Logo des Amis de la Terre

Recommander cette page

Imprimer cette page

Agrandir cette page

Tous nos groupes
locaux en 1 clic

Clarification de la recherche de pesticides dans l’eau à Toulouse

Par Groupe local de Midi-Pyrénées

Les Toulousains auront pu constater que la forme du document « Bilan de la qualité de l’eau destinée à la consommation humaine » émis par la DDASS a notablement évolué entre 2004 et 2005.

En septembre 2005, les Amis de la Terre demandaient par courrier au Préfet de Haute Garonne et au Directeur des Affaires Sanitaires et Sociales de rendre plus apparente la rubrique « pesticides », étonnamment discrète, et de lister les pesticides effectivement recherchés (Cf. Feuille Verte de janvier 2005). Le glyphosate (principe actif du célèbre Roundup® de Monsanto) y figure désormais, alors qu’il n’était pas recherché auparavant. Coïncidence ou bonne volonté, nos demandes ont été prises compte. Dont acte.

Cependant, les perturbateurs endocriniens n’apparaissent toujours pas. Et subsiste la question de fond : l’on ne peut guère trouver que ce que l’on cherche, et les 38 pesticides listés ici sont à mettre en regard des 500 principes actifs commercialisés. L’IFEN a mis en évidence 201 substances dans les eaux de surface et 123 dans les eaux souterraines sur environ 400 recherchées (données 2002).

Pour l’IFEN, en 2004, les pesticides sont présents dans 96% des points de mesure retenus pour la connaissance générale de la qualité des eaux superficielles et dans 61% de ceux concernant les eaux souterraines. Les niveaux de contamination sont souvent significatifs : en eaux de surface, 49% des points de mesure ont une qualité moyenne à mauvaise, et en eaux souterraines 27% des points nécessiteraient un traitement spécifique d’élimination des pesticides s’ils étaient utilisés pour la production d’eau potable.

Avec les conséquences en termes de santé publique dont la population commence à peine à prendre conscience. Les études menées par le professeur Charles Sultan (INSERM, CHU de Montpellier) montrent à quel point les pesticides ont atteint la santé des agriculteurs et de leurs enfants : « J’ai trouvé plus de 300 substances chimiques dans le sang du cordon ombilical, dont des perturbateurs endocriniens. Les enfants les plus exposés aux pesticides ont un risque élevé de malformations génitales, de retard de croissance, de troubles du développement du cerveau, mais également d’obésité », affirme-t-il.

Le colloque organisé le 9 novembre par l’ARTAC à l’UNESCO a montré combien le faisceau de présomptions ne laisse plus guère de doutes (voir, sur [http://www.artac.info], la revue de presse), et combien le principe de précaution devrait s’imposer : l’industrie chimique diffuse des milliers de molécules dans l’environnement, alors que nous restons dans une très grande ignorance de leur action - et que cette industrie tente toujours d’affaiblir la portée de l’initiative REACH.

A noter que le MDRGF, qui effectue un travail remarquable dans ce domaine (http://www.mdrgf.org) prépare une nouvelle « semaine sans pesticides » début 2007 (http://www.semaine-sans-pesticides.com).

Thierry Schlumpf, décembre 2006



Autres articles