Les forêts françaises sont cultivées depuis plusieurs siècles et exploitées pour les besoins en bois. La notion de gestion forestière durable est très ancienne puisqu’elle remonte à l’édit de Brunoy de 1346. Avec près d’une centaine d’espèces forestières aujourd’hui menacées d’extinction (WWF France, Mémento de la protection des forêts 2004), il est néanmoins évident que la législation forestière actuelle n’est pas suffisante. Par exemple, la France ne possède aucun parc national de forêts de plaine.
L’écocertification est un outil de marché conçu pour pallier à l’absence de bonne gouvernance forestière dans les pays tropicaux : pour les forêts françaises, il ne s’agit donc que d’un outil complémentaire aux lois forestières.
En 1998, les fédérations européennes de propriétaires forestiers ont voulu valoriser leur bonne gestion forestière sur les marchés en créant le Pan European Forest Certification (PEFC), car la certification FSC était considérée comme mal adaptée à la petite propriété forestière et trop contraignante. La certification PEFC s’appuie sur les lois forestières. Elle est basée sur le principe de l’amélioration continue et de l’engagement volontaire : un propriétaire privé adhère à une charte régionale de bonne gestion et s’engage à la mettre en œuvre. Cette adhésion ne comporte ni audit initial ni audit annuel régulier, et seuls des audits aléatoires sont effectués sur un échantillon de propriétaires. L’évaluation de ce système de certification se fait donc au niveau régional à partir du suivi d’indicateurs de gestion durable.
L’intérêt de la certification PEFC est donc de faire naître un processus de concertation surla gestion durable parmi les acteurs de la filière bois d’une région avec toutefois un succès très variable d’une région à l’autre.
La certification FSC a également sa place en forêt française. Il ne s’agitpas d’une certification d’amélioration continue mais d’une certification de performance : avant de recevoir le certificat, un audit indépendant a lieu dans la forêt et l’auditeur vérifie si tous les niveaux d’exigence sont atteints. Si c’est le cas (ou si des corrections mineures doivent être apportées dans un délai fixé), le propriétaire reçoit la certification et sera controlé par la suite régulièremment.
L’intérêt est donc de valoriser les propriétaires qui ont déjà atteint un niveau performant de gestion forestière (comme la conservation d’arbres morts ou la sylviculture d’essences adaptées aux stations). La certification FSC est une certification d’excellence environnementale.
Synthèse
| PEFC | FSC |
| Pas d’audit initial à l’échelle de la forêt, audit aléatoire | Audit initial à l’échelle de la forêt et audits réguliers |
| Certification peu coûteuse donc a permis rapidement à un grand nombre de propriétaires de s’impliquer | Certification coûteuse pour le propriétaire forestier qui nécessite un travail de regroupement des petits propriétaires, plus lent à mettre en place |
| Permet une amélioration globale du niveau de gestion forestière au niveau d’une région | Permet de valoriser les propriétaires forestiers qui visent l’excellence environnementale |
Tous les bois issus des forêts françaises ont été exploitées conformément à la loi forestière en vigueur qui garantie un niveau minimum de gestion durable. La certification est donc un « plus » : au-delà du certificat, il est essentiel de privilégier les bois locaux pour réduire notre empreinte écologique.