Qu’en est-il du respect l’environnement et des droits de l’Homme dans notre ex-« Douce France »... ? Au nom du Développement Durable et de la Croissance sans limites, les responsables de l’agglomération toulousaine et de l’Etat s’attaquent à des sites appartenant au Patrimoine de l’Humanité, à des espèces protégées prioritaires, à des espaces ou des éléments naturels remarquables.
Au plan social, force est de constater que la chasse aux pauvres et aux expériences alternatives est ouverte. Après le Clandé qui était un lieu aux multiples activités culturelles, les menaces qui pèsent sur la Chapelle, c’est « le couvent » qui a été expulsé. Ils étaient une trentaine, RMIste, chômeurs, mais aussi étudiants, artistes, artisans, voyageurs... La cherté et les conditions d’accès aux loyers à Toulouse les privaient de leur droit au logement. Ils venaient de rouvrir un ancien couvent inoccupé prés du Pont des Demoiselles pour y organiser un lieu de vie collectif et écologique : nourriture bio, pratiques de Décroissance, réparation de vélo, restauration associative, ouverture du Parc aux habitants, aux enfants du quartier et à ceux de la cité HLM voisine... C’était sans compter sur la terrible vague de répression sarkozienne qui déferle depuis ces derniers mois sur toutes ces expériences à Toulouse.
Un sinistre matin de fin novembre, une horde brutale et grossière de robots cops, armée de flash ball, les ont évacués et jetés à la rue sans aucune humanité. Sans le soutien qu’une société civilisée se doit d’avoir pour les plus faibles et les plus démunis.
Les portes et les fenêtres ont été murées. Maintenant des rondes de vigiles et leurs chiens dressés à l’attaque surveillent ces bâtiments déserts. Quelle urgence y avait-il à évacuer et à murer ce lieu de vie en plein cœur de la trêve hivernale ? Ce que nous croyions établi depuis les années cinquante : le droit à un abri pendant les mois les plus froids de l’année est désormais lettre morte.
Toulouse se transforme en ville aseptisée et interdite.
Temps contre temps, l’année 2007 nous débarrassera-t-elle enfin de ces pratiques de barbares ?
Bonne Année 2007 !...
Alain Ciekanski, décembre 2006