Charbon : GDF Suez - Engie refuse d’écouter François Hollande

Montreuil, le 28 avril 2015 – Lors de son Assemblée générale des actionnaires tenue ce 28 avril, Engie (ex GDF Suez) a fait la sourde oreille aux demandes des Amis de la Terre concernant ses projets charbon dans le monde. En Pologne, en Afrique du Sud, en Italie et en France, les populations se sont mobilisées pour contester ces projets climaticides et appeler l’entreprise à s’engager vers la transition énergétique.

Ce 28 avril, devant l’Assemblée générale des actionnaires de Engie – ex GDF Suez – des membres des Jeunes Amis de la Terre déguisés en François Hollande ont été bloqués à l’entrée du bâtiment alors qu’ils tentaient de rappeler à l’entreprise les déclarations sur le charbon de l’un de ses actionnaires principaux, l’État [1]. En effet, en novembre 2014, le Président François Hollande a reconnu lors de la Conférence environnementale qu’il fallait mettre fin aux subventions publiques aux énergies fossiles. « Engie est une entreprise dans laquelle l’État prend des décisions stratégiques : en toute logique, elle doit suivre les indications du gouvernement et mettre fin au soutien public à des projets charbon. Mais l’entreprise continue de vouloir investir dans cette énergie en Afrique du Sud ou encore en Pologne. Nous lançons une mobilisation citoyenne [2] car visiblement, il y a un problème de communication entre l’État et ses entreprises. Or, l’urgence climatique est trop grande pour qu’on nous fasse le coup du tunnel et que les entreprises prétendent ne pas capter. » explique Clémence Hutin, des Jeunes Amis de la Terre.

Interpellé par les Amis de la Terre sur ses projets d’investissements charbon malgré la volonté répétée de l’entreprise de s’ancrer dans la transition énergétique, le PDG d’Engie s’est montré ambigu. Les Amis de la Terre attendent ainsi la confirmation de l’entreprise qu’elle n’a « pas de projet de centrale à charbon en Pologne », alors que des éléments confirmaient jusqu’à présent qu’ Engie serait intéressé par la centrale à charbon de Leczna. Gérard Mestrallet a également déclaré qu’aucune décision n’avait été prise sur la centrale de Thabametsi en Afrique du Sud : les Amis de la Terre rappellent qu’au regard des conséquences dramatiques que comporteraient ce projet, l’entreprise doit renoncer à cet investissement.

En Italie, en Pologne et en Afrique du Sud, des mobilisations se sont tenues le même jour pour dénoncer également les impacts environnementaux, sociaux et sanitaires de la combustion du charbon [3]

Les Amis de la Terre demandent à François Hollande, en cohérence avec ses engagements en tant que Président du pays hôte de la COP21, d’exiger immédiatement la fin des investissements de Engie dans le charbon et la réorientation de l’ensemble de la stratégie de l’entreprise vers des projets compatibles avec la transition énergétique. « A la veille de la 21e Conférence de l’ONU sur le climat qui se tiendra à Paris et lors de laquelle les Etats sont sensés prendre un accord pour enrayer la crise climatique, la poursuite de ces investissements à l’étranger serait irresponsable. Si la France ne veut pas être décrédibilisée dans sa volonté d’obtenir un accord ambitieux à Paris par le fait que ses entreprises contribuent à enfermer les autres pays dans des trajectoires hautement carbonées en construisant des centrales à charbon qui émettront des gaz à effet de serre pendant les 40 ans à venir, alors l’État doit prendre en main son rôle de stratège dans les entreprises. » affirme Malika Peyraut, des Amis de la Terre.

En savoir +

[1] Voir les photos ci-jointes.

[2] Pour plus de détails sur la campagne Opération Ligne directe : http://jeunesamisdelaterre.org/lelysee-ne-capte-pas-operation-ligne-directe

[3] http://www.amisdelaterre.org/Assemblee-generale-de-GDF-une.html.

Contact presse : Malika Peyraut, malika.peyraut@amisdelaterre.org, 06 86 41 53 43

Photos prises lors de l’action des Jeunes Amis de la Terre le 28 avril au Palais des Congrès de Paris

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