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Enquête sur la qualité environnementale des repas servis dans les cantines scolaires du Val d’Oise

Les Amis de la Terre Val d’Oise ont lancé une enquête auprès des collectivités du département (communes de plus de 5 000 habitants et conseil départemental) pour évaluer la qualité environnementale des repas qu’elles servaient dans les établissements scolaires dont elles ont la charge.

Toutes les collectivités n’ont pas joué le jeu, mais les réponses obtenues montrent que derrière quelques locomotives, les marges de progrès sont importantes pour que nos enfants puissent manger une nourriture saine sans impact sur l’environnement.

Les bénéfices du bio ne sont plus à démontrer

Les vertus de l’agriculture biologique, ne sont plus à démontrer :

  • Une préservation de la biodiversité aujourd’hui gravement menacée ;
  • Une moindre contribution aux émissions de gaz à effet de serre par une meilleure fixation du carbone dans les sols ;
  • Une empreinte énergétique moindre que l’agriculture conventionnelle du fait de l’absence d’utilisation d’engrais chimiques ;
  • Une préservation de la santé des agriculteurs qui ne sont pas exposés à des substances toxiques ;
  • La production de denrées alimentaires saines pour les consommateurs, exemptes de matières cancérigènes ou toxiques telles que les perturbateurs endocriniens.

Une situation nationale plutôt morose

Malheureusement bien qu’en forte croissance, les surfaces engagées en agriculture biologique ne représentaient en 2016 que 5,7% de la surface agricole française. La part des produits biologiques en restauration collective n’est, quant à elle, estimée qu’à seulement 2,9% !

Les choses évoluent

Pourtant, la pression de l’opinion, échaudée par les récents scandales agroalimentaire et par la dégradation continue de l’environnement est de plus en plus forte. Ainsi 86% des français seraient favorables au vote d’une loi imposant l’introduction d’aliments issus de l’agriculture biologique, locaux et de saison dans la restauration collective publique. [1] On se souvient d’ailleurs qu’une première loi avait failli voir le jour début 2017 visant à introduire 20 % de bio et 40 % de produits locaux ou de saison dans les menus de la restauration collective avant d’être retoquée par le Conseil constitutionnel pour non respect de la procédure.

Moins de protéines animales, c’est possible

La consommation de viande et l’élevage destiné à l’alimenter représentent une des principales sources d’émissions de CO2 sur la planète (environ 15%). L’élevage est également très gourmand en eau et en terres agricoles qui pourraient être consacrées à d’autres fins. Ainsi en 2002, un tiers des céréales produites et récoltées dans le monde avait directement servi à nourrir le bétail. Cela représentait au niveau mondial 670 millions de tonnes, soit assez pour nourrir trois milliards d’êtres humains. De même la consommation massive de poissons a contribué à raréfier la ressource halieutique de façon dramatique. Pourtant des sources de protéines végétales existent et permettent d’accéder à une nourriture tout à fait équilibrée.

Repas bio dans le département : quelques communes en pointe...

L’ensemble des communes du département de plus de 5000 habitants a été consulté (54 communes dont les noms apparaissent sur la carte) ainsi que le conseil départemental. Un questionnaire standard leur a été envoyé principalement sur 3 points :

  • des repas bio sont-ils servis et dans quelles proportions
  • préparation des repas (en cuisine centrale ou sous-traités)
  • des repas végétariens sont-ils servis.

Cliquez sur la carte pour obtenir les résultats par commune.

Nous remercions vivement les 19 communes qui ont accepté de répondre (en vert foncé sur la carte). Les données présentées sont issues de leurs réponses ainsi que des données disponibles explicitement sur leur site internet pour les communes qui n’ont pas répondu (7 communes en jaune sur la carte). On peut imaginer que pour la plupart de ces dernières, la qualité environnementale des repas qu’elles servent n’est, au-delà de quelques exceptions, pour l’instant pas une priorité.

Nous n’avons pas non plus reçu de réponse du Conseil Départemental. Mais l’enquête n’est pas close et nous mettrons bien sûr le site à jour si d’autres réponses nous parviennent.

En tout, 13 communes proposent plus d’environ 15% d’ingrédients bio dans leur menu. Concrètement, sont en général servis 1 voire 2 composantes du menu qui sont plus ou moins régulièrement bio. 11 communes en proposent de façon plus occasionnelle. Une majorité d’entre elles ont confié la préparation des repas à des prestataires externes, sans pour autant qu’il y ait de lien de cause à effet. Il est à noter que 10 communes proposent occasionnellement des repas végétariens à leurs écoliers. [2]

Les 2 villes championnes du département en la matière sont Bessancourt et Saint Prix avec respectivement 100% et 75% de repas en bio ! Saint Prix affirme viser le 100% en 2020 tandis que Bessancourt propose également des repas végétariens 100% bio chaque jour.

Notre enquête portait sur le bio et le végétarien mais le manger "local" est bien sûr important et certaines communes proposent des denrées locales dans les repas qu’elles servent. Néanmoins, la notion de local étant relative, il nous aurait fallu définir dans quel rayon de production une denrée était locale ce qui aurait notablement complexifié l’enquête. On pourra également objecter qu’une denrée produite localement vaut mieux qu’un produit bio qui vient de l’autre bout de la planète. C’est vrai mais difficile à tracer.

... mais peut largement faire mieux !

Un peu moins de la moitié des communes qui proposent du bio à leurs élèves, ce n’est pas extraordinaire même si un certain nombre d’entre elles affichent leur volonté d’augmenter la proportion servie.

Et pour le bio et local à la fois, c’est actuellement mission impossible tant le nombre d’exploitations bio dans le département est réduit : 15 pour une surface de 751 ha, soit 1,3% de la surface agricole utile. La plus faible surface des départements de grande couronne ! [3]

Les solutions existent pourtant. Le département pourrait encourager la conversion au travers d’aides spécifiques. Les communes qui ont du foncier disponible pourraient également favoriser le maraîchage bio sur leurs terres pour approvisionner leurs cantines. Bref, les collectivités détiennent tous les leviers pour que demain les écoliers de notre département puissent manger sainement et sans impact sur l’environnement.

Notes

[1(sondage IFOP de septembre 2017)

[2Végétarien signifie que les protéines animales ont été remplacées par des protéines végétales.

[3Chiffres Agreste 2016

Rédigé le