants afin que cette première "greffe" obtenue n’en reste pas là, et que le teck de Birmanie, même remplacé par une autre essence, ne soit pas l’arbre qui cache la forêt… !
(1) Club Proforêt : regroupe les entreprises qui se sont engagées à commercialiser du bois provenant de forêts certifiées FSC, seul label garantissant une gestion respectueuse de l’environnement , socialement responsable et économiquement viable.
(2) Espèces menacées que l’on peut sur des articles dans les magasins Leroy-Merlin : Ayou, bangkirai, kapur, keruing, iroko, meranti, merbau, okoumé, tauari, teck.