
La culture mondialisée du soja a augmenté de 495% au cours des 35 dernières années, sous l’impulsion des grandes industries agroalimentaires. Elle alimente les élevages industriels concentrationnaires et est le fer de lance de la culture des OGM. Elle est soutenue par les Institutions Financières Internationales.
L’expansion de la culture du soja est un cauchemard pour les populations pauvres causant l’expulsion violente de milliers de familles, et un drame pour leur environnement du fait de la déforestation et de la dégradation rapide et irréversible des sols arables et des milieux naturels.
La culture du soja est devenue emblématique d’un modèle agro-industriel entièrement livré au libre-échange mondialisé :
basé sur une mono-spécialisation à outrance de certaines régions du monde ;
exportateur de matières premières peu transformées (grains, tourteaux, huile) : les pays producteurs ne s’approprient que peu de valeur ajoutée, qui s’agrège principalement dans les pays producteurs de viande ;
concentrateur de richesses et de ressources, destructeur d’emploi, fondamentalement générateur d’injustices ;
consommateur de ressources naturelles non renouvelables ;
aux mains des grandes multinationales agro-alimentaires, qui prennent un minimum de risques : elles ne possèdent pas de terres et contrôlent le marché par de contrats liant les cultivateurs ;
capteur de capitaux nationaux et internationaux : les infrastructures, les aides, la recherche, etc., sont très majoritairement affectés à ce système, qui dispose du soutien actif des gouvernements - les exportations payent leurs dettes extérieures.
Un lourd tribut écologique
L’irrésistible progression du soja engendre une série de dégâts environnementaux au(x) niveau(x) de :
la forêt : le soja est désormais l’une des grandes causes de la déforestation en Amazonie. Pas directement, mais parce que les terrains conquis par la légumineuse repoussent toujours plus loin dans la forêt les activités agro-forestières pionnières - coupe du bois, élevage extensif, petite agriculture.
les sols et l’eau : machines lourdes, exposition au soleil et aux intempéries compactent et érodent les sols. L’eau y ruisselle, entraîne sédiments et résidus chimiques dans les cours d’eau, qui s’obstruent ou connaissent des crues plus soudaines. Les poissons disparaissent.
la pollution : les quantités de pesticides et d’herbicides épandues augmentent plus vite que les superficies cultivées, pour mieux se passer de main d’œuvre.
la biodiversité : monoculture, le soja amoindrit dramatiquement la diversité en plantes et animaux des milieux dont l’équilibre est menacé à terme.
Le soja est l’une des premières plantes dont des variétés transgéniques ont été mises au point. Elles constituent l’intégralité de la production en Argentine, et une majorité aux États-Unis. Le Brésil, après avoir un temps refusé les OGM, est aujourd’hui partiellement gagné. _ Une variété unique dans les champs, détenue par Monsanto, le soja « Roundup ready », résistant à son herbicide Roundup, vendu avec. Une bataille aux enjeux planétaires :
la pollution des cultures « classiques » par les OGM, accidentelle ou volontaire, est quasi inévitable ;
les producteurs, même ceux qui ont subi une contamination involontaire, sont sous la dépendance de Monsanto ;
les résultats promis - rendements, quantités d’herbicide épandues, résistance aux conditions climatiques -, sont très discutables. Seul intérêt : la réduction des besoins de main d’œuvre pour le nettoyage des cultures.
les consommateurs européens sont majoritairement opposés aux OGM. Mais l’Union européenne n’oblige pas à étiqueter la viande d’animaux nourris aux transgéniques.
Sources :
Campagne Soja contre la vie, le site
Les Amis de la Terre International publient
En Argentine, les OGM ne nourissent pas le monde
Interpellez :
le Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
les présidents des sociétés Cargill-France et Louis Dreyfus Négoce