La pub fait craquer nos boîtes aux lettres, nos boîtes Internet, transforme nos journaux en supports commerciaux, obstrue le paysage avec ses messages débiles supportés par d’affreux panneaux... Mais cela ne suffit pas : la pub sort maintenant de ces points fixes pour venir apporter sous nos yeux la « bonne parole » : consommez !
On peut voir ainsi de plus en plus fréquemment circuler, on devrait dire tourner en rond, des camionnettes dont le seul but est d’étaler de la pub en centre ville et, de façon générale, là où la population est, de par sa densité, la plus apte à recevoir ces messages publicitaires. Le problème est que ceci est très souvent illégal, car en complète contradiction avec l’esprit de la loi de 1979 sur la pub et les enseignes, loi s’efforçant de restreindre les zones autorisées à l’affichage, en prenant en compte les secteurs protégés (décret d’application 82764 paru au Journal officiel du 6 septembre 1982).
Récemment intrigué par un de ces camions, je me suis adressé à la DIREN (Direction Régionale de l’Environnement), services des sites et paysages, qui m’a confirmé les dispositions suivantes : selon les articles 4 et 7 de cette loi de 1979, la publicité mobile concerne des véhicules qui sont interdits de stationnement prolongé sur tout lieu public, interdits de stationnement sur tout lieu visible depuis une voie publique... sauf autorisation expresse du maire ou du préfet (exemple : la caravane publicitaire du Tour de France, qui s’exhibe devant n’importe quel site classé). De même, il leur est interdit de circuler en convoi (sauf autorisation explicite comme ci-dessus) et à vitesse anormalement faible.
Notre devoir de citoyens est de traquer ces engins, qui non seulement polluent notre paysage mais ont pour seule fonction de tourner des heures durant, en consommant des litres et des litres de carburant et en produisant autant de CO2. Voilà un comble de gaspillage bien à l’image de notre société. La DIREN est attentive au comportement de ces publicistes d’un genre nouveau, et elle nous encourage à formuler toute réclamation permettant de lutter contre ces excès.
Lucien Buys, février 2004
Relevez le jour et l’heure de l’infraction : stationnement prolongé sur une place publique (devant la Poste, la mairie ou une école, dans une rue principale et passante, au bord d’un rond-point, près du marché...). Relevez le nom de la société de publicité mobile en question et le numéro d’immatriculation du véhicule. Mieux même, photographiez tout ça et faites-nous parvenir vos relevés ; nous nous chargerons de faire suivre à la DIREN. Bien entendu, on peut aussi avertir la mairie de ces agissements.