
Montreuil, le 25 octobre 2007
Au sein de la Commission européenne, la Direction générale de l’environnement à l’intention de refuser d’autoriser à la culture, deux maïs GM : le Bt 11 de Syngenta et le 1507 de Pioneer/Dow. En effet, elle trouve qu’il y a trop d’incertitudes scientifiques et que les procédures d’évaluation des risques doivent être revues. Cette proposition doit passer outre l’opposition probable de commissaires favorables aux industriels et à leurs partenaires commerciaux : Mandelson (Commerce), Verheugen (industrie) et Fischer-Boel (agriculture).
C’est la première fois qu’un commissaire refuse d’autoriser la mise en culture de deux maïs transgéniques et veut appliquer le principe de précaution dans ce domaine (1).
Il s’agit de deux variétés de maïs insecticides. Plusieurs études nouvelles soulignent le risque que les toxines Bt de ces maïs pourraient avoir des effets néfastes sur des espèces non-ciblées, sur des espèces bénéfiques et à long terme, sur les sols et l’environnement. Ces études remettent aussi en question la validité des procédures actuelles d’évaluation des risques (2).
Dès 2005, lors du contentieux au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce sur les produits GM, l’Union européenne avait écrit que les plantes Bt ne devraient pas être actuellement cultivées, à cause du manque de connaissances sur leurs effets à long terme (3). Dernièrement, le gouvernement allemand suspendait la culture d’un autre maïs insecticide Bt, le Mon 810, en s’appuyant sur pas moins d’une vingtaine d’études scientifiques !(4)
Christian Berdot des Amis de la Terre-France en a assez : « Combien de temps encore les intérêts de quelques groupes industriels et de leurs alliés vont-ils passer au-dessus de l’intérêt général et ignorer les doutes des scientifiques ? La Commission doit enfin appliquer ses propres règlements, notamment le principe de précaution. Le maïs MON 810 est lui aussi un maïs insecticide qui fait courir exactement les mêmes risques à l’environnement. La valse hésitation du Grenelle de l’Environnement autour des OGM a assez duré : face à toutes ces incertitudes scientifiques, le principe de précaution - inscrit dans la constitution - doit être appliqué, la culture du maïs MON 810 suspendue et la future loi sur les OGM doit poser comme principe fondamental : le droit de produire et consommer sans OGM. »
Pour tout contact : Caroline Prak : Christian Berdot :05 58 75 34 50
1. Traité établissant les Communautés européenne (Traité CE), article 174/2. "/La politique de la Communauté devra être... basée sur le principe de précaution/"
2. - Une recherche récente montre que les plantes GM produisant des toxines Bt pourraient fortement affecter les milieux aquatiques, car le pollen et les déchets de maïs Bt pénètrent les cours l’eau où ils peuvent devenir toxiques pour la vie aquatique. Ce risque n’a pas été pris en compte jusqu’à maintenant.
Le niveau de toxines Bt produites par une plante GM varie fortement suivant le lieu de culture et entre plantes d’un même champ. Cela pose de sérieuses questions sur la capacité actuelle d’évaluer l’impact des toxines Bt sur l’environnement .
De façon inattendue, une autre étude récente a trouvé qu’un type de maïs Bt avait un niveau d’acide aminé significativement plus élevé que chez les mêmes plantes non GM, le rendant plus vulnérable aux attaques de pucerons. Il s’agit d’une nouvelle preuve que le maïs Bt est sujet à des effets inattendus et imprévisibles.
3. Communautés européennes - Mesures affectant l’autorisation et la commercialisation de produits biotechnologiques ((DS291, DS292, DS293). Commentaires par les Communautés européennes sur le conseil scientifique et légal du panel. 28 janvier 2005. Voir synthèse des Amis de la Terre/ : www.amisdelaterre.org/Commission-Eu...
4. Voir traduction du décret : www.amisdelaterre.org/OGM-suspensio...