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Charbon : EDF complice de graves violations des droits de l’homme en Colombie

Montreuil, le 12 mai 2016 - A l’occasion de l’Assemblée Générale d’EDF, les Amis de la Terre ont révélé dans leur note « EDF et le charbon de sang » que l’entreprise commerce du charbon avec Drummond et Prodeco/Glencore, deux entreprises qui seraient impliquées dans de graves violations des droits de l’homme en Colombie. Interpellé lors de l’AG par Maira Mendez Barboza, l’une des victimes, le PDG Jean-Bernard Lévy n’a pas accédé à la demande des victimes de suspendre ces liens et que réparation soit faite.

Dans la note « EDF et le charbon de sang » [1] tirée du rapport d’investigation de l’ONG PAX [2], les Amis de la Terre et leurs partenaires révèlent qu’EDF, via sa branche EDF Trading, commerce du charbon colombien provenant de la région de Cesar avec l’entreprise américaine Drummond et la suisse Prodeco/Glencore. Entre 1996 et 2006, cette région a été la proie de violences endémiques de la part de groupes paramilitaires qui, selon les témoignages d’anciens responsables, entretenaient des liens étroits avec les entreprises minières dont ils protégeaient les intérêts. Au total, ce sont 3 100 assassinats, 55 000 personnes déplacées et 240 portées disparues dénombrés dans la région.

Pour Maira Mendez Barboza, fille d’un syndicaliste travaillant pour Drummond et assassiné pour ses activités syndicales, les entreprises européennes comme EDF doivent suspendre leurs activités charbon avec Drummond et Prodeco/Glencore pour que celles-ci accèdent à leurs demandes de vérité et de réparation des victimes. L’entreprise énergétique danoise DONG a ainsi annoncé en avril 2016 la suspension de ses contrats avec Prodeco/Glencore, quelques années après avoir suspendu ses relations avec Drummond [3].

Interpellé ce matin lors de l’Assemblée générale d’EDF, le PDG Jean-Bernard Lévy, tout en reconnaissant le drame vécu par la famille de Maira, a dit ne pas voir le lien entre EDF et les exactions commises dans la région de César, niant toute responsabilité pour l’entreprise dans la réparation des violences passées et la garantie de non-répétition.

Le cas de la région de Cesar en Colombie illustre les contradictions flagrantes d’EDF, dont la Charte éthique promeut la protection des droits de l’homme, et qui avait déjà fait un premier pas vers la sortie du charbon en s’engageant avant la COP21 à ne plus ouvrir de centrales à charbon [4] tout en mettant en avant sa responsabilité dans la lutte contre le changement climatique [5].

Pour les Amis de la Terre, EDF doit ainsi cesser immédiatement l’ensemble de ses activités trading liées au charbon et engager un plan de sortie de ses centrales à charbon d’ici à 2020. Elle doit donc suspendre immédiatement ses liens directs ou indirects avec le charbon provenant de Drummond et Prodeco/Glencore, et s’assurer que ces dernières prennent des engagements conséquents pour que justice soit faite aux victimes de violence dans la région minière de Cesar. L’État actionnaire a lui aussi un rôle clé à jouer.

« En commerçant ce charbon colombien, EDF fait affaire avec des entreprises suspectées de complicité de torture et de meurtres, pour une activité qui par sa nature même foule aux pieds le principe de l’Accord de Paris de limiter l’augmentation de la température du globe en dessous de + 1,5 °C . EDF doit mettre fin à ce commerce inacceptable en termes de droits de l’homme et de bon sens climatique. Le gouvernement, qui est actionnaire à 84,9 % d’EDF, a également la responsabilité de mettre fin à ces pratiques. » conclut Malika Peyraut, chargée de campagne Climat et Acteurs publics des Amis de la Terre.

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