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Communiqué des AT de la Région Asie Pacifique

15 novembre 2011,

« Surmonter la crise nucléaire de Fukushima en construisant une région Asie-Pacifique sans nucléaire »


Le communiqué suivant [du 30 juin 2011] est issu de la rencontre entre Amis de la Terre de la zone Asie Pacifique en cours à Séoul, en Corée. Les groupes des Amis de la Terre présents ont tenu une conférence de presse pour affirmer leur attachement à un avenir sans nucléaire. A cette occasion, les Amis de la Terre du Japon, de Corée, de Malaisie, du Sri Lanka et d’Australie ont fait des déclarations.

Surmonter la crise nucléaire de Fukushima en construisant une région Asie-Pacifique sans nucléaire

Plusieurs mois après la catastrophe nucléaire de Fukushima, nous commençons à nous faire une idée des impacts probables à long terme.

Les radiations se sont propagées à travers une grande partie de l’hémisphère nord et certaines zones de l’hémisphère sud. L’agence japonaise de sûreté industrielle et nucléaire estime à 770 000 terabecquerels la quantité de radioactivité émise durant la première semaine. Le relâchement total de radioactivité représentera sans doute entre 10 et 40 % de celui de la catastrophe de Tchernobyl en 1986. Les émissions radioactives n’ont pas été stoppées et continueront pendant des mois.

Le nombre de morts par cancer à long terme se situera probablement entre plusieurs centaines et plusieurs milliers. A titre de comparaison, une évaluation très prudente du nombre de décès dus à Tchernobyl est de 30 000.

Toutes les normes légales japonaises en matière de dose maximale admissible de radioactivité ont été balayées, tant pour les travailleurs sur le site que pour le grand public.

Le coût économique de la catastrophe est estimé entre 50 et 130 milliards de dollars – mais il ne serait pas surprenant que le coût réel soit considérablement plus élevé.

100 000 à 150 000 personnes sont dans l’impossibilité de rentrer chez elles à cause de la contamination radioactive. Certaines pourront peut-être retourner à leur domicile avant la fin de cette année, mais la catastrophe se soldera sans doute par un relogement définitif ailleurs pour ceux qui vivaient dans les régions les plus contaminées. Les batailles juridiques et politiques prendront des décennies.

Au plan mondial, la « renaissance » de l’énergie nucléaire en a pris un grand coup. L’Allemagne, l’Italie et la Suisse ont décidé de renoncer à l’énergie nucléaire au profit des sources d’énergie renouvelables. Dans de nombreux autres pays, des projets d’introduction ou de développement de l’énergie nucléaire sont remis en cause.

L’énergie nucléaire n’a aucun rôle à jouer dans la construction d’un avenir respectueux du climat et soutenable.

Un nombre important et croissant d’études scientifiques ont détaillé la vaste gamme d’options en matière d’approvisionnement et d’efficacité énergétiques qui peuvent être déployées pour répondre à la demande d’énergie tout en réduisant drastiquement les émissions de gaz à effet de serre.

L’allégation que l’énergie nucléaire serait un outil nécessaire ou souhaitable dans la lutte contre le changement climatique doit être fermement rejetée. L’énergie nucléaire apporte tout au mieux des réponses très partielles et très problématiques, et elle présente des inconvénients inacceptables et sans solution.

L’uranium est le premier maillon de la chaîne toxique du combustible nucléaire et constitue la source primordiale des matières radioactives utilisées dans les réacteurs nucléaires et les armes atomiques. Beaucoup de mines d’uranium ont des effets délétères sur l’environnement et sur les communautés humaines qui vivent à proximité.

Les centrales nucléaires du monde entier ont déjà connu quantité de problèmes dus à des phénomènes que le changement climatique rendra probablement plus fréquents et plus graves – comme on l’a vu au Japon. L’industrie nucléaire a beaucoup tardé à considérer ces problèmes. Pour l’heure, cette industrie continue à survivre grâce aux énormes subventions extraites de la poche du contribuable.

Il n’existe nulle part dans le monde de lieu de stockage pérenne et sûr pour les combustibles usés et les déchets à haute activité et vie longue. Et l’énergie nucléaire est la seule et unique source d’énergie possédant un lien direct et maintes fois démontré avec la prolifération d’armes de destruction massive.

Un avenir énergétique propre, reposant avant tout sur les énergies renouvelables, sur l’efficacité énergétique et sur des mesures de protection est viable et à notre portée.

Les Amis de la Terre Asie Pacifique appellent les gouvernements de leur région, parmi lesquels ceux de la Corée, du Japon, de Malaisie, du Sri Lanka et d’Australie, à opérer la transition vers des sociétés sans nucléaire.

Les Amis de la Terre de la région Asie-Pacifique continueront à œuvrer pour un monde affranchi de l’énergie nucléaire, dans la région et dans leurs pays respectifs. Nous exhortons les citoyens de la région Asie-Pacifique à se joindre à nous pour construire activement ce monde sans nucléaire.

Les Amis de la Terre Asie-Pacifique, Jeudi 30 juin 2011, Séoul, Corée

Traduction de l’anglais : Véronique S., AT Bouches-du-Rhône



AT Asie Pacifique 30 juin