Climat : Société Générale visée par des actions de “nettoyage” partout en France

Paris, le 8 septembre - À l’occasion de la journée de mobilisation pour le climat, 38 actions de “nettoyage” ont été menées dans des agences Société Générale par des groupes des Amis de la Terre et Action Non-Violente COP21. Ils appellent la banque, n°1 des énergies sales, à mettre fin à ses soutiens aux énergies fossiles, et notamment au projet texan de terminal d’export de gaz de schiste Rio Grande LNG, et annoncent une opération géante à son agence centrale parisienne le 14 décembre, pour la clôture de la COP24, si Société Générale ne revoit pas sa politique.

Armés d’éponges, de balais et de serpillères, plus de 600 activistes des Amis de la Terre et Action Non-Violente COP21 (ANV-COP21) ont récuré, frotté, astiqué 38 agences de Société Générale en France [1] . À Paris, Nantes, Sallanches, Angers, ou encore Dunkerque, un mot d’ordre commun : puisque Société Générale est championne des énergies sales, on la nettoie ! Société Générale prend en effet la tête des banques françaises en matière de soutien aux énergies sales : charbon, gaz de schiste, sables bitumineux, forages ultra-profonds et forages en Arctique. Elle est même la première banque française à appuyer la politique climaticide de Trump en finançant le développement de l’exportation de gaz de schiste en Amérique du Nord : rien qu’en 2017, 1,1 milliard de dollars ont été accordés par Société Générale à ce secteur [1].

Les militants ont appelé la banque à changer de cap en prenant des engagements publics à l’occasion du Sommet mondial d’action pour le climat qui se tiendra à San Francisco du 12 au 14 septembre. “Nous avons décidé de passer un savon à Société Générale aujourd’hui pour qu’elle cesse d’apporter un soutien massif aux énergies fossiles. Même BNP Paribas, qui était encore il y a peu la pire banque française en la matière, a consenti à adopter une politique pour rendre ses activités moins nocives pour le climat, l’environnement, les droits des communautés locales et en particulier des peuples autochtones. Il est incompréhensible que Société Générale ne prenne pas également en compte ces enjeux fondamentaux. Nous lui demandons en priorité de se retirer du projet de terminal d’exportation de gaz de schiste liquéfié Rio Grande LNG au Texas, qui a lui seul émettrait autant que 44 centrales à charbon.” explique Lorette Philippot, des Amis de la Terre.

Un appel |2] a été lancé ce même jour par une vingtaine d’organisations, dont des organisations nord-américaines et les populations impactées par le projet texan, à organiser une action géante de nettoyage de l’agence centrale parisienne le 14 décembre, jour de la clôture de la COP24, si la banque n’annonce pas publiquement entre-temps une révision de sa politique. “Nous donnons rendez-vous à tous les citoyennes et citoyens le 14 décembre à l’agence centrale de Société générale au 29 boulevard Haussmann, pour organiser une opération géante de nettoyage de la banque. Alors que la crise climatique est une évidence, nous ne pouvons plus laisser une banque française continuer d’aggraver le dérèglement climatique en cours ! Il faut que Société Générale comprenne que l’impunité n’est plus d’actualité, et le Sommet mondial d’action pour le climat de San Francisco est l’occasion de lui rappeler.” poursuit Elodie Nace, d’Action Non-Violente COP21.

La mobilisation contre Société Générale s’est tenue dans le cadre d’une journée mondiale pour le climat comprenant des marches partout en France et des initiatives internationales sous la bannière de l’initiative Rise For Climate [3]. Elle témoigne de la détermination de citoyennes et citoyens qui, face à l’urgence climatique, n’hésitent pas à entrer en désobéissance civile. Certains d’entre eux ont notamment été formés à l’action non-violente dans le cadre du Tour Alternatiba, vaste opération de mobilisation populaire sur le climat, dont l’arrivée à Bayonne les 6 et 7 octobre à l’occasion d’un village des alternatives réunissant près de 200 personnalités de la société civile et des dizaines de milliers de citoyens, constituera une étape forte de la mobilisation.

#OpérationNettoyage

En savoir +

[1] Selon le dernier décompte, c’était 40 actions et près de 700 activistes mobilisés à Aix-en-Provence (27 personnes), Angers (16 personnes), Besançon (30 personnes), Charleville-Mézières (22 personnes), Clermont-Ferrand (20 personnes), Dijon (18 personnes), Sallanches (20 personnes), Dunkerque (14 personnes), Grenoble (50 personnes), La Rochelle (23 personnes), Le Mans (11 personnes), Lille (33 personnes), Limoges (8 personnes), Montaigu (12 personnes), Momant (10 personnes), Nancy (24 personnes), Nantes (30 personnes), Orléans (17 personnes), Paris (103 personnes), Reims (11 personnes), Roubaix/Tourcoing (19 personnes), Rouen (15 personnes), Saint-Avold (12 personnes), Saint Etienne (25 personnes), Strasbourg (20 personnes), Toulouse (25 personnes), Valence (18 personnes), Vienne (10 personnes), Mulhouse/Ungersheim ( 22 personnes), Villefranche sur Saône (18 personnes), Vouziers (22 personnes)

[2] Voir le rapport des Amis de la Terre “Société Générale, plein gaz sur les fossiles” (2018), http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/20180712rapportsocietegenerale.pdf

[3] L’appel est disponible ici : http://www.amisdelaterre.org/Faisons-un-nettoyage-geant-de-Societe-Generale.html Les organisations soutiens sont : Alternatiba, BankTrack, Carrizo/Comecrudo Tribe of Texas, Corporate Europe Observatory, CSIA Nitassinan, Food & Water Europe, Food & Water Watch, Gastivist Collective, Greenpeace France, Les Amis de la Terre US, Les Amis de la Terre International, Mouvement pour une Alternative non-violente (MAN), Fund Our Future (A global climate finance campaign), Rainforest Action Network, Re:Common, Sierra Club, Save RGV From LNG, NoTAP Movement Italy.

[4] https://riseforclimate.org/

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