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Charbon en Indonésie : Société Générale se retire, Crédit Agricole s’entête

Paris - mardi 3 janvier 2017 - Société Générale ne financera pas le projet de centrale à charbon de Tanjung Jati B 2 en Indonésie. Après le départ de BNP Paribas en 2015, c’est la deuxième banque française à se retirer de ce projet controversé pour ses impacts sur le climat et la santé des populations indonésiennes. Les Amis de la Terre France appellent Crédit Agricole à se retirer à son tour de Tanjung Jati B 2 ainsi que du projet similaire de Cirebon 2 également en Indonésie, non seulement pour éviter d’être complice de leurs impacts potentiels, mais aussi pour respecter l’engagement adopté par la banque en octobre 2016 de ne plus financer de nouveaux projets de centrales à charbon partout dans le monde.

Correctif du 23 janvier : Crrédit Agricole a fait savoir que leur mandat pour ce projet a pris fin fin décembre sans qu’aucunu financement n’ait pu avoir été conclu. Le mandat n’a pas été renouvelé. Crédit Agricole n’est donc plus non plus impliqué dans TJB2 mais l’est toujours dans le projet similiare de Cirebon 2. Les Amis de la Terre France appellent la banque à s’en retirer.

L’engagement pris par Société Générale en octobre 2016 de ne plus financer de nouveaux projets de centrales à charbon (1) étant entré en vigueur le 1er janvier 2017, la banque ne pourra donc pas financer le projet de Tanjung Jati B 2 en Indonésie. En effet, ce projet incompatible avec un scénario 2°C et qui causerait la mort prématurée de 1200 personnes (2) n’a pas pu atteindre son bouclage financier avant le passage à la nouvelle année et garantir ainsi la participation de Société Générale, une des six banques impliquées dans le financement du projet, avec Crédit Agricole.

Lucie Pinson, chargée de campagne Finance privée / Coface aux Amis de la Terre France commente :

« Sous pression pour son implication dans un énième projet charbon après l’adoption de l’Accord de Paris, Société Générale s’est engagée en octobre 2016 à ne plus financer de nouveaux projets de centrales à charbon partout dans le monde. Mais voulant ménager ses relations avec ses clients sponsors du projet Tanjung Jati B 2, la banque leur avait laissé jusqu’à décembre 2016 pour boucler son financement. Le projet accusant de nouveaux retards, Société Générale est aujourd’hui obligée de se désolidariser du groupe de financeurs pour respecter son engagement d’octobre ».

Les Amis de la Terre France ont appris en janvier 2016 d’un article publié dans la presse financière que Société Générale et Crédit Agricole avaient rejoint le groupe de financeurs du projet suite au retrait de BNP Paribas. Un autre article (3) mentionnait également quelques mois plus tard l’implication de Crédit Agricole dans un deuxième projet de centrale à charbon en Indonésie, Cirebon 2, un projet encore plus contesté que le premier et qui fait actuellement l’objet de poursuites judiciaires.

« Contrairement aux autres banques françaises, Crédit Agricole est toujours impliqué dans non pas un mais deux projets de nouvelles centrales en Indonésie. Etre la dernière banque françaises à financer directement de nouvelles centrales charbon serait un bien mauvais legs, et nous l’appelons à se retirer immédiatement de Tanjung Jati B 2 et Cirebon 2. En octobre 2016, la banque s’est engagée comme Société Générale à ne plus financer de nouveaux projets de centrales à charbon partout dans le monde. A l’heure des résolutions de bonne année, il est urgent que Crédit Agricole respecte déjà les promesses faites en 2016 » poursuit Lucie Pinson.

Fin décembre, Crédit Agricole publiait une nouvelle politique sur les centrales à charbon qui actait l’engagement d’octobre de ne pas financer de nouvelles centrales et présentait aussi celui de ne plus soutenir les entreprises qui produisent plus de 50% de leur électricité à partir de charbon. Les Amis de la Terre analysaient cette politique et publiaient aussi à cette occasion une étude de conformité de Cirebon 2 avec les engagements sociaux et environnementaux de Crédit Agricole. La conclusion de leurs analyses : si la nouvelle politique est faible et ne répond pas à l’urgence climatique, financer Cirebon 2 serait une claire violation des Principes de l’Equateur dont la banque est signataire (4).

Contact :
Lucie Pinson, chargée de campagne Finance privée / Coface aux Amis de la Terre France ; lucie.pinsons@amisdelaterre.org ; 06 79 54 37 15

(1) Voir le communiqué de presse des Amis de la Terre France et BankTrack publié suite à l’engagement de Société Générale et Crédit Agricole de ne pas financer de nouveaux projets de centrales à charbon partout dans le monde. http://www.amisdelaterre.org/Credit-Agricole-et-Societe-Generale-annoncent-enfin-l-arret-de-leurs.html
(2) Voir la note de presse publiée par les Amis de la Terre France et Greenpeace à l’occasion des Assemblées générales de Crédit Agricole et Société Générale « Indonésie le test climatique du Crédit Agricole et de Société Générale », http://www.amisdelaterre.org/Indonesie-le-test-climatique-du-Credit-Agricole-et-de-la-Societe-Generale.html
(3) Article de Project Finance International sur Tanjung Jati B 2 http://www.pfie.com/french-banks-support-tjb2/21231277.article ; article de Project Finance & Infrastructure Global sur Cirebon 2 https://ijglobal.com/articles/99000/banks-mandated-for-indonesias-cirebon
(4) Voir le communiqué de presse et accéder aux analyses : http://www.amisdelaterre.org/CLIMAT-Credit-Agricole-annonce-un-nouvel-engagement-mais-va-toujours-au-charbon.html

En savoir +

ENGLISH : In a move welcomed by Friends of the Earth France, Société Générale has confirmed that it will not finance the Tanjung Jati B 2 (TJB2) coal plant project in Indonesia. It has become the second French bank, following a decision from BNP Paribas in 2015, to withdraw from the controversial TJB2 project that would heavily impact the climate and the health of Indonesians. Friends of the Earth France is now calling on Crédit Agricole to also withdraw from TJB2 financing as well as from the Cirebon 2 coal plant project in Indonesia to help prevent potential impacts at both projects and to ensure that the bank respects the commitment it made only in October last year to end its financing of all new coal-fired power plant projects around the world.

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