Pour contourner les exigences du label FSC et continuer de vendre leur bois sur les marchés européens, de nombreux industriels ont créé leur propre label. Les écocertifications ont alors proliféré, rendant l’information floue pour le consommateur.
Certaines certications ne respectent pas les critères fondamentaux du respect des peuples autochtones et de la protection de la biodiversité. Cet article présente un certain nombre de certifications en cours de préparation (PAFC) ou déjà fonctionnelle (MTCC).
| Par le mécanisme de reconnaissance mutuelle, des bois tropicaux certifiés avec ces labels pourront être vendus en France sous le label à l’origine européen PEFC |
La Pan African Forest Certification (PAFC)
En Afrique centrale, l’IFIA (InterAfrican Forest Industry Association), une association d’industriels forestiers en majorité européens et français, s’est fortement engagée dans la création de la Pan African Forest Certification (PAFC). En 2001, deux chercheurs reconnus en foresterie tropicale ont expliqué à propos de cette certification : « il s’agit en fait d’un système voisin du schéma FSC, l’objectif avoué étant de mettre à l’écart les ONGs, donc une des composantes importantes du FSC, du processus d’agrément des certifications individuelles, pour recouvrer de façon plus complète la maîtrise du processus [...]. Plus précisément le désaccord avoué avec le FSC concerne la prise en compte des principes et critères sur les droits (notamment fonciers) des populations locales. » (Buttoud et Karsenty, Revue Forestière Française n°6, 2001, spécial écocertification).
Le référentiel de certification PAFC est en cours d’élaboration et les Amis de la Terre n’ont pas encore pu le consulter.
La certification Keurhout
La certification Keurhout a été créée en 1997 sous l’impulsion du gouvernement hollandais pour filtrer les bois tropicaux importés. En 2002, suite à de très nombreuses plaintes, le système est discrédité et le gouvernement décide de rehausser ses exigences. Au printemps 2004, la fondation Keurhout fait faillite suite au retrait des principaux financeurs, mais peu de temps après, la fédération hollandaise des importateurs de bois tropicaux (VVNH) décide de reprendre Keurhout à son compte.
Pour les Amis de la Terre cette certification n’est pas crédible car le niveau d’exigence est extrêmement faible, et d’ailleurs aucune autre association de protection de l’environnement ou de défense des populations autochtones ne la soutient.
Le Malaysian Timber Council Certification (ou Conseil Malaisien de Certification du Bois)
Au Sarawak (Malaisie), les Penans, un peuple autochtone des forêts de Bornéo, sont en conflit ouvert depuis des décennies contre une entreprise (Samling) qui exploite leurs forêts anciennes. En 2005, cette entreprise a reçu la certification MTCC malgré les protestations des Penans. Les responsables de la certification MTCC ont reconnu publiquement que « les problèmes fonciers et de respect des droits des peuples indigènes étaient hors du mandat de MTCC »12. Enfin, un récent rapport de Greenpeace a souligné les failles dans la chaîne de contrôle des bois certifiés (Missing Links, 2005)
Le Certificacao Florestal ou CERFLOR (Brésil)
Cette certification a été créée sous l’impulsion de grands groupes papetiers installés au Brésil, pour contourner la certification FSC qui devient de plus en plus exigeante d’un point de vue environnemental et social.