Jean François PATINGRE , notre spécialiste de la question des déchets nous fait part de ses remarques à propos de cette "référence d’étude bien conduite et complète."
J’ai juste une remarque importante à faire sur le sujet du co-compostage. L’étude ne discute pas la qualité du compost issu du centre de co-compostage "car il y a des normes sur la qualité des composts". Aucune mention de l’évaluation environnementale de l’épandage du co-compost n’est présente puisque le compost respectera les normes... mais nous avons à de nombreuses reprises dénoncé la faiblesse d’exigences de ces normes vis à vis de la présence des "éléments traces" que sont les métaux lourds présents dans certaines boues de station d’épuration ( surtout si une zone industrielle ou artisanale est raccordée à la station). Nous avons ainsi combattu en Val d’Oise les projets de co-compostage car la présence de métaux lourds dans ces composts risquait de polluer les sols agricoles, nos jardins ou les bords de route. Nous avions même obtenu une annexe dans le précédent plan départemental pour fixer ces limites (plus bas que la norme nous les impose maintenant). Notre référence était alors l’écolabel européen qui est proche des exigences des composts "bio". En effet, beaucoup d’opérateurs du déchet demandent l’autorisation du co-compostage pour pouvoir "diluer" les alors tous passer à la norme. (c’est un peu comme quand ils voulaient diluer la radioactivité dans le métal de nos casseroles... vous vous souvenez ?)
Nous devons donc être très vigilants sur les garanties offertes par les opérateurs sur l’origine des boues co-compostées (les boues de petites villes sans zone industrielle conviennent souvent), le non mélange avec des boues d’autres agglomérations qui pourraient être liées à des zones industrielles et surtout obtenir la création de CLIS pour suivre les analyses de boues et de co-compost.
Gilbert GOUVERNEUR,maître de stage de cette étude,lui répond : En effet, la qualité du compost issu du co-compostage et l’évaluation environnementale de l’épandage du co-compostage sont des problèmes réels sur lesquels notre vigilance écologiste s’impose.
Au delà de l’aspect purement technique ( qui ne semble pas poser de difficultés spécifiques ) ainsi soulevé par ces questions sur ce traitement des déchets, l’octroi d’un regard systémique sur le co-compostage doit ouvrir l’éventail de notre interpellation citoyenne à quelques autres considérations portant notamment sur :
la santé environnementale,
la démocratie sanitaire ( qui s’y rattache),
la responsabilité environnementale du producteur de compost issu du co-compostage.
Les Amis de la Terre sont de plus en plus sollicités sur ces aspects-là, qui montrent l’inquiétude sérieuse des populations ( souvent rurales ) confrontées à des situations conflictuelles dans la mise en oeuvre de "solutions" de traitement des déchets.