Mais la production d’électricité en France n’en émet pas moins du CO2 en
quantité non négligeable. En effet, le parc nucléaire n’est pas adapté
aux pointes de consommation qui se produisent en hiver, lors des vagues de froid intense. Dans ces moments, le chauffage électrique crée une demande d’autant plus importante que ce mode de chauffage est beaucoup plus répandu en France que dans les autres pays. Du coup, il faut alors recourir aux centrales à charbon, au fioul ou au gaz, qui émettent beaucoup de gaz à effet de serre.
Une note élaborée par Réseau de transport d’électricité (RTE) vient
souligner l’importance de ce phénomène. Elle n’a pas été publiée
officiellement, mais l’association Agir pour l’environnement, qui se
l’est procurée, l’a publiée sur son site Internet.
La note conclut, au terme de calculs complexes, que, lors des pointes de
consommation, le chauffage génère l’émission de près de 600 g de CO2 par kilowattheure (kWh), quand EDF comptait jusqu’à présent 160 g.
Dans les milieux énergétiques, cette méthode de calcul provoque des
remous. Une réunion d’experts à son sujet, à la mi-janvier, a provoqué
de vifs débats. En effet, ce calcul conduit à remettre en cause la politique de construction de centrales thermiques justifiée pour assurer des pointes toujours plus accentuées. Du point de vue de la lutte contre
le changement climatique, mieux vaudrait, écrit le texte dans sa version
résumée, économiser l’électricité : "Des programmes d’économie
d’électricité de 5 % éviteraient, selon cette méthode, plus de 33 % des
émissions du système électrique français."
RTE évite de commenter son étude. Mais un travail plus approfondi est en cours. La prise en compte du changement climatique n’a pas fini
d’ébranler le secteur énergétique.
Hervé Kempf Article paru dans l’édition du Monde du 15.02.08




